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10 septembre 2018 22:55; Act: 10.09.2018 22:55 Print

L’Angleterre aussi doit se reconstruire

par Robin Carrel, Leicester - Les supporters des Three Lions ont repris confiance en leur équipe nationale. Mais après un Mondial presque réussi, une nouvelle dynamique doit s’enclencher.

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Devant, Harry Kane n'a pas de vraie concurrence. (Photo: Keystone/AP/Frank Augstein)

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Une faute?

Quand l’équipe de Suisse se met en mode reconstruction, elle le fait par petites touches. Forcément, quand on a un bassin de joueur aussi réduit que celui dans lequel doit puiser Vladimir Petkovic, on ne vire pas dix anciens pour faire place nette. Malgré ses moyens sans commune mesure, l’Angleterre est contrainte de procéder de la sorte également, à cause d’un championnat certes très riche, mais qui ne laisse guère de places aux «p’tits jeunes du coin».

Jamie Vardy a pris sa retraite internationale, Raheem Sterling est blessé, l’exceptionnel Troy Deeney «correspond au style de jeu de Watford, mais pas à celui de l’équipe nationale», dixit le sélectionneur Gareth Southgate… Du coup, les Anglais peinent à trouver un buteur de classe internationale autre que Harry Kane. Le buteur de Tottenham joue déjà sa cinquantaine de matches avec les Spurs et il faut aussi lui trouver un remplaçant. Pas simple.

Sélectionner en D2?

Il y a bien Marcus Rashford et Danny Wellbeck qui peuvent occuper le poste, mais les deux attaquants ne sont pas souvent titulaires avec Manchester United et Arsenal. Pire, quand ils sont alignés, ils ont tendance à l’être sur un des deux flancs de l’attaque. Daniel Sturridge et Dominic Solanke ne jouent quant à eux presque jamais avec Liverpool. Alors que doit faire le sélectionneur Southgate? Donner sa chance à un buteur prolifique de Championship, la D2 locale?

Ollie Watkins (Brentford, 22 ans, 6 matches, 4 buts, 1 passe décisive), Dwight Gayle (West Bromwich Albion, 27 ans, 6 matches, 3 buts et 3 passes décisives) et Kemar Roofe (Leeds, 25 ans, 7 matches, 4 buts, 2 passes décisives) ont peut-être du talent, mais leur division a beau être l’antichambre de l’élite la plus rémunératrice du monde, elle n’en reste pas moins très éloignée du niveau international. Dans un pays où 68% des joueurs de Premier League sont étrangers, pas simple de faire son trou pour un jeune Anglais.

41 joueurs en prêt

Les Anglais viennent pourtant d’être sacrés champions d’Europe M19 et du monde M20, preuve que le talent est là. Une génération sacrifiée? Davantage une habitude. Des jeunes pousses plus que prometteuses peinent à faire leur trou dans leur club formateur et stagne ou vont grappiller du temps de jeu ailleurs. Un jeu de dupe dont sont souvent victimes les internationaux anglais juniors. La saison dernière, Chelsea avait par exemple prêté 38 joueurs à travers le monde et Manchester City 41 éléments...!

Les Ruben Loftus-Cheek (Chelsea, 22 ans), Phil Foden (Manchester City, 18 ans), Callum Hudson-Odoi (Chelsea, 17 ans), Angus Gunn (Manchester City, 22 ans), Ademola Lookman (Everton, 20 ans) et Dominic Solanke (Liverpool, 21 ans), pour ne parler que de ceux qui font partie des plus sûrs espoirs de leur génération, doivent donc absolument quitter le bercail pour avoir une chance d’être titularisés. Sans certitudes quant à leur futur respectif, ils ne sont ainsi pas dans les meilleures dispositions pour progresser.


Les nationalités en Premier League:

Anglais, 32% (166 joueurs). Espagnols 9,9% (35). Français, 8,5% (30). Brésiliens, 5,7% (20). Néerlandais, 5,4% (19). Belges, 5,1% (19). Irlandais, 4,8% (17). Argentins, 4,2% (15). Portugais, 4% (14). Allemands, 3,7% (13). Ecossais, 3,1% (11). Gallois, 3,1% (11). Danois, 2,8% (10). Italiens, 2,5% (9). Sénégalais, 1,7% (6). Nigérians, 1,7% (6). Suisses, 1,7% (6). Ivoiriens, 1,4% (5). Ghanéens, 1,4% (5). Colombiens, 1,4% (5). Américains, 1,4% (5). Serbes, 1,1% (4). Autrichiens, 1,1% (4). Norvégiens, 1,1% (4). Polonais, 1,1% (4). Congolais, 1,1% (4).

Islandais, 0,8% (3). Grecs, 0,8% (3). Camerounais, 0,8% (3). Nord-Irlandais, 0,8% (3). Egyptiens, 0,8% (3). Japonais, 0,8% (3). Marocains, 0,8% (3). Gabonais, 0,8% (3). Suédois, 0,8% (3). Tchèques, 0,6% (2). Bosniens, 0,6% (2). Néo-Zélandais, 0,6% (2). Maliens, 0,6% (2). Vénézuéliens, 0,6% (2). Australiens, 0,6% (2). Mexicains, 0,6% (2). Uruguayens, 0,6% (2). Chiliens, 0,6% (2). Algériens, 0,6% (2). Turcs, 0,6% (2). Croates, 0,6% (2). Sud-Coréens, 0,6% (2). Ukrainiens, 0,6% (2). Jamaïcains, 0,6% (2). Kosovar, 0,3% (1). Philippin, 0,3% (1). Tunisien, 0,3% (1). Slovaque, 0,3% (1). Béninois, 0,3% (1). Guinéen, 0,3% (1). Paraguayen, 0,3% (1). Togolais, 0,3% (1). Slovène, 0,3% (1). Arménien, 0,3% (1). Équatorien, 0,3% (1). Israélien, 0,3% (1). Kényan, 0,3% (1). Canadien, 0,3% (1). Roumain, 0,3% (1). Iranien, 0,3% (1).