Cyclisme

06 août 2018 22:34; Act: 06.08.2018 22:38 Print

Ullrich: «J'ai fait et pris des trucs que je regrette»

L'ex-coureur cycliste allemand (44 ans) s'est confié au quotidien «Bild» après avoir été arrêté à Majorque pour une dispute avec son voisin. Il a avoué s'être drogué.

storybild

Tombé très bas, l'ex-coureur a promis de se ressaisir. (Photo: Keystone)

Sur ce sujet
Une faute?

Rien ne va plus pour Jan Ullrich. Le vainqueur du Tour de France 1997 et champion olympique en 2000 à Sydney, qui avait été contraint d'annoncer sa retraite du cyclisme professionnel en 2007, pris dans l'affaire Puerto de dopage organisé, devrait commencer une thérapie après avoir été arrêté aux Baléares.

Lundi, après avoir passé une nuit en prison à la suite d'une dispute avec son voisin à Majorque, l'acteur et réalisateur allemand Til Schweiger (notamment apparu dans «Inglourious Basterds»), l'ancien champion allemand s'est confié à «Bild», avouant avoir consommé des substances illicites. «Par amour pour mes enfants, je vais désormais suivre une thérapie», a promis Ullrich, qui s'est séparé en juin dernier de sa femme, retournée vivre en Allemagne avec leurs trois enfants. Trois enfants qu'il n'a pas revus depuis Pâques.

«La rupture avec Sara et la distance qui me sépare de mes enfants, à qui je n'ai pratiquement plus parlé, a beaucoup pesé. Du coup j'ai fait et pris des trucs que je regrette», a avoué l'ancienne star du peloton, souvent en proie à des problèmes d'alcool et de drogues, selon plusieurs proches. Ullrich est également revenu sur les événements qui ont conduit à son arrestation de vendredi, lorsqu'il s'était aventuré dans la propriété de Schweiger, apparemment fâché de ne pas avoir été invité à une fête organisée par l'acteur. «Je suis allé chez Til parce que j'ai entendu qu'il allait prochainement à nouveau quitter Majorque et je voulais lui dire au revoir. J'ai appelé mais personne ne m'a entendu. Donc j'ai simplement pénétré sur son terrain. Dans le jardin il y avait un collaborateur de Til, que j'avais d'ailleurs nourri durant quelques temps et qui m'avait volé. Il y a une dispute verbale, avec Til également, peut-être une touchette avec l'épaule, puis cette personne m'a attaqué avec un coup de pied de kung-fu. J'ai pu l'éviter, mais je suis tombé sur mon coude. Puis la police est arrivée.»

«Des excréments et de l'urine partout»

Jan Ullrich a ensuite raconté avoir été emmené à l'hôpital pour y recevoir des soins, avant d'être menotté puis emmené en cellule pour la nuit. «J'étais parti du principe que je pourrais retourner à la maison après ma prise de déclarations, des soins et une prise de sang, mais soudain j'ai été emmené», se souvient l'Allemand, qui a dénoncé les «conditions inhumaines» de sa garde-à-vue. «Avec les gardiens on ne se comprenait pas. Ils ne parlaient qu'espagnol, pas anglais. Et je n'avais pas le droit d'appeler un avocat. J'ai dû retirer mes habits à l'exception du pantalon. Dans la cellule il n'y avait qu'une couchette et une serviette. Des excréments et de l'urine partout sur le sol et les murs. Je suis devenu claustrophobe et je n'arrivais pas à dormir. Ça a été l'une des épreuves les plus difficiles de ma vie», a raconté l'ex-cycliste.

Relâché le lendemain, Jan Ullrich devra désormais respecter un éloignement de 50m par rapport à Til Schweiger, ordonné par la justice espagnole. «Je vais faire dessiner une ligne dehors par mon jardinier, pour que je sache où se trouve la limite. Je suis prêt à m'excuser auprès de Til, mais j'attends aussi des excuses de sa part.» De son côté, l'acteur a également expliqué à «Bild» vouloir provoquer un électrochoc, après avoir affirmé à d'autres médias qu'il était conscient des addictions de son voisin. «Je n'ai pas fait ça pour le dénoncer. Je connais beaucoup d'amis qui ont tout fait pour l'aider. Sa femme aussi a tout donné. Mais à la fin, il n'avait plus d'amis. Il n'était entouré que de gens qui le dévalisaient systématiquement. Il vivait défoncé et n'était plus capable de raisonner et c'est pour ça que je me suis exprimé. S'il suit une thérapie, ce qui s'est produit aura au moins eu du bon. Je me réjouirai, comme ses vrais amis ou ses enfants qui l'aiment à en mourir. Si Jan cherche de l'aide, je serai le premier à l'aider. Si c'était un trou du c.., ça me serait égal», a ajouté Schweiger.

Cyclisme

(duf)