Football - Challenge League

04 janvier 2016 14:44; Act: 04.01.2016 17:33 Print

Xavier Margairaz, pour l'amour du jeu

par Tim Guillemin - Le milieu de terrain du Lausanne-Sport va fêter ses 32 ans dans quelques jours. Pas question pourtant de se retourner sur le passé, il veut progresser, encore et toujours. Interview.

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Le LS et son milieu de terrain international ont six longueurs d'avance sur Wil. Suffisant pour tenir? (Photo: Keystone/Jean-christophe Bott)

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Le Lausanne-Sport a repris l'entraînement lundi matin à la Pontaise. Le Nord-Coréen Kwang-Ryong Pak a rencontré ses nouveaux partenaires pour la première fois, mais c'est avec Xavier Margairaz que «20minutes» a décidé de s'arrêter quelques instants. L'élégant milieu de terrain, triple champion de Suisse avec le FC Zurich, a évoqué avec nous cette remise en route hivernale, et quelques autres sujets aussi, à quelques jours de ses 32 ans.

Xavier, les vacances sont finies!

Oui, un mois, c'est amplement suffisant. Retrouver ses coéquipiers est toujours un moment à part, surtout quand l'ambiance est aussi bonne que cette saison. Il se passe quelque chose de spécial au LS cette année.

Il y a eu le départ de Jocelyn Roux pour le FC Wil, quand même. Vous comprenez son choix?

Il a reçu une offre difficile à refuser. Oui, je le comprends. Et j'ai entendu que cette offre était intéressante pour tout le monde, club y compris. Bien sûr que je regrette son départ, mais c'est le football, c'est ainsi.

Vous avez accueilli Kwang-Ryong Pak aujourd'hui. Vous le connaissez bien?

J'ai joué contre lui, il est vraiment intéressant. Il est très physique, c'est un bon joueur, qui a des qualités différentes. Il peut nous apporter beaucoup, on se réjouit de le voir à l'oeuvre.

Que pensez-vous de la stratégie du FC Wil, qui vient vous déstabiliser en engageant votre meilleur buteur, et qui part un mois en camp d'entraînement en Turquie? Cela ne peut pas vous laisser insensible...

Wil a un projet et se donne les moyens de le construire. Aujourd'hui, c'est clair, ils ont des moyens supérieurs aux nôtres et je les attends encore plus forts au deuxième tour. Ils construisent une grosse équipe, tant mieux pour eux. Nous, on a notre propre projet, sans pression de la part des dirigeants, avec des valeurs différentes, basées sur le jeu, la jeunesse. Pour l'instant, cela nous a plutôt bien réussi, puisqu'on est en tête avec six points d'avance. Après, j'ai assez d'expérience pour savoir que c'est un nouveau championnat qui recommence. Il y a quoi? Deux mois entre le dernier match de 2015 et le premier de 2016?

A peu près, oui.

Donc tout peut changer. A nous de bien nous préparer, en gardant notre philosophie à l'esprit.

Le comité du LS ne vous met pas de pression, d'accord, mais vous, les joueurs, est-ce que vous vous en mettez à l'intérieur du vestiaire?

Oui. Nous, on veut gagner tous les matches. C'est aussi simple que cela. On travaille pour cela, on se prépare pour cela.

Comment rester devant Wil? Six points d'avance, c'est beaucoup, mais ils s'annoncent encore plus redoutables, non?

Oui, sans doute. Je les attends très forts, comme je vous l'ai dit, mais nous, on va leur opposer nos valeurs collectives. Si chacun de nous progresse de 4 à 5%, juste ça, on sera à leur niveau. Et comme on travaille bien, en équipe, alors on va rivaliser avec Wil et ses moyens financiers bien supérieurs.

Le fait de ne pas partir en camp d'entraînement, est-ce un désavantage?

Non, pas forcément. Je préfère largement rester ici que partir dans de mauvaises conditions, par exemple. On peut bien travailler ici aussi. Après, pour l'esprit d'équipe, c'est un plus de se retrouver ensemble, entre nous, c'est sûr. Mais on est déjà vraiment bien soudés, on se connaît très bien.

Votre entraîneur Fabio Celestini nous a souvent dit au cours du premier tour que vous, personnellement, vous montiez petit à petit en puissance. Vous êtes d'accord avec ce constat?

Oui, bien sûr. Après deux ans où j'ai dû jouer dix matches en tout, il fallait que je retrouve le rythme, des sensations, pour apporter ce qu'on attend de moi sur le terrain, c'est-à-dire de la créativité. Cela va de mieux en mieux, mais j'ai une marge de progression encore. J'ai un mois devant moi jusqu'à la reprise du championnat, que j'espère bien mettre à profit pour être encore plus fort physiquement. Tout part de là, bien sûr.

L'objectif...

L'objectif, c'est d'être le meilleur possible, tout simplement. Je veux être le meilleur coéquipier que je puisse être. Je n'ai pas d'autre objectif personnel que celui-ci. Donner le meilleur de moi-même, tout le temps. Être au maximum possible de l'implication. Je veux surtout ne rien regretter à ce niveau-là. Et partant de ça, j'espère bien faire un bon deuxième tour. Je veux apporter encore plus.

Fabio Celestini vous demande d'être un leader dans le vestiaire?

Oui. Cela fait partie de mon rôle, tout comme «El Rifle» Pandiani, Arnaud Bühler, Jocelyn Roux au premier tour, Alex Pasche aussi. Je dois prendre la parole, apporter mon expérience. C'est ce qu'il attend de moi, dans le vestiaire et sur le terrain.

Vous qui avez joué au plus haut niveau en Suisse et en Espagne, vous pensez que Fabio Celestini peut entraîner à ces hauteurs-là?

Je vais me faire chambrer par mes coéquipiers, là... (sourire). Oui, il en a le potentiel. Il a le vécu comme joueur, déjà, et je l'imagine très bien dans quelques années comme entraîneur principal dans un grand championnat européen. Il a toutes les qualités pour cela.

Vous suivez encore de près les résultats de l'équipe de Suisse?

Oui, j'ai encore beaucoup d'amis et d'anciens coéquipiers qui y jouent. Bien sûr que je les suis.

On a parlé de cette Nati avec Daniel Gygax, qui y a joué à peu près en même temps que vous, et il nous a expliqué ne pas s'y reconnaître complètement. En gros, il n'aime pas les valeurs que cette jeune génération véhicule.

Pas moi. J'aime bien cette équipe de Suisse, elle a du tempérament. Par rapport à ma génération, mais encore plus à celle d'avant, je trouve qu'ils sont plus déterminés, qu'ils ont moins de barrières. Ils se fixent des objectifs plus élevés, comme d'aller dans des grands clubs, ils sont plus ambitieux à court terme. Sincèrement, j'aime bien cette génération, son absence de complexes.

Vous les voyez aller loin à l'Euro 2016?

J'espère bien!

Et vous, alors, cet été? Le retour en Super League avec le LS?

Je l'espère encore plus! Ce serait magnifique, non? Franchement, je ne vais pas le cacher, ce serait génial. Je vais avoir 32 ans dans quelques jours, mais je ne me pose pas la question de mon âge. Tout ce que je veux, c'est être le meilleur possible et continuer ma carrière encore des années. Si ça passe par la Super League, j'en serais le plus heureux.

Vous pensez déjà à l'après-football?

C'est difficile. Je passe mes diplômes d'entraîneur, j'ai le C. Disons que j'aimerais bien m'orienter dans cette direction. Mais j'ai encore largement envie de jouer au football.

On sent que vous prenez du plaisir dans cette équipe du LS. C'est plus motivant de jouer là, de faire partie de ce projet vaudois, que d'être à Winterthour ou à Schaffhouse, non?

Evidemment. Jouer là, dans le club-phare du canton, avec cette philosophie motivante, c'est une chance énorme. Et vous le remarquez aussi en regardant comment s'implique un joueur comme Walter Pandiani. Avec sa carrière...

On était à côté de lui en tribunes lors de Bienne-Lausanne et on l'a effectivement vu s'enflammer sur chaque action, comme un gamin.

Vous imaginez, avec son palmarès, un joueur comme lui, gueuler à chaque action d'un match de Challenge League? Mais c'est exactement ça! De toute façon, pour être performant, même à haut niveau, c'est ça la clé: s'amuser comme lorsque vous étiez gamin, dans le préau de l'école.

C'est possible quand on est professionnel, ça?

Mais complètement! C'est le plus beau! Au FC Zurich, mes plus belles années, on était une bande de gosses qui s'amusaient avec le ballon. On avait un entraîneur nommé Lucien Favre, qui insistait beaucoup sur le jeu, ce que je retrouve chez Fabio Celestini aujourd'hui. Cela aide, forcément, mais je peux vous assurer que du plaisir, on en prenait indépendamment des victoires. On était comme des gamins heureux de jouer au football, tout simplement.

Donc c'est possible...

Oui, si toutes les conditions sont remplies, bien sûr. C'est même souhaitable. C'est comme ça qu'on progresse encore.

A 32 ans, vous progressez encore?

Tous les jours. Comme je vous l'ai dit, mon âge ne m'intéresse pas. Ce que j'ai fait dans ma carrière, c'est derrière. La vérité, c'est que je me lève tous les jours pour être un meilleur footballeur que le jour d'avant.

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Les commentaires les plus populaires

  • Jean Neymar le 04.01.2016 15:22 Report dénoncer ce commentaire

    Allez Lausanne !

    Excellent article pour une fois, Bravo ! On va leur montrer à ces "Wilains" de quel bois on se chauffe ! J'espère qu'on va marquer un "Pa(k)et" de buts

  • Alex Fasel le 04.01.2016 16:07 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    LS

    Très belle interview, allez Lausanne

  • Didy le 04.01.2016 16:30 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Las

    Bravo. La classe vaudoise

Les derniers commentaires

  • Mister Mike le 05.01.2016 13:41 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Dommage dommage

    Un bon joueur ce margairaz qui malheureusement pour lui a détruit sa carrière au moment où il a signé au fc Constantin

  • Montreusien le 04.01.2016 19:21 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Trop d'émotion

    J'en ai la larme à l'oeil...

  • Sven le 04.01.2016 16:44 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Margairaz

    J'adore ce joueur !

  • Didy le 04.01.2016 16:30 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Las

    Bravo. La classe vaudoise

  • Alex Fasel le 04.01.2016 16:07 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    LS

    Très belle interview, allez Lausanne