Cyclisme - Tour de France

14 juillet 2019 17:07; Act: 14.07.2019 20:26 Print

La caravane publicitaire, c’est le mal

Ils sont environ 70% des Français à se déplacer sur les routes du Tour de France juste pour elle. Petite revue d’effectif de l’incontournable caravane publicitaire.

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Comme nous le disait l’autre jour David Lappartient, le président de l’UCI, «les cyclistes pédalent pour compenser tout ce qu’il se passe autour d’eux!» Surtout en matière de bilan carbone. Heureusement, parce que celui de la caravane publicitaire arriverait sans doute à faire rougir le plus gros des pollueurs. Mais sur le Tour de France, c’est une institution depuis 1930 et largement plus de la moitié des spectateurs vient, au moins en partie, pour la voir passer.

«Bonjour Monsieur, je vois que vous avez un badge du Tour de France... Vous savez où est la course?», nous a demandé une honnête vieille dame. On lui a répondu que la ligne d'arrivée n'était pas loin, mais elle a eu une réponse typique du spectateur moyen de la Grande Boucle. «Oh moi, les coureurs, je m'en fiche, je suis juste là pour la caravane.» Pas de bol, tout se passe un peu au même endroit quand même.

En tout, ce ne sont pas moins de 160 véhicules de tous genres qui sillonnent les routes de l’Hexagone, quelques kilomètres devant les coureurs. Il y a des cyclistes en jaune géants, des syndicalistes, des marques de lunettes, des grands distributeurs, des gens qui lancent des bonbons, des militaires qui tentent de recruter de nouvelles forces, des véhicules pour promouvoir la lutte contre certaines maladies… De tout, on vous dit!

La caravane fait travailler la bagatelle de 600 personnes (480 caravaniers et 120 logisticiens et techniciens), qui distribuent environ 15 millions de choses qui finiront oubliées dans un placard quelques jours plus tard. Le tout, en une demi-heure de passage, montre en main, et mesure environ 11 bornes. Selon nos informations, une marque de bonbons bien connue des spécialistes en balance 1,5 million à elle seule dans le public du Tour! De quoi ravir la congrégation des dentistes.

C’est qu’il en faut des gadgets pour contenter – même si c’est impossible à faire – les dix à douze millions de personnes qui sont présentes au bord des routes entre le départ de Bruxelles et l’arrivée à Paris. Parmi eux, 60% d’hommes et 20% d’étrangers environ, qui restent en moyenne sept heures ( !) au bord de la route, là où le peloton passe des fois en moins de 30 secondes chrono.

Cyclisme

(Sport-Center/rca)