Hockey

18 juillet 2014 12:36; Act: 18.07.2014 12:43 Print

Le prochain challenge de Reto Berra

Parti vivre son rêve en Amérique du Nord, Reto Berra a connu des hauts et des bas la saison passée entre la NHL à Calgary et l'AHL à Abbotsford.

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Le 5 mars, le gardien zurichois a été échangé à l'Avalanche du Colorado et neuf jours plus tard, il signait pour trois ans avec la franchise dirigée par Patrick Roy. Le mercure titille les 30 degrés en ce jour de juillet à Verbier. La piscine du centre sportif vibre au son des cris d«enfants. Derrière, sur la glace de la patinoire, le camp de François Allaire bat son plein et depuis plus de vingt ans les meilleurs portiers enchaînent les exercices sous l«il avisé du responsable des gardiens de l«Avalanche du Colorado. Parmi ces acharnés de travail se trouve Reto Berra.

Le Zurichois vit son troisième camp, mais pour la première fois celui qui conduit les exercices se trouve être son patron. «J'ai beaucoup de chance, relève l'ancien cerbère de Bienne et Davos. François est peut-être le meilleur entraîneur de gardien dans le monde et le head coach de Colorado s'appelle Patrick Roy. Je ne sais pas s'il existe une situation plus enviable que la mienne. C'est une incroyable opportunité et j'essaie d'emmagasiner le plus d'informations possible.»

En une saison outre-Atlantique, Reto Berra a déjà pas mal bourlingué. 29 rencontres avec les Calgary Flames où il a partagé le filet avec Karri Rämö, puis un trade qui l'a envoyé dans le Colorado. A Denver, il ne joue (et perd) que deux matches, mais l'Avalanche lui accorde un contrat de trois ans lui rapportant 1,45 million de dollars par saison. Auteur d'un fantastique championnat, le titulaire Semyon Varlamov a paraphé une entente de cinq ans valant 29,5 millions de dollars.

De quoi lui assurer pour un moment la place devant le filet de l'Avalanche. Mais il en faut plus pour déranger le Zurichois de 27 ans: «J'ai observé le style de Varlamov et j'apprends en permanence. Il est extrêmement rapide. Etre numéro deux ne me gêne absolument pas. En allant en NHL, j'ai accepté de repartir de zéro. Même si je ne joue pas beaucoup, je vais m'améliorer et accumuler de l'expérience. Je ne peux pas tirer de plans sur la comète, je dois prendre ce qui vient et ce qu'on me donne.»

Lorsque la franchise dirigée par Patrick Roy a choisi d'investir un second tour de draft pour acquérir ses services, de nombreux observateurs ont écarquillé les yeux en estimant que Colorado avait payé très cher les services du Zurichois. Ce n'est pas le cas de François Allaire. Le Québécois de 54 ans, qui a redonné une seconde jeunesse au style papillon, n'a aucune peine à justifier le choix de l'organisation: «On a souhaité renforcer notre système immédiatement. Reto peut jouer une vingtaine de matches en une saison et remplacer Varlamov lorsque le besoin s'en fait sentir. Le choix de repêchage abandonné aurait pu être utile dans cinq ans, pas aujourd'hui. Je connaissais Reto et je trouvais plus intelligent de travailler avec quelqu'un dont je connais les qualités.»

Dans les Rocheuses, l'international helvétique n'a pas encore eu l'occasion de montrer ses qualités. Mais la confiance placée en lui par le staff lui met de la pression sur les épaules. «Comme toujours, lâche-t-il dans un soupir mêlé de rire. A Bienne quand on dispute le barrage de promotion/relégation, il y a de la pression. Cela fait partie du sport de haut niveau. Mais il y a surtout une culture de la gagne extrêmement forte prônée par Patrick Roy.»

(ats)