JOJ - Hockey

21 janvier 2020 10:23; Act: 21.01.2020 11:18 Print

«Parler hockey, mais pas avec le même accent»

par Robin Carrel, Prilly - Steve Dreyfus, Vaudois de 27 ans, est «responsable de la compétition hockey sur glace» à la Vaudoise aréna. Le tournoi touche à sa fin et on en a profité pour tirer un premier bilan de ces JOJ.

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Le Vaudois, avec René Fasel.

Une faute?

Steve Dreyfus a un agenda bien rempli. Il est juge de ligne en National League, travaille dans une banque de la région lausannoise et a passé les deux dernières semaines à Malley, à veiller sur les tournois de hockey à 3 contre 3, puis à 6 contre 6, dont il est le responsable. Une belle réussite qui valait bien une interview.

C'est quoi le bilan, à quelques heures de la fin des tournois?

Au niveau organisationnel, on a travaillé avec une centaine de bénévoles. Il a fallu les convoquer, les rencontrer plusieurs fois pour certains, on a créé des postes, il a fallu faire valider toute l'organisation par le CIO et la Fédération... C'était un gros travail de collaboration. Tout s'est bien passé et la vraie nouveauté, c'était ce tournoi à 3 contre 3 et il a fallu en créer les règles. Ça fait depuis l'âge de 4 ans que je suis dans ce monde, mon grand-père et mon oncle ont joué au LHC... De pouvoir créer ainsi un sport, une discipline, et participer à l'élaboration de règles, c'était juste génial. Et là, à Lausanne, on avait le produit final. Voir un Espagnol gagner une médaille d'or par exemple, c'est fou.

Vous avez dû aussi vous adapter au fur et à mesure, notamment au niveau des bandes...

Oui, et aussi simplement expliquer à ceux qui font la glace comment le faire avec ce format spécifique! On s'était greffé sur un tournoi en décembre pour essayer des choses, avec les bandes, les bénévoles et certains team-leaders pour simplement tester ça. Les retours étaient bons et là, avec tout ce show... C'était un joli voyage à faire ensemble. Il y a eu des périodes exigeantes que le public ne peut pas voir. Les transitions entre la cérémonie d'ouverture, le début du tournoi à 3 contre 3 le lendemain, où il fallait poser le premier puck à 16 heures, la phase entre cette discipline et le hockey standard... C'était extrêmement intéressant et un sacré challenge. J'ai eu la chance d'avoir une équipe magnifique.

Ça devait être presque plus intéressant en coulisses que sur la glace, pour vous...

C'est un projet de deux ans, très concret, que mon employeur m'a permis de réaliser. Surtout, ça permet de créer. Les lignes du hockey à 3, par exemple, c'est moi qui les ai proposées et ç'a été accepté tel quel. C'est génial de voir ça à Malley, dans une ville que je connais depuis tout petit. Ce sont donc toutes ces choses-là, qui sont très concrètes, pragmatiques, et qui ont en même temps une grosse valeur émotionnelle pour moi.

Le format 3 contre 3, il serait applicable chez les «grands», comme le 3 contre 3 au basket, par exemple, qui est devenu olympique?

Je pense que le but poursuivi dans ces JOJ 2020, c'était surtout de rendre populaire et de démocratiser le hockey sur glace. Quand j'allais jouer à Montchoisi étant petit, il suffisait d'une canne, de patins et d'un puck, et tu pouvais jouer. Là, c'était un peu pareil. Treize joueurs, tu rencontres douze copains qui viennent d'autres pays, avec un coach que tu ne connais pas parce que nommé par la Fédération internationale, et tu dois te battre pour une médaille avec eux. Les JOJ, c'est fait pour tester, pour échanger, éduquer et apprendre d'autres cultures. Après, pour son développement, tout est envisageable. Je m'imagine, avec l'expérience que j'ai du hockey, que si on joue avec un niveau 1re Ligue ou plus haut dans ce format, il faudra renforcer les structures... Les bénévoles en étaient à tenir les bandes pour des moins de 16 ans qui n'avaient pas le droit de faire de charges. Mais il n'y a pas eu de casse, ce qui veut dire que c'était assez bien.

Quelle est votre plus belle découverte sur ces deux semaines? Les Japonaises?

Découvrir d'autres cultures de hockey, clairement. Comme leur coach finlandais, par exemple, qui ne parle pas la langue. On doit traduire ses propos pour que son message puisse passer à ses joueuses. De l'autre côté, c'est la formidable machine du Canada. Le vestiaire est juste hallucinant et il y a pas mal d'anecdotes aussi à ce niveau-là. Le volume d'équipement, très professionnel... On voit vite les différences! Les Suisses, c'est plus machine à café et petits biscuits. C'est sympa de voir ça. Tout le monde parle hockey, mais pas avec le même accent.

Finalement, le plus beau compliment est venu du public, qui est venu en nombre.

Ça, c'est vrai, c'est magnifique. On a battu de loin, je pense, le record de spectateurs pour un match de hockey féminin en Suisse Dimanche matin, il a fallu ouvrir le deuxième anneau pour faire entrer tout le monde! Mettez-vous à la place des joueuses. Elles ont 16 ans ou moins et elles jouent normalement devant 50 personnes. Tout à coup, c'est plus de 5000. C'est ça qui est beau, ici. Autrement, ce sont les personnes que je connais des matches du Lausanne HC que je croise et qui me disent merci. C'est touchant. Là, on arrive à la fin et quand on a commencé, je n'aurais jamais pensé pouvoir faire une fois un truc pareil.

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(nxp)