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14 mai 2015 13:00; Act: 14.05.2015 14:43 Print

Les grands clubs ne meurent jamais

La Juventus est de retour en finale de Champions League. Après douze ans de traversée du désert, le scandale du Calciopoli, la 2e division et une patiente politique de reconstruction.

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Gianluigi Buffon exulte après l'égalisation de la Juve, mercredi soir à Madrid. (Photo: AFP)

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Un joueur a vécu toutes ces périodes successives, Gianluigi Buffon, «très fier de tout notre travail, des progrès de cette équipe». Trait d'union entre les époques, le gardien et capitaine avait perdu la finale 2003 contre l'AC Milan (0-0, 3-2 tab), une absence à son somptueux palmarès qui pèse toujours. Il reverra Berlin, où il a remporté son plus beau trophée, la Coupe du monde 2006.

Buffon était descendu en Serie B en 2006, après l'infamie du Calciopoli, le scandale des arbitres conditionnés par la Juve, qui lui a coûté deux titres, ôtés par la justice (2005 et 2006). Fidèle d'entre les fidèles, «Gigi» (37 ans) a vécu les sombres années, quand la Juve ne terminait que 7e et ratait les Coupes d'Europe. Puis, il a vu arriver des jours et des joueurs meilleurs, la fameuse défense BBC (Barzagli, Bonucci et Chiellini) ou Stephan Lichtsteiner, ainsi qu'un entraîneur, Antonio Conte, qui allait ramener la «Vieille Dame» sur le trône d'Italie.

Autre patriarche guidant le phénix Juve, la légende Andrea Pirlo, 35 ans, applaudi à sa sortie par un stade madrilène qui s'y connaît en beaux joueurs, a apporté sa touche de classe. Le rôle du troisième grand ancien pourrait être tenu par Carlos Tevez, plus jeune que Buffon et Pirlo mais tout aussi expérimenté. A 31 ans, l'Argentin vit la meilleure saison de sa carrière.

Ces trois-là encadrent des jeunes prometteurs, Paul Pogba (22 ans), recruté pour rien à Manchester United, ou Alvaro Morata, payé cher cet été alors qu'il faisait banquette au Real. Le jeune Espagnol (22 ans) a signé deux des buts qui éliminent son ancienne équipe. Cette savante construction d'équipe met en valeur le travail des dirigeants, qui ont aussi patiemment redressé le budget et construit un stade, propriété du club.

La direction a également eu du nez pour remplacer l'idole Antonio Conte au poste d'entraîneur. Arrivé sous les sifflets, Massimiliano Allegri est entré plus profondément encore dans les coeurs «juventini». Adoubé par l'accolade fair-play de sa victime Carlo Ancelotti, Allegri rejoint la cohorte des techniciens italiens finalistes. Reste maintenant à gagner et améliorer le pauvre ratio du club en finale de C1: cinq défaites pour deux succès.

«Battre le Barça semble impossible, mais c'est une chose de l'affronter en deux matches, une autre de le jouer en un match sec», dit Allegri. «Ils ont des joueurs stratosphériques, mais nous sommes conscients de nos possibilités et nous devons jouer cette finale en étant convaincus de pouvoir ramener la Coupe.» Car la Juve est en route pour le triplé, comme le Barça. Ainsi vont les grands clubs.

(ats)