Super League

16 juillet 2014 11:46; Act: 16.07.2014 11:50 Print

A Paulo Sousa de jouer !

Tout pour le spectacle ! Tel est le mot d'ordre à Bâle à la veille de tenter la passe de six dans le championnat de Super League qui débute ce samedi, déjà.

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Paulo Sousa a la pression. (Photo: Keystone/Patrick Straub)

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Quintuple champion de Suisse en titre, le FC Bâle a fait sa révolution cet été. Maître tacticien, Murat Yakin a, ainsi, été prié de prendre la porte pour deux raisons: les relations conflictuelles entretenues avec de nombreux joueurs qui troublaient la paix du vestiaire et un style de jeu jugé trop frileux.

Le président du FC Bâle Bernhard Heusler a très vite arrêté son choix pour désigner le successeur de Murat Yakin, dont le bilan - deux titres nationaux, une demi-finale et un quart de finale en Europa League - fut extrêmement probant. Grand joueur avec notamment la conquête de la Ligue des Champions en 1997 avec le Borussia Dortmund d'Ottmar Hitzfeld, Paulo Sousa était le candidat no 1 du président.

Appelé à faire ses preuves

A 43 ans, le Portugais débarque à Bâle dans la peau d'un entraîneur appelé toutefois à faire encore ses preuves. Avec les Queen's Park Rangers, Swansea, Leicester, Videoton et enfin le Maccabi Tel Aviv, il n'a pas dirigé un club aussi huppé qu'un FC Bâle qui annonce un budget de 80 millions de francs pour cette saison 2014/2015. Il n'a pas encore mené une seule campagne de Ligue des Champions en tant qu'entraîneur. Or, c'est sur la scène européenne en premier lieu qu'il sera jugé.

La réussite de l'intégration du nouvel entraîneur, venu à Bâle avec trois adjoints, n'est pas la seule question qui se pose au Parc Saint-Jacques en cet été. Le club parviendra-t-il à compenser les départs en Bundesliga de Yann Sommer et de Valentin Stocker, deux des grands artisans de la conquête du dernier titre ? Sur le papier, la réponse est limpide. Le FCB a, en effet, investi douze millions de francs sur le marché des transferts pour garder une belle longueur d'avance sur ses rivaux nationaux.

Avec les venues du gardien tchèque Tomas Valcik, annoncé comme le successeur de Petr Cech en sélection, du prodige paraguayen Derlis Gonzalez, de l'international japonais Yoichiro Kakitani, du meilleur buteur du dernier championnat Shkelzen Gashi et, enfin, du «poumon» du FC Thoune Luca Zuffi, l'effectif des Rhénans est riche de promesses. Notamment celles dévoilées par Breel-Donald Embolo, cet avant-centre de 17 ans qui a su se faire une petite place ce printemps aux côtés de l'éternel Marco Streller. Un éventuel transfert de dernière minute de l'un des quatre «mondialistes» (Schär, Serey Dié, Diaz et Sio) ne changera pas la donne: le FC Bâle est encore une fois le candidat no 1 à sa propre succession.

On compte ses sous à Zurich

Les douze millions de francs dépensés par le FC Bâle cet été font fantasmer les neuf autres équipes de la Super League. Au Letzigrund, les Grasshoppers et le FC Zurich n'en finissent pas de compter leurs sous. Dauphins du FC Bâle ce printemps, les Grasshoppers ont perdu leur gardien, Roman Bürki, et leur buteur, Shkelzen Gashi. L'entraîneur Michael Skibbe peut toutefois nourrir certaines espérances avec les renforts du Zambien Nathan Sinkala, brillant ce printemps à Sochaux, et du Lausannois Yoric Ravet. Enfin, les Grasshoppers ont tenté un drôle de pari en engageant l'espoir égyptien Mahmoud Kahraba, écarté à Lucerne pour des raisons disciplinaires.

Au FC Zurich, la meilleure nouvelle de l'été fut l'annonce de la reconduction du contrat de Yassine Chikhaoui. Le Tunisien a même hérité du brassard de capitaine pour conduire une équipe qui a toutefois perdu un véritable espoir du football suisse, Loris Benito transféré au Benfica, et qui devra composer jusqu'à la fin de l'année sans son avant-centre Mario Gavranovic, blessé au Brésil. Meilleur buteur de la Challenge League, Patrick Rossini détient l'une des clés de la réussite du FCZ. S'il témoigne de la même efficacité à l'échelon supérieur, son club pourra s'immiscer dans la lutte pour l'une des trois premières places.

Une année après avoir cassé leur tirelire, les frères Rihs sont restés sages. Les Young Boys n'ont pas pesé cet été sur le marché des transferts. L'entraîneur Uli Forte s'attend à un début de saison difficile en raison des blessures qui déciment sa défense. Mvogo, Wölfli, Von Bergen et Vilotic ne devraient pas être d'attaque samedi à Saint-Gall. Les Young Boys évolueront à nouveau sur une pelouse artificielle au Stade de Suisse. On se souvient qu'ils avaient parfois enchanté leur public sur le synthétique avec le 3-4-3 très ambitieux de Vladimir Petkovic.

Une retenue qui peut payer

Comme lors de la saison 2006/2007, le FC Sion sera la seule équipe romande de la Super League. Il y a huit ans, les Sédunois, alors néo-promus, avaient entamé l'exercice avec un champion du monde à la barre, Nestor Clausen. Cette saison, on aurait retrouvé le même contexte sans la dérobade de Claudio Gentile. Il revient désormais à Frédéric Chassot, au club depuis dix ans, de redonner à cette équipe la place qui doit être la sienne dans le paysage du football suisse. Depuis deux ans et demi, les Valaisans collectionnent les désillusions. Cet été, Christian Constantin n'a pas, pour une fois, bouleversé le visage de son équipe. Cette retenue étonnante de la part du président le plus agité d'Europe pourrait payer.

Le FC Sion a, en effet, les moyens de figurer dans le haut du classement. Il serait surprenant que le club lutte à nouveau contre la relégation. Cette lutte concernera en premier lieu le néo-promu Vaduz, mais aussi le FC Thoune qui a perdu des joueurs essentiels à l'intersaison: Luca Zuffi, Sekou Sanogo et Marco Schneuwly. Aarau, avec Sven Christ qui a succédé au remarquable René Weiler à la tête de l'équipe, s'apprête à vivre également une saison difficile. Celle du FC Lucerne et du FC Saint-Gall est plus délicate à appréhender. Les deux clubs ont certains moyens, un véritable public mais aussi une inconstance qui effraye n'importe quel pronostiqueur.

(ats)