Cyclisme - Tour de France

28 juillet 2018 12:54; Act: 28.07.2018 13:24 Print

Les cyclistes ne sont pas faits comme les autres

Vendredi, Taylor Phinney a terminé la 19e étape du Tour de France avec le nez cassé. Il sera pourtant bien au départ du «chrono» samedi.

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Quand on dit d’un cycliste que c’est un «dur au mal», l’expression est souvent galvaudée. Car trois coureurs du Tour de France sont en train de révolutionner le sens de cette phrase devenue «bateau» dans le vocabulaire des commentateurs et autres chroniqueurs. Il s’agit de Taylor Phinney, de Lawson Craddock et de Philippe Gilbert, qui ont passé moins de temps au sol cet été que Neymar, malgré de bonnes «excuses» à faire valoir de leur côté.

Vendredi, lors de la folle 19e étape du Tour de France, Phinney a terminé l’épreuve 145e et bon dernier, à plus de 40 minutes du vainqueur slovène Primoz Roglic. L’Américain n’est pas un grimpeur patenté, mais de là à terminer loin derrière les sprinters… L’explication a sauté aux yeux des suiveurs au moment où le coureur de l’équipe EF Education First - Drapac a enfin passé la ligne d’arrivée.

Le fils de Davis Phinney, quatre Tours de France au compteur, finira par tweeter lui-même, quelques minutes plus tard, le diagnostic. «Hello. Je vais bien. Je me suis cassé le nez et un os occipital sous mon oeil droit. J’ai tapé dans une bosse et perdu l’adhérence à environ 30 km de l’arrivée. J’ai volé hors de la route et me suis pris un arbre dans la tête. Après être allé me faire évaluer pour une commotion cérébrale, on a décidé que je pouvais terminer le Tour.»


Quelques jours plus tôt, c’est Philippe Gilbert qui a donné une leçon de courage à la planète sport. Victime d’une horrible chute lors de la 16e étape de la Grande Boucle qui l’a vu basculer par-dessus un muret dans une descente de col, le Belge s’est relevé couvert de plaies et a réussi à terminer la journée, alors qu’il restait la bagatelle de 60 kilomètres à couvrir.

Dans la foulée, on a appris que le coureur de la Quick Step avait subi une fracture sur le pôle latéral de sa rotule gauche! «J'ai atterri assez durement sur des pierres, et, au début, je ne voulais pas bouger. Mais quelqu'un de Mavic (qui assure l'assistance sur le Tour) est venu et m'a aidé à me lever et à remonter ce ravin. Ce n'est pas la manière dont je voulais terminer le Tour, le quitter de la sorte fait vraiment mal.» Plus mal au moral qu’à la jambe!



Et que dire alors de Lawson Craddock? Victime d’une fracture de l’omoplate dès la 2e étape de cette Grande Boucle 2018, l’Américain au dossard 13 est dernier du classement général à 4 heures, 24 minutes et 28 secondes de Geraint Thomas et devenu le chouchou du public par sa volonté de finir à tout prix dimanche à Paris.

Du coup, dans l'optique d'allier l'utile au désagréable, le coureur de l'équipe EF Education First - Drapac a décidé de verser 100 dollars par étape terminée à la Greater Houston Cycling Foundation. Son crowdfunding et son courage ont motivé de nombreux internautes et la cagnotte se monte désormais à plus de 144'000 dollars! Si vous souhaitez participer à ce beau geste, c'est par ici.



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(rca)