Mondial 2014

04 juin 2014 09:28; Act: 04.06.2014 09:52 Print

La FIFA ne veut pas d'un discours inaugural

A huit jours du coup d'envoi du Mondial, la présidente brésilienne Dilma Rousseff a défendu l'organisation du Mondial face aux nombreuses critiques sur son coût et sur les retards des travaux. Elle s'en est également prise à la FIFA.

La présidente brésilienne et celui de la FIFA, copieusement sifflés lors du match d'inauguration de la Coupe des confédérations il y a un an. Selon toute vraisemblance, Monsieur Blatter ne veut plus revivre un tel moment de solitude.
Une faute?

Lorsque le Brésil a décroché l'organisation du Mondial 2014, en 2007, la FIFA avait promis que les stades seraient financés par l'initiative privée, a soutenu Madame Rousseff lors d'une rencontre mardi soir avec des correspondants étrangers à Brasilia.

Mais quand le gouvernement a vu que «pas même la moitié d'un stade» ne sortait de terre, il a dû en grande partie les financer, a-t-elle ajouté lors de cet entretien informel à sa résidence, au cours duquel les journalistes ont pu prendre des notes mais pas enregistrer ses propos.

Pour le Brésil, pas pour le Mondial

A un journaliste qui lui demandait quel conseil elle donnerait à un pays souhaitant organiser le Mondial, elle a répondu: «Faites attention à ce qui est exigé du pays», il faut bien réfléchir «à ce que vous allez accepter ou non».

La majorité des investissements publics effectués depuis 2007 l'ont été «pour le Brésil», et pas pour le Mondial, a par ailleurs plaidé Madame Rousseff. Et de citer la modernisation des aéroports et des travaux de mobilité urbaine que certaines des 12 villes hôtes n'auraient pas planifié «avant de nombreuses années» sans la perspective de la Coupe du monde. Tout en reconnaissant que nombre de chantiers ne seront pas achevés à temps pour le Mondial.

«Nous garantirons la sécurité»

L'organisation coûteuse et chaotique de la Coupe du monde, dont quatre des 12 stades ne sont pas encore complètement achevés à neuf jours du coup d'envoi, suscite un vent de fronde au Brésil.

Les Brésiliens étaient déjà massivement descendus dans les rues en juin 2013, en pleine Coupe des confédérations, pour réclamer une mise au «standard FIFA» des services publics de base défaillants: transports, santé, éducation.

Les nombreuses manifestations convoquées pendant le Mondial seront tolérées, «pour peu qu'elles soient pacifiques» et qu'elles «n'empêchent pas la libre circulation nécessaire au Mondial», a averti la présidente de gauche, candidate à sa réélection à la présidentielle d'octobre prochain. «Nous garantirons la sécurité des personnes», a-t-elle dit.

Pas de discours inaugural

La présidente brésilienne n'assistera en tribune qu'au match d'ouverture Brésil - Croatie, le 12 juin à Sao Paulo, et à la finale, le 13 juillet au stade Maracana de Rio de Janeiro.

Elle a expliqué que, sur décision de la FIFA, il n'y aurait pas de discours inaugural mais que des messages de paix de responsables religieux, dont un du pape François, seraient lus le 12 juin avant le match d'ouverture. Le 15 juin 2013, lors du match d'ouverture de la Coupe des confédération, Madame Rousseff et Joseph Blatter avaient été copieusement sifflés par tout le stade, ne pouvant même pas terminer leurs discours.

Madame Rousseff soutiendra à fond la Seleçao brésilienne, dont elle s'est réjoui du facile succès (4-0) grâce à un Neymar brillant, lors de son premier match amical préparatoire, mardi face au Panama. Elle a confié en plaisantant qu'elle suivait à la lettre toutes les superstitions des Brésiliens autour du football, en touchant du bois à plusieurs reprises. Elle a ainsi assuré qu'elle garderait les doigts croisés pendant tout le Mondial.

Les anti-Mondial ne désarment pas

Après des semaines marquées par des conflits, le climat social s'est quelque peu détendu en ce début de semaine dans les secteurs de la sécurité et de l'enseignement.

Mardi soir, les professeurs des écoles municipales de Sao Paulo ont mis fin à 42 jours de grève. Selon les syndicats, la mairie a accepté une augmentation de 15,38% des salaires à partir de mai 2015.

Mais les anti-Mondial ne désarment pas. Mardi, certains ont fait dans le spectaculaire en plaçant douze ballons géants devant le Parlement à Brasilia, quand d'autres, peu nombreux, manifestaient aux abords de l'hôtel de l'équipe du Brésil, à Goiânia (centre).

(ats)