Cyclisme

22 août 2019 14:28; Act: 23.08.2019 18:52 Print

Pasche: «Ma flamme s'est simplement éteinte»

par Oliver Dufour - Le cycliste vaudois a surpris jeudi en annonçant sa retraite sportive à seulement 26 ans. Mais il se dit serein et déterminé, après avoir été gagné par la lassitude.

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Le Vaudois ne courra plus, mais poursuivra des activités dans le milieu du cyclisme. (Photo: Keystone)

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Deux fois médaillé d'argent européen et trois fois sur le podium de la Coupe du monde, à chaque fois en poursuite par équipe, Frank Pasche ne pédalera plus en compétition. Joint par téléphone, le Vaudois de 26 ans a expliqué les raisons d'une décision mûrement réfléchie.

Frank Pasche, comment expliquez-vous ce retrait à un an des Jeux olympiques de Tokyo?

C'est une décision personnelle, pas du tout liée à un événement particulier. En fait j'ai ressenti une forme de lassitude de la compétition de haut niveau au cours des derniers mois. La flamme a commencé à s'éteindre petit à petit. Je n'ai plus envie de subir ces contraintes, de faire les concessions nécessaires à la pratique de mon sport.

C'est quelque chose que vous avez décidé avec l'aide de votre entourage?

Non, je n'en ai parlé à personne. Au début je pensais que c'était juste un coup de blues, mais ça a pris de l'ampleur et j'ai vite réalisé que c'était sérieux. A l'entraînement, ça allait, mais en compétition je me demandais parfois ce que je faisais là. En fin de compte, je suis seul à pédaler, donc j'ai fait le choix moi-même. Je ne regrette rien. Même si dix proches avaient tenté de changer mon avis, ils n'auraient pas réussi.

A Rio, lors des Jeux olympiques voici trois ans, vous aviez hérité à la dernière minute du rôle cruel de coureur de réserve du quatuor suisse de poursuite. On aurait imaginé, comme vous en parliez à l'époque, que Tokyo sonnerait l'heure de la revanche...

C'est vrai. Mais franchement, je ne ressens plus du tout cette envie. Bien sûr, la décision de l'entraîneur à Rio était douloureuse sur le moment, mais récemment quand j'ai vu sur Twitter le décompte jusqu'à Tokyo, qu'il restait 365 jours et que ça ne me mettait pas d'étoiles dans les yeux ou de papillons dans le ventre, ça m'a conforté dans mon choix. Pour le sport de haut niveau, si vous n'avez pas cette envie, cette rage, mieux vaut ne pas y aller. Et quand on connaît le chemin énorme qu'il faut parcourir juste pour décrocher une sélection... Avec le recul, je suis content d'avoir vécu l'ambiance olympique une fois dans ma vie et je n'ai aucune amertume. Même si certains diront que je ne suis pas allé au bout, j'ai la satisfaction d'avoir tout donné. Ce n'est pas quelque chose d'inachevé.

Et l'entraîneur national, Daniel Gisiger, comment a-t-il accueilli la nouvelle?

Lui non plus je ne l'avais pas consulté avant. Je crois qu'il a été un peu surpris, mais comme je lui ai présenté la chose de manière définitive, comme aux autres coaches, il n'a pas cherché à me retenir. Il sait que lorsqu'un athlète n'est plus motivé, ça ne sert à rien.

Quel(s) meilleur(s) souvenir(s) allez-vous retenir de votre parcours?

Avant tout les deux médailles d'argent prises aux championnats d'Europe. Celui à Granges en 2015 est le No 1, parce que c'était spécial de le faire à la maison. Mais à Glasgow l'an dernier c'était très fort aussi. Je pense que dans l'ensemble je peux être assez fière de ma petite carrière.

Quels sont vos projets pour la suite?

J'en ai plusieurs. J'ai une formation de mécanicien sur cycles et je ne suis pas du tout fâché avec le vélo. C'est une passion. J'ai envie de pouvoir m'y investir et rendre un peu de tout ce qu'il m'a donné. Pourquoi pas un jour avoir mon propre magasin? Ou passer un diplôme de directeur sportif? Il y a tellement de choses à faire dans une vie et je suis une personne qui a besoin de bouger.

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