Scandale en Italie

06 décembre 2019 10:24; Act: 06.12.2019 12:43 Print

«Notre intention n'était pas de les blesser»

Le quotidien sportif italien «Corriere dello Sport» dénonce un lynchage, au lendemain de la parution de sa une «Black Friday», jugée raciste dans toute l'Europe.

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La une du «Corriere dello Sport» de ce vendredi. (Photo: Twitter)

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«Nous sommes les ennemis du racisme». Au lendemain du tollé provoqué par sa une sur Romelu Lukaku et Chris Smalling, le quotidien sportif italien «Corriere dello Sport» a consacré deux pages vendredi à sa défense et a dénoncé «un lynchage».

Jeudi, le quotidien romain avait titré «Black Friday» pour annoncer la rencontre Inter Milan-AS Rome de vendredi et le match dans le match entre l'attaquant milanais Lukaku et le défenseur romain Smalling, présenté comme «un duel entre deux colosses de couleur», des joueurs ayant connu des problèmes lorsqu'ils évoluaient ensemble à Manchester United, et qui représentaient donc de bonnes affaires.

Cette première page a été extrêmement critiquée en Italie et en Europe. Dans une réaction sur Twitter, Lukaku a évoqué «la une la plus stupide» qu'il ait vue de toute sa carrière et deux clubs, Roma et AC Milan, ont annoncé qu'ils fermaient les portes de leurs centres d'entraînement au «Corriere» jusqu'au mois de janvier.

«Lynchage» contre le journal

Vendredi, le «Corriere» consacre sa une et ses deux premières pages intérieures à cette affaire. «Comment ça, racistes?» titre le quotidien en une, au milieu de plusieurs photos d'archives d'articles traitant du sujet.

«Lynchage contre un journal qui, depuis un siècle, défend la liberté et l'égalité», est-il aussi écrit au dessus du titre de une.

En pages intérieures, le quotidien se définit comme «ennemi du racisme» et juge que son titre a été «perverti par la superficialité et la mauvaise foi des réseaux sociaux et des sites internet, prompts à en travestir le message».

Au bout d'un long article courant sur deux pages, le quotidien italien évoque Lukaku et Smalling, «deux professionnels extraordinaires». «Pour eux, nous sommes sincèrement désolés. Notre intention n'était pas de les blesser mais au contraire de les mettre en valeur. Et nous continuerons donc à combattre le racisme. Et l'ignorance», écrit le Corriere.

En Italie, de nombreux joueurs noirs, à l'image de Lukaku, de l'Italien Mario Balotelli, du Français Blaise Matuidi, de l'Ivoirien Franck Kessie ou encore du Sénégalais Kalidou Koulibaly, ont régulièrement été la cible d'insultes et de cris racistes ces dernières saisons.

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(nxp/afp)