Présidence de l'UEFA

22 mars 2011 13:36; Act: 22.03.2011 15:12 Print

Michel Platini réélu par acclamation

Le Français Michel Platini, 55 ans, a été réélu par acclamation président de l'UEFA pour un second mandat de quatre ans.

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Les représentants des fédérations du vieux continent avaient le choix entre un vote classique ou la simple acclamation. (Photo: AFP)

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Seul candidat à sa succession, Michel Platini a été réélu président de l'UEFA. Une réélection qui s'est transformée en sacre triomphal au Grand Palais de Paris avec un vote par acclamation, debout, des membres des 53 fédérations européennes de football.

Emu sous les yeux de son père, Aldo, et de sa femme, Christelle, qu'il a remerciés, Michel Platini est passé d'un large sourire à quelques larmes écrasées le temps d'un bref discours après cette impressionnante ovation.

«L'avantage de cette année, c'est que je me doutais un peu que j'allais gagner, donc j'ai eu le temps de préparer un mot, a plaisanté l'ancien joueur de la Juventus. Après ma première élection, j'avais surtout remercié les anciens. Aujourd'hui je remercie ceux qui travaillent à mes côtés et qui m'ont toujours soutenu. Je remercie les amis des associations nationales, merci du fond du coeur pour votre confiance.»

L'ancien capitaine de l'équipe de France (41 buts en 72 sélections) avait été élu pour la première fois le 26 janvier 2007, lors du précédent congrès électif à Düsseldorf, gagnant le scrutin face au Suédois Lennart Johansson, alors président sortant.

Il y a quatre ans, c'était une opposition de style, entre un technocrate, M. Johansson, soutenu par les conservateurs du football européen, et un ancien sportif de haut niveau, M. Platini, rénovateur pour ses partisans, dangereux «révolutionnaire» ou «romantique» coupé des réalités pour ses détracteurs.

M. Platini avait été élu sur un score serré (27 voix contre 23, deux bulletins non valides, l'UEFA ne comptant à cette époque que 52 membres). «Ce n'était pas tendu, c'était tendu pour les autres !», a plaisanté dimanche M. Platini, sur son souvenir de cette bataille électorale.

Rien à voir en tout cas avec une réélection quatre ans plus tard en forme de triomphe sur ses terres.

La réforme platinienne

Son bilan fait rêver plus d'un dirigeant sportif. Aujourd'hui, le principe d'un fair-play financier a été accepté et c'est une vraie révolution qui s'est faite en douceur: un club ne pourra pas dépenser plus qu'il ne gagne sous peine, par exemple, d'exclusion de la Ligue des champions à partir de la saison 2014-15.

L'ouverture de cette compétition à des petites nations, qu'il prônait il y a quatre ans, est devenue réalité, sans heurts et sans remettre en cause le formidable impact d'une compétition toujours reine sur le vieux continent et au delà.

Et alors que le G14, ce club fermé des puissants du football, s'annonçait comme un farouche adversaire, l'ancien joueur de la Juventus a su habilement négocier. En contre-partie du dédommagement des clubs fournisseurs d'internationaux en cas de sélection, il a même obtenu la dissolution du G14 début 2008.

Violences et arrangements

Durant le premier mandat de Platini, le football européen a connu son lot de drames, comme la mort du jeune Français Brice Taton en septembre 2009 à Belgrade en marge d'un match d'Europa League, compétition sous l'égide de l'UEFA.

«On ne peut plus permettre à certains d'aller tuer des gens, »foutre le bordel«, casser dans des villes. L'assassinat du jeune Taton, ça suffit. Ca suffit !», a confié Platini, prêt à sanctionner durement les pays pas assez sévères avec leurs fauteurs de trouble, en les retirant des compétitions internationales.

L'attribution de l'Euro 2012 à l'Ukraine et à la Pologne, sur la base d'arrangements passés au sein de son comité exécutif contre lesquels il n'a rien pu faire, fut également un beau cadeau empoisonné.

«Ce sera très bien... mais on souffre !» a soufflé Platini, avouant que cette souffrance durerait «jusqu'à la finale de cet Euro».

Après l'Europe, le monde?

Et au terme de ce second mandat ? Beaucoup voient déjà Michel Platini dans la peau d'un futur candidat à la présidence de la FIFA. Après l'Europe, l'ancien capitaine des Bleus saura-t-il également séduire le monde ?

(ats)