Football: FIFA

20 juin 2011 16:52; Act: 20.06.2011 19:48 Print

Démission du vice-président Jack Warner

Jack Warner, personnage de premier plan des dernières affaires de corruption présumées, a informé l'instance internationale «qu'il démissionnait de ses différentes fonctions au sein du football international».

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L'opération nettoyage a commencé: sommée de toutes parts d'offrir un autre visage après les dernières affaires de corruption présumées fin mai, la FIFA a enregistré la démission de son influent vice-président Jack Warner, au coeur du dernier scandale en date.

Austin Jack Warner, 68 ans, est un homme d'affaires originaire de Trinidad et Tobago. Peu connu du grand public, le désormais «ex-président» de la Concacaf (Confédération d'Amérique du Nord et centrale) - puisqu'il démissionne de toute charge liée au football international - était pourtant un des personnages les plus influents de la FIFA.

«Warner ayant lui-même choisi de démissionner, toutes les procédures menées à son encontre par la Commission d'éthique (de la Fifa) sont closes, et la présomption d'innocence demeure», explique la FIFA dans un communiqué succinct.

Petit rappel des faits. Le 25 mai, dans une affaire de fraude électorale présumée - achat de voix - liée à l'élection à la présidence de la FIFA le 1er juin, le comité d'éthique de l'instance ouvrait une procédure. Elle visait notamment Mohammed Bin Hammam, président de la Confédération asiatique et candidat contre le président sortant Joseph Blatter, et Warner.

Image déplorable

La suite avait donné une image déplorable de l'organisation faîtière. Sur demande de Bin Hammam, une procédure était également ouverte contre Blatter, prétendument mis au courant par Warner de l'achat de voix. Puis Bin Hammam annonçait son retrait de la candidature avant que le comité d'éthique de la FIFA ne tranche: Blatter blanchi, Bin Hammam et Warner suspendus le temps de l'enquête.

Warner, qui avait prédit un «tsunami» s'il était mis en cause, dénonçait alors un «don» d'un million de dollars de Blatter à la Concacaf, accusation restée sans suite. Blatter, à peine réélu, promettait transparence et démocratie pour le futur.

Le projet d'un conseil des sages avec, entre autres, l'ancien footballeur Johan Cruyff, l'ex-homme politique Henry Kissinger et le ténor Placido Domingo, n'aurait pas suffi. Il fallait des actes.

La démission de Warner tombe à point dans ce cadre. Avant cette dernière affaire fin mai, le responsable caribéen avait déjà été régulièrement dans le collimateur des médias britanniques. Début mai, l'ex-président démissionnaire du comité de candidature anglaise pour la Coupe du monde 2018, Lord David Triesman, avait mis en cause plusieurs membres de la FIFA, les accusant de comportements «incorrects et non éthiques».

Il avait ainsi notamment cité Warner, accusé d'avoir demandé 3,5 millions de francs pour la construction d'écoles à Trinidad en échange de son soutien dans l'attribution des Mondiaux 2018 et 2022. Cette accusation n'avait pas eu de suite.

(ats)