Football

09 février 2011 20:44; Act: 09.02.2011 23:11 Print

Le Brésil cède face aux Bleus

La France a battu le Brésil 1 à 0 (mi-temps: 0-0) mercredi en match amical au Stade de France.

Une faute?

Avec l'équipe de France, l'histoire de Philippe Mexès et Karim Benzema n'a jamais été linéaire, mais ils ont su saisir la main tendue de Laurent Blanc pour devenir incontournables à leurs postes si décisifs, et l'ont prouvé en étant les hommes clefs contre le Brésil mercredi (1-0).

Pour Mexès, dont la première des 20 sélections remonte à 2002, ce match a même eu valeur d'apothéose, tellement il a mis Pato sous le boisseau. Pour Mexès, le Brésil, c'est un peu l'anti-Autriche, l'antithèse de ce cauchemar vécu à Vienne en septembre 2008 (3-1), lorsque sa responsabilité avait été engagée sur les trois buts encaissés.

Dès la 16e minute, le ton était donné en bloquant Pato dans sa course avant un tacle rageur devant Renato Augusto près de la ligne de touche, alors qu'il avait du retard.

Ce match dans le match a tourné à l'avantage exclusif du Français. A la 39e minute, il effectue un tacle plein d'autorité devant le même Pato, soulevant une clameur dans le Stade de France. Et que dire de ce surprenant petit gri-gri pour s'extraire de la nasse et ressortir le ballon proprement ? Nouvelle clameur.

Faute intelligente

La suite du match est du même acabit, entre un nouveau tacle autoritaire devant Renato Augusto (53e) ou encore une faute intelligente dans le rond central qui permet aux Bleus de se replier. Robinho réclame sur le coup un carton jaune, et c'est lui qui le récolte !

Mexès se permet même une petite glissade devant Pato... sans perdre le ballon (58e). Le défenseur central était d'ailleurs bien épaulé par Rami, auteur d'un match également très sérieux en dépit d'un flottement inaugural.

Benzema a aussi connu des débuts qui auraient pu le faire douter: dès la 8e minute, bien lancé par Gourcuff dans l'axe droit, il croise trop sa frappe, qui frôle le poteau gauche.

Après la pause, il reçoit un bon centre de Malouda, contrôle de la poitrine mais tire dans David Luiz, bien revenu (48e). Mais sur le débordement de Ménez et son centre au cordeau, Benzema était là (54e). Il n'avait qu'à pousser le ballon, mais ce but récompensait tous ses appels sur le front de l'attaque.

Car il a beaucoup tenté, avec une tête plongeante repoussée par un Julio Cesar des grands jours (56e), un tir à nouveau détourné par le gardien brésilien (61e) ou encore un numéro côté gauche débouchant sur un centre-tir piqué qui frôlait la lucarne opposée (74e).

4e but en 6 matches

Benzema a marqué son 4e but en 6 matches chez les Bleus version Blanc, un beau ratio (12 buts en 33 sélections au total). Est-ce pour autant une réponse convaincante ?

Laurent Blanc lui avait déjà assené qu'il aurait pu marquer un second but en Bosnie, juste après le coup de sifflet final. Et il a rappelé jeudi dernier que «le problème de Karim, c'est qu'il marque des buts mais qu'il peut en marquer plus».

Est-ce cette exigence qui le rend parfois trop gourmand et égoïste ? Comme à la 84e minute, lorsqu'il déboule côté gauche et glisse sur sa frappe qui s'envole, au lieu peut-être de donner son ballon en retrait.

Une exigence que le buteur retrouve en tout cas au Real Madrid, où il a vu débarquer un sacré concurrent en la personne d'Adebayor. Alternant carotte et bâton, Jose Mourinho lui a décerné quelques bons points récemment en assurant que le Français était «bien meilleur» qu'en début de saison.

Mais il l'a aussi laissé sur le banc dimanche dernier en championnat, officiellement pour le faire souffler puisqu'il allait jouer en sélection... Un but contre le Brésil le laissera-t-il insensible ?