Fifa

22 août 2015 14:35; Act: 22.08.2015 15:09 Print

Sepp Blatter: «Le foot rend fada, c'est vrai»

Sepp Blatter s'est exprimé sur les scandales que doit gérer la Fifa dans le cadre d'un tournoi de football organisé en Suisse, ainsi que sur les implications financières de la structure.

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Le foot n'est plus seulement un jeu, il est devenu une économie, a déclaré Sepp Blatter. (Photo: Keystone/Ennio Leanza)

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«Le foot rend fada», a déclaré samedi le président démissionnaire de la Fifa, Sepp Blatter, à l'occasion d'un tournoi de football organisé en Suisse, alors que la Fifa doit faire face à l'un des plus grands scandales de corruption de son histoire.

«Les Français l'ont bien dit un jour: Le foot rend fada , le foot rend fou, et c'est vrai», a déclaré M. Blatter lors d'un point presse en marge du Tournoi Sepp-Blatter, organisé chaque année depuis 18 ans à Ulrichen, dans le Haut-Valais, berceau de sa famille.

Plus d'arbitre

Joao Havelange, prédécesseur brésilien de M. Blatter, «m'a dit: Tu as créé un monstre. », a continué le président de la Fifa. «Mais ce n'est pas vrai. Le foot n'est plus seulement un jeu, il l'a dépassé, il est devenu une économie», a-t-il ajouté.

«Seulement sur le terrain de jeu, on a des limites, un arbitre. Mais en dehors, on n'a plus de limites, plus d'arbitre. Comment contrôler tout le monde? Il n'y a personne pour distribuer des cartons jaunes ou rouges», a encore expliqué M. Blatter qui a annoncé sa démission début juin, quelques jours après sa réélection pour un cinquième mandat alors qu'un nouveau scandale de corruption touchait son institution.

Savoir s'arrêter

«Je suis un serviteur du football depuis 40 ans, bientôt 41 ans», a-t-il ajouté. «Je ne me sers pas sur le foot, c'est pour cela que ça m'a touché, car on a attaqué la Fifa. Si on m'attaque, moi je peux me défendre.»

Pour M. Blatter, qui fêtera ses 80 ans en février 2016, au moment de l'élection de son successeur, «il faut savoir s'arrêter, c'est aussi une question de sagesse».

Interrogé sur les raisons exactes qui l'ont poussé à annoncer sa démission, M. Blatter a répondu: «Un jour je vous dirai toutes les pressions subies. Il me fallait dégager en touche pour calmer le jeu, mais je n'ai jamais démissionné puisque je reste en poste jusqu'en février.»

Platini absent au tournoi

Le président démissionnaire de la FIFA Sepp Blatter a assuré que Michel Platini, favori à sa succession, «était invité» au tournoi Blatter organisé samedi à Ulrichen alors que les tensions sont très vives entre les deux hommes.

«Il était invité mais il n'est pas venu», a déclaré M. Blatter lors d'un point presse avant le 18e tournoi Sepp Blatter, organisé comme chaque année à Ulrichen, berceau de la famille Blatter.

Selon M. Blatter, Michel Platini qui par le passé a plusieurs fois assisté au tournoi, était retenu par une fête donnée en Suisse à l'occasion des 70 ans de Geoff Thomson, ancien vice-président de la FIFA. Blatter et Platini, président de l'UEFA, ont été proches par le passé et Platini avait aidé Blatter à accéder à la présidence de la FIFA en 1998. Mais la tension est désormais vive entre les deux hommes.

Prison évoquée

M. Blatter a affirmé dans le quotidien néerlandais de Volkskrant du 15 août que Platini aurait évoqué la prison pour le dissuader d'être candidat à sa réélection à la tête de la FIFA en mai dernier. Cette menace voilée aurait été faite par Platini au frère de Sepp Blatter à Zurich quelques heures avant le vote qui allait conduire à la réélection de M. Blatter à la tête de la FIFA. Quelques jours après sa réélection, M. Blatter annonçait qu'il démissionnait mais restait en poste jusqu'a un prochain congrès chargé d'élire son successeur.

Dimanche dernier, le journal Welt am Sonntag a rapporté que M. Blatter aurait commandé un article très négatif sur Michel Platini, portrait que l'instance mondiale a transmis à diverses rédactions de journaux. Interrogé sur la candidature de Michel Platini à sa succession à la tête de la FIFA, M. Blatter n'a pas souhaité commenter: «Je n'entre pas dans ces considérations jusqu'à ce que le situation soit claire, sinon on dira que je veux entrer dans la lutte autour de la présidence».

L'élection à la présidence de la FIFA est prévue le 26 février à Zurich. Outre Platini, sont également candidats, à l'heure actuelle, le Sud-coréen Chung Mong-joon, le président de la Fédération du Libéria Musa Bility ainsi que l'ancienne star du football brésilien Zico.


(afp)