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06 février 2019 16:11; Act: 06.02.2019 17:19 Print

Xamax a approché en vain la Juventus

par Nicolas Jacquier, Neuchâtel - En marge du remplacement de Decastel par Henchoz, Christian Binggeli, le boss de la Maladière, explique pourquoi le rapprochement espéré avec le club turinois n’a pas abouti.

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Christian Binggeli se retrouve bien seul pour tenter de maintenir son club à flot. (Photo: Keystone/Peter Schneider)

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La belle histoire qui liait Michel Decastel à Neuchâtel Xamax depuis le 21 octobre 2015 s’est achevée mardi. Une séparation douloureuse. «Au moment de lui parler, je tremblais, confirme Christian Binggeli, le boss neuchâtelois. On avait l’un et l’autre des trémolos dans la voix.» Avant de se voir signifier son renvoi, le technicien avait reçu de plein fouet un ballon d'Ademi à la fin de l’entraînement. «Il s’est retourné un doigt, c’est malheureux. Sur le moment, j’ai hésité à lui parler mais je suis allé jusqu’au bout.» Dans la foulée, un membre du staff devait conduire l’ex-coach à l’hôpital pour y subir des examens – Decastel en est ressorti avec une attelle.

Binggeli dit avoir agi ainsi pour «secouer le cocotier», casser peut-être aussi une forme de routine en donnant une nouvelle impulsion avec Stéphane Henchoz. «Une sorte de lassitude s’était installée. Avec M. Decastel, on n’avait pas de divergences, mais des exigences différentes. Il voulait des renforts, je cherchais de l’argent… Quand vous n’avez même pas 100'000 francs dans la caisse pour aller négocier, c’est difficile.»

L’été dernier, Xamax avait approché plusieurs clubs européens, notamment Saint-Etienne et la Juventus, dans l’intention d’établir un partenariat sportif qui lui aurait permis d’obtenir des renforts. Sans succès. «Saint-Etienne avait déjà une soixantaine de clubs partenaires, souvent plus forts que nous. De son côté, la Juventus nous a dressé l’inventaire de tous les joueurs à disposition. Il aurait fallu choisir dans un simple catalogue, ce à quoi nous nous sommes refusés.»

Mercredi face à la presse, le boss de la Maladière a expliqué que le mercato neuchâtelois était terminé. «On fera avec nos moyens. Je suis allé voir Philippe Senderos, mais cela n’a rien donné, pas davantage qu’avec un ancien joueur de Lyon qui gagnait trois millions d'euros par an. Dans les conditions qui sont les nôtres, le président Aulas (ndlr: Jean-Michel Aulas, président de l'Olympique lyonnais) vous rit au nez.» Car Xamax, qui a retrouvé cette saison l'élite helvétique, ne dispose que d'un budget limité. «Huit millions de francs, c’est des peanuts pour s’installer en Super League. Avec un budget pareil, on est des casse-cou…» L'objectif de Xamax est de s'installer durablement au sein de la Swiss Football League. Son président n'a pas dit en Super League, nuance.

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