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14 janvier 2020 20:30; Act: 14.01.2020 22:10 Print

Hakan Sükür est devenu chauffeur Uber aux USA

Forcé de s'exiler, l'ancien footballeur star turc est considéré comme un ennemi de l'Etat par le président Erdogan.

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En 112 sélection avec la Turquie, Hakan Sukur a marqué 51 buts. (Photo: Keystone)

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Hakan Sükür a bâti sa légende dans son pays. Contrairement à tant d'autres partis tenter leur chance à l'étranger, l'ancien avant-centre a passé le plus clair de sa longue carrière professionnelle (1987-2008) à Galatasaray, pour qui il a inscrit quelque 284 buts. Sans compter les 51 autres marqués sous le maillot national. Il est donc complètement improbable de se dire que l'ancienne superstar ait été contrainte de s'exiler de sa patrie. Et pourtant...

À 48 ans, Sükür vit désormais une vie pas si paisible que ça aux Etats-Unis. À Washington, précisément, où il exerce comme... chauffeur Uber. Plus par obligation et nécessité que pour le plaisir de découvrir les routes de la capitale. «Je n'ai plus rien dans ce monde», concède l'ex-footballeur dans un entretien accordé au Welt am Sonntag. La raison? Le président turc Recep Tayyip Erdogan l'a rangé dans la case des opposants à l'Etat. Depuis, sa vie est devenue un enfer.

«Erdogan m'a tout pris, soupire celui qui est devenu persona non grata dans sa patrie. Mon droit à la liberté, le droit de m'expliquer, de m'exprimer, le droit au travail.» En cause, ses engagements politiques de début de la décennie. En 2011, l'AKP, le parti du président Erdogan, «m'a invité à profiter de ma popularité». Ce qu'Hakan Sükür a accepté, avant de se rendre compte des dessous de la gestion de l'Etat. Deux ans plus tard, il claque la porte. Le début des ennuis.

«La boutique de ma femme a été jetée aux pierres, mes enfants ont été harcelés dans la rue. J'ai reçu des menaces après chaque déclaration que j'ai faite, détaille Sükür. Quand je suis parti aux Etats-Unis, en 2015, ils ont enfermé mon père. Et tout ce que j'avais m'a été confisqué. Tous ceux qui ont affaire à moi rencontrent des difficultés financières.» Si bien qu'il a dû être placé sous protection policière et surveillé par le FBI.

«Un jour, un étudiant turc a pris un selfie avec moi. Lorsqu'il est rentré et que les autorités ont découvert la photo sur son portable, il a été mis en prison. Quatorze mois!, raconte encore Hakan Sükür. Je suis un ennemi du gouvernement, pas de l'État ni de la nation turque. J'aime notre drapeau, notre pays», assure l'ex-serial buteur. Et ce même si, depuis 2017, il est exclu de Galatasaray, «son» club.

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(Sport-Center)