Angleterre

08 septembre 2015 14:53; Act: 08.09.2015 16:38 Print

Voir du «vrai» foot anglais, c'est possible!

par Robin Carrel, Londres - La «Premier League» ne ressemble plus au championnat d'Angleterre de l'époque. Mais quelques clubs résistent encore et toujours à l'envahisseur.

Source: Youtube

Une faute?

Quatorze millions d'euros par match. C'est le chiffre que payeront BT et Sky pour la période 2016-2019 afin de diffuser le championnat anglais (une bagatelle de 6,9 milliards en tout...), la compétition footballistique la plus regardée de la planète hors événements internationaux. Avec ces moyens quasiment sans fin, à quoi bon former de bons jeunes locaux? Pourquoi continuer à contenter les supporters du coin?

Pour moins cher, les clubs anglais peuvent remplir leurs rangs de stars venues de partout autour du globe. Un international français, un défenseur argentin ou un ailier espagnol est prêt tout de suite pour le haut niveau, ce qui n'est pas forcément le cas d'un junior venu de Leeds, par exemple. D'un autre côté, afin de remplir leurs stades, les équipes anglaises n'ont plus besoin non plus du smicard local qui chante à tue-tête, quand ils sont nombreux et beaucoup moins agités à débarquer les poches pleines, par avion, de Chine, de Russie ou de... Suisse.

Propriétaires étrangers

Les équipes elles-mêmes n'appartiennent plus à des investisseurs britanniques. Chelsea est en mains russes, Manchester United est tenu par une famille américaine, son voisin de City par Abu Dhabi, Liverpool est aussi dirigé par des gens venus d'Amérique du Nord... Mais ce ne sont pas seulement les clubs de pointe qui sont passée en mains étrangères. Ainsi, Southampton est «Suisse» et Leicester, où évolue le capitaine de la Nati Gökhan Inler, appartient à un certain Vichai Srivaddhanaprabha, originaire de Thaïlande.

Il est donc devenu de plus en plus compliqué pour les supporters lambda de reconnaître les formations qu'adulaient leurs parents. Les institutions qu'ils avaient pourtant dans la peau dès la naissance. Alors, certains ont décidé de prendre leur avenir en mains. Comme vous pouvez le voir dans le reportage vidéo ci-dessus, deux équipes, en particulier, ont été montées de toutes pièces par des fans, qui espèrent réinventer un modèle qui leur a échappé depuis bien longtemps.

Pas de sponsor maillot

A Manchester, les plus acharnés qui n'ont pas supporté que leur nouveau propriétaire, Malcolm Glazer (décédé l'an dernier), endette ManUtd pour pouvoir se payer l'équipe et ont ainsi créé le «FC United of Manchester» il y a dix ans. Cette nouvelle formation, repartie de tout en bas (North West Counties Football League Division Two, le 10e niveau national!) évolue aujourd'hui en National League North, la 6e division, et a le statut semi-professionnel.

Le club appartient à ses suiveurs, qui votent pour quasiment tout ce qui touche l'équipe. Les fans ont notamment décidé de ne pas porter de sponsors sur leur maillot. Le FC United of Manchester a débuté son histoire dans un stade situé dans la grande banlieue mancunienne, du côté de Bury. Aujourd'hui, ces nouveaux «Red Devils» se sont construit leur propre antre: Broadhurst Park, au nord-est de la ville, qui peut accueillir jusqu'à 4400 personnes et qui a été inaugurée en mai dernier.

Déménagé par une commission

L'histoire est un peu différente du côté de Wimbledon. Une nouvelle entité, l'AFC Wimbledon, a été fondée en 2002, à la suite de la décision d'une commission fédérale de déménager leur club à Milton Keynes, à une soixantaine kilomètres de là, car cette ville d'un peu plus de 250'000 habitants était la plus grande du pays à ne pas compter d'équipe pro...

La grande majorité des aficionados du Wimbledon FC n'ont pas supporté ce déménagement et se sont rebellés. On peut les comprendre: ils avaient eu la chance de supporter le mythique «Crazy Gang» au coeur des années 80. Des joueurs comme Dennis Wise, John Fashanu, Lawrie Sanchez et surtout Vinnie Jones, aujourd'hui acteur, terrorisaient leurs adversaires par un engagement physique hors du commun.

Lui aussi parti des bas fonds du football anglais et sponsorisé par les jeux vidéo «Football Manager» – ce qui lui confère une certaine sympathie de cette énorme communauté de joueurs autour de la planète –, l'AFC Wimbledon est déjà remonté au niveau professionnel, avec quelques record à la clé. Les Londoniens ont notamment réussi une série de 78 victoires entre 2003 et 2004. Ils ont également connu cinq promotions en neuf saisons. Non, vraiment, les Anglais n'ont besoin de personne pour leur expliquer le football.

Twitter, @robincarrel

(rca)

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Les commentaires les plus populaires

  • lady le 08.09.2015 19:08 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    yes,Sir

    en fait,dans le foot anglais,y a plus d'anglais...à part les supporters!

  • OuiOui le 08.09.2015 23:43 Report dénoncer ce commentaire

    2 - 0

    Voir du vrai foot anglais c'est possible ! Tout a fait, oui...oui, du reste, la Suisse peut témoigner !

  • Un Sportif le 08.09.2015 19:25 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    J'adore !

    Parfait ! Quand le peuple utilise son intelligence et ses propres moyens contre les milliards des fortunés. Et tout ça pour l'amour du sport, pas celui de l'argent !

Les derniers commentaires

  • OuiOui le 08.09.2015 23:43 Report dénoncer ce commentaire

    2 - 0

    Voir du vrai foot anglais c'est possible ! Tout a fait, oui...oui, du reste, la Suisse peut témoigner !

  • Un Sportif le 08.09.2015 19:25 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    J'adore !

    Parfait ! Quand le peuple utilise son intelligence et ses propres moyens contre les milliards des fortunés. Et tout ça pour l'amour du sport, pas celui de l'argent !

  • lady le 08.09.2015 19:08 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    yes,Sir

    en fait,dans le foot anglais,y a plus d'anglais...à part les supporters!