Hockey sur glace

28 février 2019 13:33; Act: 28.02.2019 13:33 Print

Des racistes s'en prennent à un joueur et sa famille

par Cyrill Pasche - Un grave incident raciste a eu lieu lors d'un match de la ligue semi-pro au Québec. Un joueur de couleur et sa famille ont été pris à partie.

storybild

Jonathan Diaby, un joueur des Marquis de Jonquière, a été victime d'insultes racistes.

Une faute?

Jonathan Diaby, défenseur de 24 ans des Marquis de Joncquière, se réjouissait d'affronter les Pétroliers du Nord, l'équipe semi-pro de Saint-Jérôme, une ville non loin de chez lui.

Pour l'occasion, ses parents, sa tante, sa soeur, son beau-frère et sa belle-mère, mais aussi la petite amie du joueur ainsi que trois de ses amis avaient tous fait le déplacement pour venir l'encourager, rapporte le média québécois La Presse+.

Les événements ont toutefois très rapidement dégénéré. Dès le début du match, Jonathan Diaby s'est fait traiter de babouin par certains fans adverses. D'autres lui ont suggéré de manger des bananes.

Alors qu'il venait d'écoper d'une pénalité, un autre fan s'est approché de lui vers le banc des pénalités et lui a montré sur son téléphone portable une vidéo d'un singe. Le tout sans être inquiété par le service de sécurité...

Le capitaine des Marquis, Alexandre Quesnel, s'est retrouvé sur le banc des pénalités avec Diaby et a raconté ce qu'il y a vu. «Un partisan a montré à Jonathan une vidéo d'un singe qui dansait. C'était clairement motivé par du racisme. Jonathan était affecté. Il avait le coeur gros. Il s'est mis à pleurer, la tête dans son chandail. Moi aussi, j'avais les larmes aux yeux. Tu ne veux pas voir quelqu'un que t'aimes avoir de la peine comme ça.»

Après avoir purgé sa pénalité, Alexandre Quesnel s'est entretenu avec l'arbitre. «Je lui ai demandé d'appeler la sécurité pour expulser le gars de l'aréna. Mais la sécurité n'a rien fait.»

Famille pris à partie

Pendant ce temps dans les gradins, sa famille et ses proches étaient pris à partie et victimes d'insultes racistes de la part de certains fans, sous l'oeil indifférent des autres spectateurs.

Le service de sécurité, lui, n'est jamais intervenu. «Je commençais à perdre mon sang-froid», a raconté Diaby à Radio-Canada. «Puis j'ai regardé vers la section où se trouvait ma famille. Mon père était pris dans une mêlée avec quatre personnes. Tout le monde criait. Ma copine s'est fait prendre le bras par un monsieur. Je voyais qu'elle n'était pas bien. Ma soeur, même affaire. Elle a dû changer de siège. J'entendais les commentaires racistes. J'étais déconcerté.»

Sentant que sa famille n'était plus en sécurité dans les gradins, Diaby a mis un terme à son match avant la fin de la deuxième période pour aller rechercher ses proches dans les gradins avant de quitter la patinoire par ses propres moyens en leur compagnie et sans aucune aide de la part du service de sécurité...

Une bien triste histoire.

Hockey

(nxp)