Football

21 février 2019 08:46; Act: 21.02.2019 09:07 Print

Du foot, un peu de Dieu et des films de Noël

par Robin Carrel, Naples - Le football permet souvent de conjuguer les plaisirs. Le 16e de finale retour de l'Europa League entre Naples et Zurich en est encore un des plus beaux exemples.

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Les rues de Naples fourmillent d'hommages au «Pibe de Oro». (Photo: Keystone)

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Il y a des fois où les petites boules triées à Monaco, Zurich ou Nyon apportent du bonheur. Ça a notamment été le cas à la mi-décembre 2018, lorsque le préposé au tirage, Ricardo Carvalho, a eu la main plus heureuse que la plupart de ses tacles du temps de sa splendeur sur les rectangles verts. L'ancien international portugais a permis au FC Zurich de se déplacer au San Paolo de Naples, un des stades qui se situe généralement en bonne place dans la liste des «choses à voir dans sa vie» de tout amoureux de football qui se respecte.

Car le SSC Napoli est tout sauf un club qui laisse indifférent. Il y a, bien sûr eu le passage de Diego Maradona (1984-1991), son arrivée du FC Barcelone devant 70'000 personnes en fusion, transfert qui a accouché des deux premiers (et seuls) titres nationaux de cette formation. Mais il y a aussi, surtout, tout ce qui entoure cette équipe du Sud de la Botte, habituée à lutter contre l'opulence du Nord, avec tous les avantages qui en découlent, et dont les liens avec le crime organisé local ont nourri bien des fantasmes et des histoires incroyables – et même des fois vraies.

51'000 en Serie C

Mais plus que ces histoires légendaires, mythiques, fantasmées, ou les trois à la fois, il y a cette ferveur qui ne se retrouve que dans quelques rares autres enceintes en Europe et dans quelques cocottes-minute d'Amérique du Sud. Car, il y a une quinzaine d'années, c'est en 3e division que les Campaniens avaient échoué, à la suite de gros problèmes financiers. De quoi dégoûter le public napolitain? Bien sûr que non. Ici, pas de place pour les autres sports. Pas de place pour un club rival. En 2005-2006, en Serie C, ils étaient 51'000 en moyenne – un record, forcément – à garnir leur vénérable enceinte construite dans les années 1950, rénovée il y a bientôt 30 ans, donc absolument obsolète aujourd'hui.

C'est à cette époque que les Azzurri ont été repris par un certain Aurelio De Laurentiis et que l'histoire a recommencé à être à peu près belle. L'homme d'affaires, qui fêtera ses 70 ans cette année, a (re)mis de l'ordre dans un club réputé ingérable et l'a fait remonter jusqu'au sommet, ou presque, du football italien. Promotion en 2006, re-promotion en 2007, Coupes d'Italie en 2012 et 2014 et trophées perdus dans la faillite rachetés... L'Italien a su gagner le coeur des tifosi et remettre le SSC Napoli sur la carte des clubs qui comptent.

Des «happy-ends»

L'homme, mariée à une Suissesse qui lui a donné trois enfants prénommés Luigi, Valentina et Edoardo, est producteur de films. Pas que des chefs-d'oeuvre, qu'on soit clair, car celui qui s'est également offert le club de Bari l'année dernière a une fâcheuse tendance à produire des nanards pour la fin de l'année. «Les Super vacances de Noël», «Noël à Londres», «Un Noël stupéfiant», «Noël en Afrique du Sud», «Noël à Beverly Hills», «Noël en croisière», «Noël à Rio», «Noël à New York», «Noël à Miami», «Noël amoureux», «Joyeux Noël», «Noël sur le Nil», «Noël en Inde»,« Vacances de Noël», «Vacances de Noël 1991» et «Vacances de Noël 1995» figurent notamment à la liste de ses productions. Autant dire que vous ne risquez pas de le croiser en mai dans les environs de Cannes...

Si ses goûts en matière de grand écran sont discutables, ses choix de recrutement laissent moins place au doute. C'est lui qui a offert aux Napolitains des joueurs emblématiques tels que Marek Hamsik, Edinson Cavani, Ezequiel Lavezzi, Gonzalo Higuain, sans oublier les passages en Campanie des Suisses Valon Behrami, Gökhan Inler et Blerim Dzemaili.

Aujourd'hui, ce sont Arkadiusz Milik, Lorenzo Insigne, Dries Mertens, Allan, José Callejon et compagnie qui enchantent le public et qui s'en iront ensuite, quand ils auront fait leur temps ou pour une belle plus-value. Car De Laurentiis sait produire des happy-ends.

En quête d'un 3e «scudetto»

Pour que le fin soit vraiment belle, il faudrait que le SSC Napoli gagne enfin un troisième «scudetto» (insigne réservé au détenteur du titre national), qui lui échappe depuis bientôt 30 ans. Les Napolitains n'en ont pas été très loin certaines fois ces dernières saisons, mais l'emprise de la Juventus sur la Serie A est telle que le président risque de devoir produire autant de nouvelles saisons de son club que de films sur le 25 décembre pour pouvoir espérer y arriver. Mais comme on l'a vu quelques lignes plus haut, avec l'incroyable liste de fictions de Noël dans des tas de villes différentes, Aurelio De Laurentiis est persévérant et pas du genre à se lasser. Alors laissons-nous surprendre par sa prochaine super-production...

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(nxp)

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Les commentaires les plus populaires

  • frankino le 21.02.2019 11:07 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    bella ITALIA

    Vivre à Napoli pour notre retraite, c'est le rêve....

Les derniers commentaires

  • frankino le 21.02.2019 11:07 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    bella ITALIA

    Vivre à Napoli pour notre retraite, c'est le rêve....

    • Mario Lopez le 21.02.2019 23:36 Report dénoncer ce commentaire

      shit pizza

      Dans les ordures ?? bon courage..