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14 septembre 2018 09:50; Act: 14.09.2018 10:17 Print

Le vibrant témoignage d'un gardien alcoolique

Le portier suédois Robin Lehner, qui vient de s'engager avec les New York Islanders, s'est ouvert dans une interview, avouant avoir songé à mettre fin à ses jours.

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Le gardien suédois Robin Lehner a dû faire face à ses démons. (Photo: AFP)

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Dans une entrevue accordée au site «Theathletic.com», le gardien suédois Robin Lehner (27 ans), qui a défendu les filets des Ottawa Senators et des Buffalo Sabres avant de s'entendre avec les New York Islanders le 1er juillet 2018, livre un vibrant témoignage: dépendant à l'alcool et à la drogue, il a songé à mettre fin à ses jours la saison dernière.

«Je me sentais sévèrement déprimé et je buvais une caisse de bières par jour pour calmer mes démons. Et je prenais des somnifères pour dormir. Je m'automédicamentais parce que je ne pouvais pas supporter d'être seul à l'intérieur de moi-même. J'avais des pensées suicidaires C'était réel et c'était proche.»

Une crise de panique majeure

Ainsi que le relaie «Radio-Canada», Lehner a pris conscience de la gravité de la situation le 29 mars dernier durant la deuxième pause d'un match contre les Detroit Red Wings, un duel qui fut son dernier avec Buffalo. «J'avais de la peine à enlever mon équipement, j'ai fait une crise de panique majeure. Je croyais souffrir d'une attaque cardiaque. Je n'avais aucune idée de ce qui m'arrivait. Je ne pouvais pas retourner sur la glace.»

Lehner a alors recouru au programme d'aide mis en place par la NHL et l'association des joueurs (NHLPA), et a été admis dans une clinique spécialisée située dans le désert de l'Arizona. «On m'a placé dans une chambre pour m'aider à retrouver la sobriété et à évacuer tout ce qu'il y avait dans mon corps. Ai-je mentionné que j'ai pris des somnifères presque toutes les nuits pendant sept ans? Ma désintoxication a duré trois semaines dans cette chambre. On m'a dit que c'était l'une des pires qu'ils avaient vue.»

Bipolarité

Au fil des semaines, le corps médical pose un diagnostic sur la source du problème du portier: il est bipolaire. «Dans mes phases maniaques, je me sens habituellement bien, mais je prends beaucoup de décisions impulsives. Au point culminant de ces phases, je ne me souciais pas des conséquences ou des répercussions. Je pensais que j'étais le meilleur dans tout ce que je faisais et que mes pensées étaient les bonnes.» Et d'ajouter: «Pendant la dépression, c'était l'enfer. Rien ne comptait, même pas la famille. Je croyais que tout le monde était contre moi. Je ne voulais pas m'entraîner, je voulais à peine jouer.»

De retour chez lui, Lehner n'a pas reçu de nouvelle proposition de contrat avec les Buffalo Sabres. Les Islanders lui ont offert une chance de rebondir en lui accordant un pacte d'un an d'une valeur de 1,5 million de dollars américains.

S'il a décidé de parler, dit-il, «c'est parce que je veux que les gens sachent qu'il y a de l'espoir dans le désespoir».

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(Sport-Center)