Football - Belgique

11 octobre 2018 19:21; Act: 12.10.2018 13:48 Print

Quand le hasard fait sacrément bien les choses

par Robin Carrel, Bruxelles - Des fois, au gré des déplacements avec l’équipe de Suisse, la chance veut bien sourire. C’est clairement notre cas du côté de Bruxelles.

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Les maillots des juniors reconnaissants.

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Quand la Nati enchaîne deux déplacements, la facilité vous conduirait à prendre le tour-opérateur officiel et à suivre le troupeau suisse-allemand. Mais nous, on n’est clairement pas fait de ce bois et on est aussi un peu plus serré au niveau du cordon de la bourse, vu la conjoncture actuelle dans les médias. Alors on a enfourché notre plus belle Peugeot 207 break du boulot avec ses 130’000 kilomètres au compteur et on est parti en direction de la capitale belge, où la Suisse défie les Diables Rouges vendredi soir, via Pontarlier, Épinal, Nancy, Metz, le Luxembourg, Namur, je passe des villes et des moins jolies.

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Après avoir emprunté des Départementales et des Nationales diverses et variées, payé pour une fois 0 euro en péage et constaté que la France profonde était toujours aussi bien pourvue en races bovines en tous genres, la Belgique et Bruxelles se sont enfin offertes à nous, après quelque neuf heures de route et un arrêt tactique au Luxembourg pour aller lire nos collègues gratuits de «L’Essentiel». Mais quand on fait un tel effort pour le bien de nos lecteurs, le karma a tendance à nous le rendre. Cette fois, ce fut environ au centuple.

Le hasard des réservations sur un site internet bien connu des voyageurs nous a, en effet, vite remboursé de notre investissement. L’appartement loué pour trois jours - proche du Stade du Roi Baudoin, que notre logeur appelle encore de son nom «maudit» du Heysel, et pas loin non plus de l’aéroport histoire de pouvoir filer ensuite vers l’Islande via Stockholm - nous a de suite mis en joie comme n’importe quel fan de foot l’aurait été. Notre hôte Paul et sa femme Wanda, des Néerlandophones au français plus que parfait, ont pour habitude d’héberger des espoirs d’Anderlecht et des joueurs mis à l’essai par les «Mauves». De quoi nous donner quelques palpitations.

Passée la déception du Monsieur - «Je pensais que vous étiez des sportifs, quand j’ai vu sur votre réservation que vous travailliez pour le Sport-Center!» - le moment était déjà venu de refaire le monde du football belge. D’autant plus après les perquisitions et les arrestations de la matinée de mercredi, qui ont bien secoué le microcosme du foot local... Des maillots au mur (Heylen, inconnu de notre bataillon et actuellement à Zulte Waregem et Dendoncker, parti récemment à Wolverhampton pour un prêt avec option d’achat obligatoire de 15 millions d’euros), des signatures d’espoirs ayant apprécié le séjour dans ces murs, puis quelques explications de texte à propos du club 34 fois champion du pays et une longue théorie sur le passage récent du Suisse René Weiler, aujourd’hui à Lucerne, à sa tête et le séjour était clairement bien lancé.

On avait certes besoin d’un peu de réconfort, d’autant plus après une nuit à digérer les presque 700 kilomètres de route, dont la moitié entre Vosges, Moselle et Meurthe-et-Moselle où même Autoroute Info avait de la peine à pouvoir être réceptionné. Alors on a commencé à creuser l’affaire des joueurs passés entre ces quatre murs durant leurs vertes années en mauve. Récemment, avaient dormi ici Albert Sambi Lokonga (petit-frère de Paul-José Mpoku du Standard de Liège), Jordan Lukaku (petit frère de) et des Ghanéens en test. Un chauffeur les amenait chaque matin au centre d'entraînement d'Anderlecht distant, d'après notre hôte, d'une dizaine de kilomètres. Reconnaissants de l'accueil, comme nous d'ailleurs, ils ont tous laissé un mot gentil pour remercier Paul et Wanda.

Un pan du football moderne qui a tendance à nous échapper s'est donc imposé à nous à un moment où nous en l'attendions pas. Non, vraiment, certaines fois le hasard fait bien les choses et quand on verra certains d’entre eux s’ébrouer sur le pré dans notre télévision ou dans un bar avec des amis, on aura une histoire de plus à raconter. Quel beau métier on fait, tout de même!

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