LNA

11 janvier 2014 20:31; Act: 12.01.2014 00:03 Print

Lausanne s'adjuge le Winter Classic romand

par Oliver Dufour, Genève - Samedi soir, le Stade de Genève a presque fait le plein pour accueillir le 1er match en plein air de LNA en Romandie. Le LHC s'est imposé 0-1 après prolongation.

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Le LHC a pu savourer un nouveau succès contre Genève cette saison, cette fois dans les conditions très particulières du Winter Classic. Oliver Setzinger a pu marquer l'unique but de la soirée après seulement 45 secondes de prolongation. Le premier tir de l'Autrichien avait pourtant été contré par Tobias Stephan. 29'400 personnes ont consacré leur soirée à l'événement exceptionnel. Les Lausannois n'ont pas beaucoup porté le danger devant la cage adverse, hormis en supériorité numérique. Les Aigles genevois ont fait ce qu'ils pouvaient pour tenter de surprendre l'arrière-garde des Lions. Le gardien servettien Tobias Stephan s'est rapidement habitué aux conditions de jeu spéciales. Les échanges ont parfois été musclés, à l'image de cette charge dans le dos de Thomas Déruns (LHC, au sol) signée Alexandre Picard (GSHC). Pas de cadeaux entre Colby Genoway (LHC, à gauche) et Alexandre Picard (GSHC). Le gardien lausannois Cristobal Huet a eu du travail face aux artilleurs genevois. Les bandes transparentes ont aidé les spectateurs à voir les joueurs dans tous les recoins de la patinoire. Daniel Bang (LHC, à gauche) et Kevin Romy (GSHC) à la lutte dans le camp lausannois. Grimés comme des footballeurs américains avec du fard noir sous les paupières, les guerriers ont bravé le froid pour partir au combat. Après avoir vécu dans sa Finlande natale un match en plein air, le Talviklassikko entre Jokerit Helsinki et IFK Helsinki, en 2011, Lennart Petrell (no 32) a découvert le derby lémanique avec le GSHC en "outdoor". Les gens remplissant le stade n'ont pas hésité à lancer... ...une holà au cours du premier tiers-temps. Les spectateurs ont dû s'habituer à voir la surface d'un peu plus loin. Mais un excellent éclairage les y a bien aidé. L'aigle Fletcher, qui accompagnait l'habituel Sherkan, mascotte de Genève-Servette, a été perturbé dans son vol par le bruit et les lumières violents. Après avoir tourné plusieurs fois au-dessus de la foule, il s'est posé dans le virage des fans du LHC, plutôt qu'au centre de la patinoire. L'entrée des joueurs dans l'arène. Les deux formations arboraient chacune un nouveau maillot créé spécialement pour ce Winter Classic. Le groupe de rock genevois Stevans a assuré l'animation musicale de ce Winter Classic. Un parachutiste a sauté au-dessus du stade pour se poser sur la glace avant le début du match. Le Stade de Genève avait presque fait le plein pour ce match de hockey historique. Les spectateurs ont eu droit à un beau spectacle avant le coup d'envoi. Qui dit match en plein air dit nouveaux paramètres à gérer. Il a fallu dégivrer les bandes transparentes avant que les joueurs ne pénètrent sur la glace.

Une faute?

L’espace d’une soirée, le Genève-Servette et le Lausanne ont accompli ce que le Servette FC n’avait jamais réussi: remplir presque entièrement le Stade de Genève. L’événement unique du Winter Classic, match disputé en plein air dans une enceinte généralement réservée au football ou aux concerts, a suscité la curiosité de 29’400 spectateurs (sur 30'084 disponibles).

Arrosés de sons et de lumières avant le coup d’envoi, les supporters des deux équipes lémaniques n’en ont pas oublié l’enjeu de ce derby, comptant pour la 40e journée de LNA. Les Lausannois, classés 9èmes, juste sous la barre, à 6 points de leur adversaire du soir avant la partie, avaient pour mission de remporter les 3 points pour réduire l’avance des Genevois au 8ème et dernier rang qualificatif pour les play-off.

Premier blanchissage pour Huet

Si le public de la Praille en a pris plein la vue durant les périodes sans jeu, il est resté sur faim en termes de spectacle sur la glace. La domination stérile des Aigles et la frilosité offensive des visiteurs a débouché sur trois tiers-temps sans le moindre but. Les Lions lausannois n'ont pas beaucoup porté le danger devant la cage adverse, hormis en supériorité numérique. Ils ont toutefois bien su se regrouper devant leur gardien Cristobal Huet, auteur de son premier blanchissage de la saison, pour perturber les offensives genevoises.

«Stade de foot, score de foot», s'est marré le cerbère français. «J'ai peut-être rendu malheureux les fans genevois, mais Tobias Stephan a longtemps frustré ceux de Lausanne. L'éclairage était pas mal et les gardiens ont bien su gérer ce match. Ca a donné un match pas si fermé, mais avec peu de buts. La glace était un peu différente et les équipes ne voulaient pas que la partie se décide sur des éléments extérieurs. On a évité de perdre des pucks lors des mouvements "est-ouest", comme on dit.»

Bandes récalcitrantes

Les arbitres ont aussi dû plusieurs fois interrompre le jeu pour permettre de fixer les bandes correctement dans la glace, rendue friable avec les charges des joueurs. Des coupures de rythme qui n’ont pas aidé la fluidité de la rencontre.

A 0-0 en fin de temps réglementaire, il a donc fallu recourir à la prolongation. Dans cet exercice, c’est Lausanne qui s’et montré le plus habile. Profitant d’une pénalité mineure infligée au «grenat» Daniel Vukovic, le coach Heinz Ehlers a demandé un temps mort pour élaborer un redoutable schéma de power-play. Une manœuvre qui a fonctionné à merveille, permettant à Oliver Setzinger, en deux temps, d’inscrire l’unique but de cette soirée particulière après seulement 45 secondes de temps additionnel. «Lors du temps-mort, le coach ne nous a rien dit de particulier», a commenté l'Autrichien. «Juste de jouer un bon power-play. JP Hytönen a gagné l'engagement et nous avons eu la chance que Cody Almond casse sa crosse et doive quitter la glace. Le puck est arrivé sur moi. Mon premier tir n'a pas passé, mais j'ai pu prendre le rebond. Nous allons devoir tout donner sur cette fin de saison. Mais en ce moment, la chance n'est pas vraiment de notre côté, donc on ne peut pas se ruer en attaque.»

On remet ça jeudi

Le point remis au GSHC pour sa défaite en prolongation permet aux hommes de Chris McSorley de conserver 5 longueurs d’avance au classement du championnat. Ils couchent toutefois sur trois défaites en autant de confrontations avec le LHC. Jeudi, les deux formations lémaniques s'affrontent à nouveau pour la dernière fois de la saison. «Le match risque d'être similaire», a imaginé Tobias Stephan. «Le LHC n'encaisse et ne marque pas beaucoup. Ce soir (ndlr: samedi) nous aurions joué pareil si nous avions été aux Vernets, a assuré le gardien des Aigles. Contre cet adversaire, on fait attention de ne pas forcer en attaque pour ne pas s'exposer aux contre-attaques.»

(ats)