Hockey sur glace

13 septembre 2019 07:37; Act: 13.09.2019 12:55 Print

Ge/Servette débarque son directeur!

Christophe Stucki n'est plus le CEO des Aigles. Une annonce qui tombe le jour de la reprise. Explications.

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Christophe Stucki et Ge/Servette: le dicton «Ensemble, toujours!» ne correspond plus à la réalité. (Photo: Eric Lafargue)

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Ce n'est pas vraiment le meilleur moment pour faire sa révolution. Mais Ge/Servette a décidé de prendre une décision qui claque fort pour un jour de reprise. Alors que les Aigles prennent ce vendredi la route vers Langnau pour ouvrir leur saison, voilà que Christophe Stucki prend la direction de la sortie. Le CEO est débarqué, a-t-on appris de plusieurs sources proches du club. Le principal intéressé a pris acte de la volonté des dirigeants actuels de restructurer les arcanes de Ge/Servette.

C'est la deuxième fois que Christophe Stucki est écarté de ce poste-clé. On se souvient qu'en septembre 2016, juste après la prise de pouvoir des investisseurs canadiens dénichés par Hugh Quennec, il avait «réorienté sa carrière» en honorant un mandat dans une banque privée genevoise.

Cette première mise à l'écart avait marqué la fin d'une époque (de 2011 à 2016) sportivement dorée aux Vernets, avec notamment trois participations consécutives aux demi-finales en 2014, 2015 et 2016. On parlait beaucoup d'une sorte de dream team efficace en diable. Avec un Chris McSorley à la manoeuvre et un bras droit, Christophe Stucki, parfaitement complémentaire pour combler les brèches d'une gestion «unique» en son genre dans le monde du sport en Suisse.

Lorsque l'ouragan canadien a laissé dans son sillage un club dévasté au printemps 2018, les premières décisions du sauveur - la Fondation 1890 - ont été de réunir à nouveau les deux hommes forts. Chris McSorley sur le banc et aux affaires sportives, Christophe Stucki à la conduite des affaires. Pour faire comme avant, agir dans l'urgence et rassurer. Deux ans plus tard, et après un travail de consolidation et de reconstruction bien conduit, la situation a évolué.

Communication ce vendredi

Bien des choses ont changé avec la prise de pouvoir de «l'actionnaire», comme l'appellent les dirigeants actuels. Un actionnaire qui a décidé que ses clubs seraient dirigés dans les règles de l'art. Pour réguler le tout, il a créé la société Genève Sport, émanation directe de la Fondation 1890, et qui chapeaute donc les activités sportives liées au football, au hockey et au rugby.

C'est dans ce cadre administratif qui vise à centraliser un maximum d'activités (comptabilité, gestion immobilière, service informatique) qu'ont été regroupés plusieurs employés des diverses sections sportives du monde Grenat. Et c'est dans ce cadre là que n'entrait plus, visiblement, Christophe Stucki. Contactés jeudi soir, les dirigeants ont indiqué qu'ils communiqueraient ce vendredi sur le sujet. Un sujet qui ne manquera pas d'alimenter les discussions dans les travées des Vernets, samedi soir à l'occasion de la venue du HC Bienne.

Certains y verront une logique évolution vers une normalisation du fonctionnement de Ge/Servette. D'autres ne manqueront pas de souligner qu'avec la mise à l'écart de Christophe Stucki, c'est encore un vestige des années Chris McSorley qui s'estompe. On lui a enlevé son équipe, on lui a enlevé son pub (il s'appelle désormais le Prime's), on lui enlève son directeur général. L'actionnaire fait le ménage. Lentement. Sûrement. Sans faire de vague.

Le directeur sportif ira-t-il jusqu'au bout de son mandat qui expirera à l'automne 2023? Il est désormais permis d'en douter.

Grégoire Surdez

Hockey

(Sport-Center)