Cyclisme

11 octobre 2018 22:12; Act: 11.10.2018 22:12 Print

La maman de Silvan Dillier ramasse une pile d'ordures

par Oliver Dufour - A l'occasion d'un parcours à vélo près de Baden (AG), la mère du rouleur de l'équipe AG2R, fâchée, a collecté des déchets jetés dans la nature.

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«Ramassé sur 1,8km sur une piste cyclable directement au bord de la route.» Voilà le texte qui a accompagné mercredi en fin de journée la photo tweetée par Verena Dillier. On y voit le vélo électrique de la maman de Silvan, champion de Suisse sur route 2017, lesté de nombreux sacs en plastique remplis de déchets, tout comme son panier de courses.

Jeudi matin, c'est le rouleur de la formation française AG2R lui-même qui a partagé le tweet en y ajoutant une couche: «Toutes ces bouteilles en plastique, ces canettes et ces boîtes à cigarettes n'ont rien à faire dans la nature! Vous devriez jeter ces ordures chez vous à la maison, pas par la fenêtre de votre voiture, a insisté Silvan Dillier. Pensez-y!»

Joint dans l'après-midi, le cycliste argovien a admis avoir été «bien choqué» de voir la quantité d’immondices ramassés par sa maman aux abords d'une route dans la région de Baden, où réside la famille Dillier. «Il y avait du PET, de l'alu, du carton, a constaté le deuxième du dernier Paris-Roubaix. Elle en avait cinq sacs pleins. C'est quand même assez grave. Ce sont des choses qui sont collectées sans qu'on ait à payer un supplément. Et les gens qui balancent des détritus parce qu'ils pensent économiser sur des sacs poubelle ne réalisent sans doute pas ce que coûte le nettoyage des routes pour les communes.»

«Bête de lancer des bidons vides dans la nature»

Par son message, Silvan Dillier espère aider encore à sensibiliser un peu les gens. «Ça ne changera pas le monde, mais c'est mieux que de ne rien faire du tout. Il me semble qu'en Suisse on est un peu mieux loti que dans certains autres pays, mais on peut quand même faire mieux.» L'ancien pistard, âgé de 28 ans, précise qu'il fait également attention à ses déchets, y compris en course. Je trouve bête de voir certains coureurs jeter leurs bidons vides dans le paysage, alors qu'il y a souvent tellement de gens qui nous soutiennent le long des routes et qui seraient ravis d'en ramasser un en souvenir. Ou ceux qui jettent un papier juste en dehors des zones de ramassage. Mais les choses s'améliorent et dans la plupart des courses la collecte des déchets est bien organisée.»

Vendredi, Dillier s'envolera pour la Chine, où il disputera sa dernière épreuve de la saison avec son équipe: le Tour du Guangxi, qui se déroulera du 16 au 21 octobre. «Ça serait bien de finir sur un bon résultat, note-t-il. L'an dernier j'avais réussi un top 10 (ndlr: 8e) là-bas. Dans l'ensemble je suis assez satisfait de ma saison, mais je suis sorti assez fatigué de l'enchaînement Tour de France et Tour de Pologne cet été. On verra si j'ai les jambes.» Puis l'Argovien pourra partir sereinement en vacances. Probablement en Islande, un pays qui lutte aussi activement contre l'éparpillement des déchets dans ses féeriques paysages.

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