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22 septembre 2019 22:53; Act: 23.09.2019 07:37 Print

«On m'a menacé de me faire la peau»

David Lemos a dénoncé des insultes racistes lors du match Porto - YB de jeudi dernier. Depuis, il est la cible des supporters portugais. L'UEFA a ouvert une enquête au sujet des cris de singe.

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Jeudi, au stade du Dragaõ, alors que Jean-Pierre Nsamé s'apprêtait à tirer le penalty qui a permis YB d'égaliser contre Porto (score final: 2-1 pour Porto), le chef d'un groupe ultra de Porto a hurlé «Macaco!» («Singe!») à trois reprises dans son mégaphone.

Journaliste à la RTS, David Lemos a clairement entendu ces insultes. Et le lendemain, sur Twitter, il se demandait si des sanctions allaient être prises «par le club contre cet individu ou par l’UEFA contre le club». «Dites-moi que oui», concluait le journaliste sur son post.

Mais ce tweet a été immédiatement relayé sur les sites sportifs portugais. Depuis, David Lemos croule sous les messages injurieux et, plus grave, parfois menaçants. «Ce n'est pas la première fois que je suis dans la ligne de mire, explique Lemos. Ça arrive sur les réseaux sociaux. D'habitude, ça se tasse en deux ou trois jours. Mais là, cela prend des proportions assez inquiétantes. On m'a quand même menacé de m'envoyer en chaise roulante ou de me faire la peau la prochaine fois que j'irai à Porto.»

Pour les supporters de Porto, David Lemos serait à l'origine de l'enquête ouverte par l'UEFA - parce que l'instance faîtière du foot européen a effectivement ouvert une enquête, elle rendra sa décision jeudi prochain. «Mais je n'y suis pour rien, se défend le journaliste. Il suffit d'avoir des oreilles pour entendre clairement les insultes au moment du penalty. Le problème, c'est que les supporters de Porto sont descendus dans mon fil Twitter et m'ont catalogué comme supporter de Benfica parce que je retweetais les buts de Seferovic. Mais c'est quelque chose que je fais pour tous les Suisses qui marquent à l'étranger. Du coup, pour eux, j'ai été commandité, voire payé, par Benfica pour nuire à Porto.»

Le chef des ultras lui-même a menacé David Lemos à demi-mots (voir ci-dessous), la phrase «Largos días têm 100 anos» - littéralement: «Les longues journées durent 100 ans» - pouvant être prise comme l'équivalent du proverbe français «La vengeance est un plat qui se mange froid».

La situation s'apaisera-t-elle dans les prochains jours? C'est tout ce que souhaite David Lemos. «J’ai dénoncé cet acte raciste à Porto car un club suisse était concerné, mais j’aurais dénoncé un acte similaire en Suisse, en France ou en Italie, ajoute-t-il. Y aura-t-il un retour de bâton jeudi prochain, si l'UEFA décide d'infliger une sanction? Je ne l'espère pas.»

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(rty)