Football

16 avril 2019 18:36; Act: 16.04.2019 18:36 Print

«Je pensais que Sterling serait une tête de con»

Invité à se livrer dans «The Player's Tribune», le milieu de terrain de Manchester City, Kevin de Bruyne, a évoqué son arrivée au club, mais aussi ses soucis avec sa famille d'accueil et José Mourinho.

storybild

Kevin de Bruyne (au premier plan) et Raheem Sterling. (Photo: AFP/Paul Ellis)

Sur ce sujet
Une faute?

«Je suis quelqu'un de brutalement honnête. Alors je vais partager un petit secret avec vous. Avant d'arriver à Manchester City, je ne savais pas trop quoi penser de ce type, là. Raheem Sterling. Je ne l'avais jamais rencontré et d'après ce que j'avais lu dans la presse anglaise, je pensais qu'il allait avoir un caractère très différent. Je pensais... Ben... Je ne pensais pas qu'il serait un mauvais gars, en réalité. Mais les tabloïds affirmaient toujours qu'il était arrogant. Alors je dirais que je pensais qu'il serait... comment dit-on? Un peu une tête de con, peut-être?»

C'est ainsi que s'ouvre la chronique de Kevin de Bruyne, milieu de terrain international belge de Manchester City, dans «The Player's Tribune», média réservé aux athlètes. Mais le milieu de terrain de 27 ans découvrira par la suite que l'avis des journalistes britanniques n'est pas forcément parole d'évangile. A l'inverse, Sterling pensait que de Bruyne était distant et timide, avant de réaliser qu'il était plein d'humour. «Raheem et moi avons une connexion forte, parce que nous sommes arrivés à City à peu près en même temps et parce qu'il y avait beaucoup de négativité dans la presse à notre propos. Ils disaient qu'on était difficiles.»

Les deux joueurs finiront par prouver leur vraie valeur à tous leurs détracteurs, en devenant des pièces maîtresses de l'équipe de l'entraîneur Pep Guardiola. En plus de développer une forte et belle amitié.

«Ils ne voulaient plus me revoir à cause de qui j'étais»

Kevin de Bruyne explique que son côté taciturne lui a joué des tours dans sa jeunesse. «Je n'avais pas de PlayStation, pas d'amis proches. Je m'exprimais à travers le football et j'en étais satisfait. Mais quand tu es jeune tu ne comprends pas que les gens peuvent mal le prendre. Je l'ai appris par la manière forte.» Le Belge raconte alors qu'il avait fait le choix, à 14 ans, de quitter la maison familiale pour rejoindre l'académie de football de Genk, à deux heures de route de chez lui. «Les deux premières années là-bas ont sans doute été les plus seules de ma vie. Mais quand je jouais au foot, tout s'en allait. Chaque problème, chaque sentiment.»

Lors de sa deuxième année à Genk, le club avait payé une famille d'accueil pour héberger le jeune phénomène. «Je restais seul avec moi-même la plupart du temps, mais je croyais que tout allait bien. A l'école, au football... Pas de bagarres. Pas de problèmes.» Mais lorsque de Bruyne était rentré chez lui pour les vacances à la fin de l'année scolaire, ses parents lui avaient appris que la famille d'accueil ne voulaient plus le voir revenir. Sa mère lui donnera le motif: «C'est à cause de qui tu es. Ils ont dit que tu es trop silencieux. Ils n'arrivent pas à interagir avec toi. Ils ont dit que tu étais difficile.»

Ces mots, le jeune Kevin les retournera longtemps dans sa tête. Mais il retournera à Genk à la fin de cet été-là. Promu au sein de la 2e équipe et s'entraînant «comme un fou» il impressionnera tout le monde en inscrivant cinq buts au cours d'un match après être entré en jeu en seconde mi-temps. «Après ça, j'ai pu voir le changement dans l'attitude de tout le monde dans l'entourage du club. En deux mois, j'ai gagné ma place au sein de la première équipe. Et le club a soudain été d'accord de me payer à nouveau une famille d'accueil.» Sa première famille d'accueil tentera même de le récupérer. Trop tard. «Vous m'avez jeté aux ordures. Maintenant que je joue bien vous voulez que je revienne?», s'énervera le jeune homme.

La confiance de Mourinho dure trois matches

Quelques années plus tard, le schéma se reproduira un peu avec José Mourinho à Chelsea. Après l'avoir envoyé en prêt au Werder Brême, le coach portugais lui témoignera sa confiance en lui demandant de rester à Londres alors que plusieurs clubs, dont le Borussia Dortmund de Jürgen Klopp, espérait le débaucher.

Mais la saison suivante, après avoir joué trois matches en début de saison, Mourinho avait laissé de Bruyne sur le banc, sans explication. Le coach ne l'avait convoqué dans son bureau qu'en décembre. «Il m'a dit: Un assist, zéro but, dix récupérations. Ensuite il a lu les statistiques des autres milieux offensifs: Willian, Oscar, Mata, Schürrle... Je lui ai dit: "Mais certains de ces gars ont joué 15, 20 matches. J'en ai juste joué trois. Alors c'est différent, non?"». Après une brève discussion sur la possibilité d'être à nouveau prêté, Kevin de Bruyne fera un choix important et dira à son entraîneur: «Je sens que le club ne me veut pas vraiment. Je veux jouer au football. Je préférais que vous me vendiez.»

La suite sera un retour en Allemagne, à Wolfsburg, avant que Manchester City ne vienne frapper à la porte. Un club où il a écrit les plus belles pages de sa carrière et où il lui reste sans doute encore beaucoup d'exploits à réaliser.


Football

(Sport-Center)