Euro 2012

22 mars 2011 15:43; Act: 22.03.2011 16:04 Print

Behrami revient dans l'équipe de Suisse

Valon Behrami jouera samedi avec l'équipe de Suisse face à la Bulgarie, neuf mois après sa dernière sélection.

Une faute?

«C'est une des choses qui m'ont fait le plus mal dans ma vie. Mais ceux qui sont concernés comprendront!» Valon Behrami, neuf mois après sa dernière sélection, retrouve avec un bonheur non dissimulé l'équipe de Suisse, pour le match décisif de samedi en Bulgarie, comptant pour les éliminatoires de l'Euro 2012.

Coupe du monde 2010, Port Elizabeth, le 26 juin. Valon Behrami est expulsé par M. Al Ghamdi à la 31e minute contre le Chili. Son dernier match international en date. Un malheureux épisode qui a plongé le Tessinois dans une lutte intestine, un chasse à ses propres fantômes. »J'ai vécu des instants très difficiles, raconte-t-il. Certains ne m'ont pas aidé après cela. J'en veux à beaucoup de gens, ceux qui étaient à mes côtés avant cela et qui ont paru heureux de ce qui m'arrivait. Je sais maintenant qui est vraiment avec moi.«

Spleen

Fidèle à lui-même, franc et lucide mais pas polémiste, Behrami refuse de donner des noms, précisant simplement ne pas croire que des membres de l'équipe de Suisse lui en ont voulu. «Des personnes ont dit que je portais le poids de l'élimination de la Suisse. J'ai eu le sentiment qu'ils avaient pris mon carton rouge comme quelque chose de personnel, alors que j'ai simplement essayé de faire mon travail. Je me disais que j'avais peut-être vécu mon dernier Mondial. Ce n'était pas facile à accepter.»

Le spleen qui étouffe le Tessinois depuis son passage de la Lazio Rome à West Ham (été 2008) ne fait alors que resserrer son étreinte. Ne se plaisant plus en Angleterre et dans son club londonien, l'ancien Luganais livre un bras de fer avec ses dirigeants durant tout le premier tour, exigeant sans succès de repartir vers une Italie et une dolce vita qui lui manquent.

»Il y a eu une addition de facteurs négatifs, je ne me sentais plus bien dans ma vie. Même quand je jouais avec West Ham, souvent bien, parfois en marquant, je n'étais pas heureux. Je pensais pouvoir oublier ma déception du Mondial en un mois, mais tout a été bien plus compliqué que cela.«

Déficit tactique

Dans ce contexte, le bon de sortie que reçoit Behrami durant le dernier mercato hivernal pour rejoindre la Fiorentina et, enfin, rechausser les crampons dans la Botte, arrive comme une délivrance. Un choix qui peut cependant paraître curieux au regard de l'affaiblissement du Calcio, en comparaison avec la Premier League.

«Le championnat anglais est le meilleur au monde et le plus difficile, reconnaît le demi de bientôt 26 ans. Mais une équipe comme West Ham, qui a de bons joueurs, est mal préparée tactiquement. C'est aussi pour cela que la Premier League est spectaculaire. En Italie, même le dernier de Serie A est au point tactiquement.»

Sur la brèche

Une rigueur dans les schémas qui n'empêche pas le Tessinois, comme dans tous les clubs qu'il a fréquentés, d'immédiatement s'imposer comme un titulaire indiscutable aux yeux de son entraîneur Sinisa Mihajlovic. «J'ai pu recommencer à jouer, et donc revenir en équipe de Suisse. C'était le plus important pour moi et j'en suis très heureux», glisse-t-il sobrement mais sincèrement.

Car, malgré son allure nonchalante voire «je-m'en-foutiste», malgré l'impression qu'il donne de ne pas être touché par les événements, le Kosovar d'origine est un sensible. Et un gagneur, transcendé par l'enjeu, la compétition et l'effervescence perpétuelle que celle-ci induit.

«En Angleterre, tu joues le samedi et le reste de la semaine, tu as l'impression de ne plus être footballeur. En Italie, la pression des médias est constante. Il y a bien sûr des mauvais côtés, mais moi, avec mon caractère, cela m'aide. J'aime être sans cesse sur la brèche.»

(ats)