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10 août 2018 19:46; Act: 11.08.2018 08:14 Print

Miroslav Klose dégomme la nouvelle génération

L'ancien international allemand ne se reconnaît plus dans les joueurs actuels, qu'il n'hésite pas à astiquer en envoyant du lourd. Son jugement est sans appel.

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Miroslav Klose: «Le foot dans lequel j'ai grandi n'est plus là. Voilà pourquoi j'ai dit stop.» (Photo: AFP)

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On ne peut pas vraiment dire que Miroslav Klose soit n'importe qui. A 40 ans, ce fils d'un ancien joueur de l'AJ Auxerre, Józef Klose, et d'une joueuse professionnelle de handball, Barbara Jez? (82 sélections avec la Pologne), a marqué son temps tout au long d'une prolifique carrière qu'il a arrêtée en 2016, alors qu'il évoluait à la Lazio, pour ensuite intégrer le staff de la Mannschaft.

Couronné champion du monde en 2014 au Brésil, l'international allemand (137 sélections pour un total de 71 buts) possède parmi ses différents records celui du plus grand nombre de buts marqués en phase finale d'un Mondial. Avec un total de 16 buts inscrits en quatre tournois, Klose a dépassé le Brésilien Ronaldo (15) et son mythique compatriote Gerd Müller (14).

C'est dire que l'attaquant retraité sait de quoi il parle et que son avis compte. Surtout quand Klose, dont les propos ont été relayés par le site «Le meilleur du foot», s'attaque à la mentalité de la nouvelle génération, dans laquelle il ne se retrouve pas, mais alors pas du tout.

«Aujourd'hui, les jeunes pensent à autre chose. Quand j'étais gamin, je pensais à m'entraîner pour devenir quelqu'un dans le sport que j'avais toujours aimé. À la Lazio et en sélection, après chaque entraînement, je me plongeais dans une baignoire pleine de glace pour éviter les blessures. Les jeunes de l'équipe refusaient systématiquement. Quand ils me voyaient aller ramasser le sac avec des ballons, ils me disaient: «Mais qui t'oblige à le faire? Je suis fatigué, mort!» À ce moment-là, je me disais: «Tu as 20 ans et tu ne peux pas aider un magasinier de 60 ans?» Ils se souciaient plus de savoir si leurs chaussures étaient assorties avec leurs chaussettes.»

Un tel comportement, jugé immature par l'ancien buteur, a manifestement précipité la fin de sa carrière. C'est en tout cas ce que prétend Klose, que l'on serait tenté, le recul aidant, de croire. «J'ai vu ces choses et c'est pour ça que j'ai dit assez, certifie Klose au moment d'exprimer son ras-le-bol. Le foot dans lequel j'ai grandi n'est plus là. Il y a d'autres choses. Aujourd'hui, ils (ndlr: les joueurs) pensent d'abord aux voitures rapides, à ce qu'on leur donne, et aux chaussures avec leur nom dessus. Ce n'est qu'après tout ça que vient le match. L'image est plus importante. Voilà pourquoi j'ai dit: «Ça suffit», car pour moi la seule chose qui comptait, c'était le football dans sa forme la plus pure.»

Associé au culte de l'image et de l'exposition médiatique, l'avènement du foot-business a définitivement sifflé hors-jeu l'ancien attaquant. Il n'empêche que Klose, en mettant le doigt où ça fait mal, ose exprimer tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. Suffisant pour l'en féliciter, non?

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(SportCenter)