Cyclisme

14 avril 2019 17:19; Act: 14.04.2019 17:46 Print

Philippe Gilbert monumental dans l'«Enfer du Nord»

par Robin Carrel, Roubaix - Le coureur belge de l'équipe Deceuninck-Quick Step a remporté avec la manière le 117e Paris-Roubaix de l'histoire.

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Philippe Gilbert (à gauche) et Nils Politt, les deux hommes forts de ce Paris-Roubaix 2019. (Photo: AFP)

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Cette année, les pelotons du World Tour n'ont pas de vrais patrons. Ou alors peut-être un seul, le Français Julian Alaphilippe. Mais encore un peu trop vert pour une course pavée de cet acabit, le coureur de l'équipe Deceuninck-Quick Step a enchaîné sur le Tour du Pays Basque (où il a gagné une étape, chuté puis abandonné), après ses nombreuses victoires du début de saison. Du coup, ce Paris-Roubaix 2019 est parti dans tous les sens assez rapidement, mais a tout de même fini par s'offrir à un cador. Comme quasiment toujours quand le mur des 250 km est franchi.

Dillier trahi par une crevaison

Peter Sagan, tenant du titre sur le mythique Vélodrome, n'était plus que l'ombre de lui-même ces dernières semaines et n'est pas passé loin de se retrouver dimanche, non sans avoir été piégé à l'arrière alors qu'il restait la bagatelle de 111 kilomètres. Silvan Dillier, son dauphin de 2018, avait pour sa part déjà tout perdu quelques bornes avant, à la suite d'une crevaison. Ajoutez-y des incidents mécaniques pour de possibles favoris tels Matej Mohoric et Alexander Kristoff avant même la Trouée d'Arenberg (95 km du but) et vous obtiendrez une 117e édition de l'«Enfer du Nord» infernale comme à son habitude.

Dans la foulée, c'est le triple champion du monde de cyclo-cross Wout van Aert qui a connu des soucis de dérailleur, avant de chuter après un changement de vélo. L'immense espoir belge en a été quitte pour une folle remontée, à l'image de l'autre «pépite» des pelotons, Mathieu van der Poel, il y a une semaine sur le Tour des Flandres. Et comme lui, le garçon a de la moelle, sortant en contre comme un grand, lorsque les choses ont commencé à devenir sérieuses.

Sagan explose

Philippe Gilbert était déjà devant. Van Aert a suivi Sagan et les événements se sont emballés. Un groupe de six s'est formé, c'était le bon, à la sortie du secteur de Mons-en-Pévèle. Les trois coureurs cités précédemment ont été rejoints par le Belge Yves Lampaert, son compatriote Sep Vanmarcke ainsi que l'Allemand Nils Politt et ne seront plus revus par les autres qu'à l'heure de la douche, dans les bus des équipes parqués derrière le Vélodrome de Roubaix.

A 25 kilomètres de Roubaix, Gilbert a créé une première sélection. Le super champion belge a remis le couvert dans le Carrefour de l'Arbre. C'est dans le secteur suivant de Gruson, l'antépénultième de la journée, que le coureur Deceuninck-Quick Step a fini par décrocher Sagan. Le Slovaque a explosé physiquement comme du popcorn. Ne restait «plus qu'à» régler le cas du surprenant Politt sur le Vélodrome, pour s'offrir un quatrième «Monument» différent dans sa carrière, le cinquième en tout. Monumental.

Dans le camp suisse, le Thurgovien Stefan Küng (Groupama-FDJ) a décroché le 11e rang final, battu à la «photo finish» par le Néerlandais Sebastian Langeveld.

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(nxp)