Hockey – Finlande

09 février 2016 07:50; Act: 09.02.2016 08:08 Print

«J'irais bien à Genève ou Lausanne, pourquoi pas?»

par Oliver Dufour, Jyväskylä - Né à Berne, Dennis Saikkonen (23 ans) est jeune gardien au JYP, club deux fois champion de Finlande. Le garçon admet lorgner la LNA.

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Le jeune gardien maîtrise sept langues et possède pas moins de trois passeports: le suisse, le finlandais et le suédois (photo: Timo Savela)

Une faute?

Formé à Berne, un temps cerbère No2 des Ours de la capitale, puis des ZSC Lions, avant d’être enfin aligné dans l’élite suisse avec Ambri-Piotta la saison dernière, Dennis Saikkonen est déjà un petit phénomène. Au bénéfice des passe- ports suisse, finlandais et suédois, le jeune homme, sous contrat avec la 1re équipe du JYP et actuellement prêté au JYP-Akatemia, équipe ferme du club, sait s’exprimer en sept langues et suit en parallèle de sa carrière des études en psychologie. Rencontre.

Comment vous retrouve-t-on dans ce championnat?
L’entraîneur de l’académie, Jukka Ahvenjärvi, avait besoin d’un gardien et il est venu me chercher. Je n’ai pas réfléchi longtemps à la chance de vivre une expérience à l’étranger.

A votre nom, on imagine que vous êtes un peu chez vous à Jyväskylä....
Exact. Mon père est Suédois et ma mère Finlandaise. On venait ici chaque été en vacances. Mon frère aîné, âgé de 26 ans, vit aussi ici et travaille pour la Fédération finlandaise de hockey. Lors des championnats du monde, lorsque Suisse, Finlande et Suède jouent, ce n’est pas toujours facile. C’est un peu la guerre à la maison (rire)!

Avec tout ça, combien maîtrisez-vous de langues?
J’en compte six. Le finnois, le suédois, l’anglais, le français, l’allemand et le suisse-allemand, qui compte aussi à part entière, puisqu’il n’est pas compris en Allemagne. Et j’ai aussi commencé à apprendre le russe, donc ça fait sept. Le français, je l’ai appris à l’école avant de le perfectionner au HC Sierre (2011-2012). Philippe Bozon était alors entraîneur et on parlait beaucoup en français!

Comment se passe la répartition des matches disputés à l’Akatemia?
Coach Ahrenjärvi partage le temps de jeu équitablement avec l’autre gardien de l’équipe. Beaucoup de joueurs ici lui doivent énormément. Il permet à un maximum d’entre eux de se développer en ayant du temps de jeu, malgré le fait qu’il n’y ait pas assez de place pour tous. Il nous accorde sa confiance. C’est vraiment idéal. En plus, nous sommes le seul club dont la réserve évolue dans la même patinoire. Ailleurs, les jeunes joueurs doivent généralement rouler au moins deux heures pour rejoindre l’équipe ferme. Du coup, le staff de la première équipe peut plus facilement avoir un œil sur nous et suivre notre évolution.

On devine votre envie de rejoindre l’équipe première du JYP, en 1re division...
Bien sûr. J’avais fait mes débuts en SM-Liiga au printemps 2014. En play-off, qui plus est. Je suis entré en jeu lors du 7e match des quarts de finale! On a fini par perdre de peu, 4-6. Une expérience incroyable, phénoménale. Avant ce match, le public ne savait pas qui j’étais. Ca a un peu changé (rire)! Cette saison je n’ai pas encore été rappelé. Je dois être patient. Il y a une forte concurrence. Et en ce moment nous devons nous battre pour les play-off en ligue Mestis (D2).

Et la Suisse?
C’est aussi une option. Je ne veux fermer aucune porte. Que ce soit ici, ailleurs en Europe ou en Amérique du Nord. La saison dernière j’ai été prêté à Ambri-Piotta pour quelques matches et j’ai enfin pu jouer en LNA. A Berne et Zurich, j’avais été No 2 derrière Marco Bührer et Lukas Flüeler. Mais cette saison, mon club n’a pas voulu me laisser disputer des matches à l’étranger. Je surveille néanmoins la situation en Suisse. Je pourrais très bien jouer pour Genève ou Lausanne, pourquoi pas? Mais le plus important est que je puisse bien me développer ici. En vivant ici, je saisis aussi mieux comment la Finlande produit les gardiens parmi les meilleurs du monde.

Avez-vous un modèle?
Celui-là serait plutôt suédois: Henrik Lundqvist, des New York Rangers. C’est sans doute le meilleur. Mais j’aime observer tout le monde. J’emprunte des caractéristiques qui me plaisent chez tel gardien ou tel autre.

Il paraît que vous êtes aussi aux études...
C’est juste. L’automne passé j’ai entamé ma première année à l’université de Jyväskylä, en psychologie. Ca me permet d’avoir autre chose dans la tête que le hockey, même si celui-ci est mon choix No 1 et que je veux faire mon métier. Mais la préparation de l’après carrière commence déjà maintenant.

Twitter, @Oliver_Dufour