Tour de France

22 juillet 2014 10:49; Act: 22.07.2014 11:25 Print

Wyss: «Le plaisir reste une condition pour le succès»

par J.-Ph. Pressl-Wenger, Bagnères-de-Luchon - Marcel Wyss est un grimpeur et les étapes pyrénéennes qui se déroulent de mardi à jeudi lui donnent des idées. La 16e étape est à suivre en direct sur 20minutes.ch dès 14h10.

storybild

Le coureur de l'équipe IAM Cycling attend beaucoup des étapes de mercredi et de jeudi. (Photo: Keystone/Yoan Valat)

Sur ce sujet
Une faute?

Le Bernois de 28 ans était censé protéger et aidé son leader Mathias en montagne. Depuis l’abandon sur blessure du Lucernois, la stratégie a changé et les cartes ont été redistribuées. On a d’ailleurs pu le voir en échappée sur l’étape jugée à la Planche-des-Belles-Filles. Petit tour d’horizon des nouveaux objectifs avant le départ vers les sommets.

Marcel Wyss, comment avez-vous vécu le début de votre premier Tour de France ?

Depuis deux semaines, j’ai connu des bons et des mauvais jours. Mon objectif est de m’accrocher. J’ai pris froid et je suis tombé, ce n’était donc pas optimal. Mais de mon point de vue, cette dernière semaine de course devrait mieux se passer.

Qu’attendez-vous de l’arrivée dans les Pyrénées ?

J’espère pouvoir montrer quelque chose dans chacune des trois étapes pyrénéennes. Bien sûr, mardi on n’arrive pas en altitude, mais dans la vallée. Et ça me convient un peu moins. Et les lendemains de jours de repos, j’ai souvent de la peine. D’ailleurs le lendemain de la première pause à Besançon, j’ai connu un début d’étape catastrophique. Les arrivées à Saint Lary et Hautacam me ressemblent plus.

Quelles conditions sont nécessaires pour que vous puissiez réussir un gros truc ?

La météo devra aussi jouer en ma faveur, j’ai connu quelques problèmes avec la chaleur dernièrement. Certains préfère le soleil, d’autres la pluie. Personnellement, j’ai des soucis avec la chaleur. Donc, il faudrait qu’il ne fasse pas trop chaud, que je sois dans un bon jour, et que je prenne la bonne échappée au bon moment. Mais il faut être réaliste, dans un final en montagne, je ne vais pas battre Nibali. Mais tant l’équipe que moi, on croit qu’il est possible de réussir quelque chose dans la montagne.

Tactiquement, une fois dans l’échappée, qu’est-ce qui est important ?

Je dois faire attention à ne pas trop utiliser mes forces. Lorsque j’étais avec le groupe d’échappés vers la Planche-des-Belles-Filles, ça m’a coûté beaucoup d’énergie de prendre la roue de ce groupe. Et je n’ai finalement pas tenu la distance. C’est la dernière chance pour les grimpeurs de montrer quelque chose. Chacun voudra jouer sa carte, tout donner. Je le ferai aussi, on verra bien ce que ça donne.

Votre exemple dans le sport n’est pas un cycliste, mais l’ancien athlète éthiopien Haile Gebreselassie. Pourquoi ce choix ?

Evidemment, c’est d’abord un grand champion avec des résultats incroyables et de nombreux titres. Mais ce qui m’a surtout plu chez lui, c’est la joie qu’il a toujours montré. Par exemple, il prenait toujours le départ des courses avec le sourire. Et ce qu’il fait aujourd’hui comme businessman, il continue de le faire dans le même esprit. Il a beaucoup fait pour son sport, pour son pays. Et le tout, semble-t-il, avec une joie communicative comme moteur. C’est cet état d’esprit que je prends comme exemple pour mener ma carrière et ma vie. Car faire son boulot avec le sourire et avec plaisir, c’est souvent une condition pour le succès.