Hockey sur glace

18 mai 2019 15:21; Act: 18.05.2019 17:34 Print

Haas: «On en a marre de perdre contre la Suède»

par Grégory Beaud - Ce soir (20h15), l'équipe de Suisse voudra sa revanche de la finale du dernier mondial. Face à la Suède, Gaëtan Haas compte bien effacer le souvenir de 2018.

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(Photo: Keystone)

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Tout le monde a encore en tête les images de la finale du dernier championnat du monde à Copenhague. Cette défaite lors de la séance de tirs aux buts a mis du temps à être digérée, notamment par Gaëtan Haas. Avant cette rencontre de la phase de poules, nous avons pris la température dans le camp suisse avec le joueur de centre du CP Berne.

Gaëtan Haas, dans quel état d'esprit vous trouvez-vous?

Tout va plutôt bien actuellement. Le début de tournoi s'est bien passé même si nous n'avons pas eu que de rencontres faciles. Nous avons su gérer des scores et j'ai l'impression que les matches à venir contre les grosses nations tombent au bon moment pour nous. Surtout celui-ci contre la Suède. A vrai dire, on en a un peu marre de perdre contre cette équipe. On est capables de les chatouiller et même de les battre.

Cette finale de 2018, comment l'avez vous digérée? Durant tout l'été, je l'ai eue en travers de la gorge. J'ai eu besoin d'une vraie pause en été. De ne plus aller sur la glace. Ça a été dur à accepter. On avait vraiment fait un bon quart et une bonne demi-finale. Nous étions arrivés en finale avec une grande confiance. Nous étions convaincus d'avoir notre chance. Et puis voilà nous avons perdu lors des tirs aux buts. Beaucoup de joueurs sont toujours présents cette année et aurons à coeur de prendre notre revanche.

Un match qui s'annonce compliqué face à la meilleure attaque du tournoi.

Pour l'instant, nous avons tenu et fait de bon matches défensivement. Offensivement, nous avons de nombreux joueurs capables de pouvoir marquer. Ce sera désormais un bon test. Mais mentalement, nous avons fait le job en gagnant 12 points sur 12 possibles. Les années précédentes, cela n'allait pas toujours de soi.

L'esprit dans le vestiaire est-il le même que l'an dernier?

On a un groupe qui vit bien ensemble et (Tristan Scherwey lui met un petit coup sur l'oreille). Ouais voilà Vous voyez (rires). A force nous nous connaissons bien. Ici, nous sommes sortis deux fois manger en ville. Cela renforce les liens du groupe. Nous sommes très soudés sur la glace, mais pas que.

A titre personnel, vous avez été blessé durant les play-off et êtes revenu en finale seulement. Comment cela s'est passé?

Le chemin a été long. Lorsque je me suis blessé en quart de finale, ma saison était presque terminée. Heureusement que les copains nous ont amenés en finale. Et là tout s'est bien passé pour moi. J'ai aidé l'équipe comme je pouvais. Mon retour a amené une belle profondeur.

Surtout que vous auriez dû être absent plus longtemps, non?

Exactement. Mais cela s'est passé dans la tête. Je me suis cassé le doigt lors du match V contre Genève et j'ai dû me faire opérer le lendemain. Les médecins me disaient à cet instant que j'allais en avoir pour six semaines afin que l'os soit refait. Mais je leur ai dit que je rejouerais. Du moment où j'ai pris cette décision, je savais qu'on devrait nous qualifier pour la finale. Et même là c'était trop tôt. Après la défaite lors du premier match de finale contre Zoug, cela faisait trois semaines et demie que j'avais été opéré. Le coach m'a demandé comment je me sentais. J'ai dit que je pouvais jouer. Mais je ne savais pas comment je pourrais le faire.

Durant toute cette période de convalescence, vous étiez sur la glace à faire du cardio et sembliez souffrir.

Oui, j'en ai chié pendant deux semaines à faire du patinage sans le puck. Sans ça, jamais je n'aurais pu revenir au niveau où je suis revenu. Si tu rates deux ou trois semaines de glace, c'est compliqué. Dans la tête, ce n'était pas facile de m'entraîner uniquement à faire des tours de patinoire. Mais j'ai poussé avec la tête.

Et ne pas venir au mondial dans la foulée pour vous concentrer sur une éventuelle aventure en Amérique du Nord, c'était une option?

Après le titre, j'y ai pensé. Mais je ne suis pas le gars qui va refuser l'équipe de Suisse. C'était un objectif depuis le moment où j'ai commencé à jouer en LNA. Patrick Fischer m'avait appelé durant les play-off au moment où je me suis blessé. Lorsqu'il a repris contact avec moi après la finale, je n'ai pas pu lui dire non. Je n'aurais pas réussi. Même en sachant que physiquement je ne serais peut-être pas autant bon que l'an passé. Je savais que je pouvais aider l'équipe. Surtout après la blessure d'Enzo Corvi. Il manquait du monde au centre. C'était finalement clair que je viendrais.

Avec aucun but et une seule passe décisive, n'avez-vous pas peur de vous faire une mauvaise publicité vis-à-vis de la NHL?

Non. Les clubs qui me suivent me connaissent. Tout ne se joue pas sur un seul tournoi. Ce n'est pas quelque chose que j'ai en tête actuellement. Mais c'est vrai que de quitter la Suisse pour tenter ma chance en Amérique du Nord est une chose qui m'intéresse. Sinon je n'aurais pas fait mettre une clause libératoire dans mon nouveau contrat.

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