Cyclisme

18 juin 2019 11:52; Act: 18.06.2019 11:58 Print

Les grands de la petite reine en mission

par Robin Carrel, Aigle - Le Président de l'UCI David Lappartient et le boss du Tour de France Christian Prudhomme étaient à Aigle, lundi soir, pour montrer comment le cyclisme pouvait apporter son écot à la sauvegarde de la planète.

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Christian Prudhomme, le patron du Tour de France, a démontré comment l'organisation de grands événements cyclistes pouvait aider à changer les mentalités.

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L'Union cycliste internationale et le Tour de France veulent aider à sauver un bout de cette bonne vieille Terre et vous faire bouger, en promouvant la pratique du cyclisme à travers le monde. Lundi, au Centre Mondial du Cyclisme à Aigle, à l'occasion du lancement du 6e Sport-City qui aura lieu en 2020, les pontes de la discipline sont venus prêcher quelque 150 convaincus, en espérant qu'ils porteront la bonne parole un bout plus loin.

C'est le Président de l'UCI lui-même qui a appuyé là où ça doit faire du bien à la lutte contre le réchauffement climatique, notamment. «Le vélo connaît un vrai développement partout, a posé David Lappartient. Il y a notamment un boom du cyclisme en Afrique. C'est ça qu'on veut encourager et on souhaite faire du vélo le sport du XXIe siècle. Car il y a énormément de vertus à le pratiquer.»

Des milliards d'économisés

Outre le basique souci de santé public, l'UCI souhaite sensibiliser gouvernements et citoyens au niveau du porte-monnaie. Ainsi, selon diverses études, la pratique de la bicyclette pendant simplement 150 minutes par semaine réduit quasiment de moitié les risques de cancer et de maladies cardio-vasculaires. Soit une économie de près de 100 milliards de francs des coûts de la santé.

Le montant d'argent épargné par une utilisation plus régulière du deux roues par rapport à la voiture fait aussi tourner bien des têtes. Ce ne sont pas moins de 25'000 milliards (!) qui seront mis de côté si la pratique cycliste passait des 5% actuels à 23% d'ici 2050, grâce à la réduction de l'utilisation des énergies fossiles. D'ici-là, 350 mégatonnes de Co2 en moins partiraient alors dans l'atmosphère Des chiffres qui pèsent lourd et qui ont motivé l'Union cycliste internationale, notamment, à renforcer son implication dans le cyclisme pour tous.

Christian Prudhomme, le patron du Tour de France, a démontré pour sa part comment l'organisation de grands événements cyclistes pouvait aider à changer les mentalités. A Londres, en 2004, le maire a décidé de l'installation de péages urbains et de développer les pistes cyclables. Dans la foulée, il accueillait le départ de la Grande Boucle, devant des millions de spectateurs. La pratique du vélo y a littéralement explosé.

Elle reste loin d'une ville exemplaire comme Copenhague, où ont eu lieu les Mondiaux de 2011 (56% de trajets en ville réalisés en bicyclettes, cinq fois plus de deux roues que de voitures dans les garages et 400 km pistes protégées), mais l'évolution est sensible et permet de mieux respirer.

«Le devoir d'être utile»

«La force du Tour de France est notamment médiatique et il a le devoir d'être utile. Cent pays diffusent les étapes en direct. Des images sont montrées dans 190 contrées, a expliqué l'ancien commentateur de France Télévisions. Cette force-là, on doit l'utiliser pour mettre des gens sur des vélos! Ensuite, quand vous allez chercher votre pain avec du vent de face et un faux-plat à 2%, vous comprenez la difficulté et la beauté de ce sport. Nous, on doit faire en sorte que notre public prenne l'habitude de faire 100, 200, 500 mètres sur leur bicyclette. Ainsi, ils ne voient plus les grands champions de la même manière.»

Il faut aussi profiter des grands manifestations comme les prochains Mondiaux d'Aigle et de Martigny en 2020, pour laisser un héritage concret. Ça, c'est le travail de Grégory Devaud, co-président de l'association pour l'organisation des Championnats du Monde Route et élu local. «Il faut faire rêver et ensuite faire fructifier cette compétition, a-t-il expliqué. La chance qu'on a, c'est que le Chablais est déjà convivial pour l'utilisation de ce moyen de déplacement. On a un formidable terrain de jeu, mais on s'est un peu trop reposé sur nos lauriers. On doit aussi avoir une réflexion pour donner sa place aux deux roues par rapport à la voiture.»

Respect mutuel

C'est peut-être d'ailleurs dans le respect mutuel entre automobilistes et cyclistes que le travail d'éducation le plus complexe reste à faire. Et pas qu'en Suisse Vainqueur du dernier Tour d'Italie à la surprise générale, Richard Carapaz avouait, de retour au pays, que «le plus beau cadeau que pourraient me faire les Équatoriens, ce serait de respecter les cyclistes sur les routes du pays». Deux semaines plus tard, à Esmeraldas, dans le Nord de cette contrée, des automobilistes détruisaient à la pioche une piste cyclable qu'ils jugeaient gênantes! Le combat s'annonce long et dur, comme le Tourmalet.

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(nxp)