Hockey sur glace

15 mai 2019 07:55; Act: 21.05.2019 12:02 Print

Ralph Krueger entraîneur en chef des Buffalo Sabres

L'ancien sélectionneur de la Nati reprend du service au bord de la glace. Il dirigera l'équipe new-yorkaise de NHL.

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Il avait dit qu'il reviendrait. Il est bien de retour. (photo: AP)

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Titulaire d'un passeport suisse depuis quelques semaines, Ralph Krueger (59 ans) est de retour dans le monde du hockey. L'ancien sélectionneur de l'équipe de Suisse (de 1998 à 2010) a été nommé 19e entraîneur en chef des Buffalo Sabres (NHL) dans la nuit de mardi à mercredi. Le Manitobain vivra ainsi une deuxième aventure derrière le banc d'une organisation de la Ligue professionnelle nord-américaine: en 2012-2013, il avait dirigé les Edmonton Oilers, et avait été congédié au terme d'un exercice qui n'avait pas permis à l'équipe de l'Alberta de se qualifier pour les play-off.

Krueger revient dans les patinoires après avoir présidé pendant cinq ans (de 2014 à 2019) le Southampton FC. Il avait quitté ses fonctions au sein du club anglais de Premier League le 12 avril dernier.

Pendant plus d'une décennie, cet ancien joueur modeste avait posé sa griffe sur une sélection helvétique qu'il était toujours parvenu à maintenir dans le plus haut groupe mondial à une époque où la Suisse ne comptait qu'un seul joueur de champ établi en NHL (Mark Streit depuis 2005).

Changement de mentalité et exploits

Alors apôtre d'un jeu méthodique basé sur la rigueur défensive, Krueger avait été à l'origine d'un changement de mentalité dans une sélection qui avait réussi quelques exploits mémorables sous sa férule. En 1998, aux Mondiaux de Zurich et Bâle, le père de Justin (défenseur de Berne) avait guidé Marcel Jenni et ses coéquipiers jusqu'en demi-finale. En 2000, aux Mondiaux de Saint-Pétersbourg, la Suisse avait battu les stars russes devant un Vladimir Poutine médusé (3-2). En 2006, aux Jeux olympiques de Turin, Krueger avait savouré deux performances historiques: la Suisse avait épinglé deux nations articulées autour de vedettes de la NHL: 3-2 contre la République tchèque de Jaromir Jagr, 2-0 face au Canada de Martin Brodeur. En 2010, aux JO de Vancouver, Jonas Hiller et ses pairs avaient contraint le Canada de Sidney Crosby à disputer une prolongation et avaient semé le doute sous les casques américains en quarts de finale (revers 2-0). Ce match fut le 298e et dernier de Ralph Krueger derrière le banc de l'équipe de Suisse.

L'ère du sélectionneur canadien avait également été parsemée de quelques points plus noirs. En 2002, lors des JO de Salt Lake City manqués, Krueger avait renvoyé deux joueurs au pays, officiellement pour ne pas avoir respecté un couvre-feu: l'épisode avait été le point de départ d'une relation conflictuelle avec l'attaquant Reto Von Arx et avec le HC Davos. En 2009, la Suisse avait échoué au 9e rang au terme des Mondiaux de Berne et de Zurich où les attentes étaient élevées.

Aux JO de Sotchi et à la Coupe du monde

Même s'il s'était éloigné des patinoires après son échec à Edmonton, le technicien canado-suisse n'avait pas coupé le cordon avec un milieu qui le passionnait. Il nous l'avait dit en 2015 dans son bureau de président des Saints: «Un jour, je reviendrai. Je ne sais ni où, ni dans quelle fonction, ni quand. Mais je reviendrai.» À deux reprises, les propriétaires du Southampton FC avaient libéré Krueger pendant quelques semaines pour lui permettre de revenir furtivement au bord de la glace. En 2014, il avait intégré le coaching staff du Canada aux JO de Sotchi; en 2016, il avait dirigé la sélection européenne à la Coupe du monde.

A Buffalo, Ralph Krueger succède à l'ancien défenseur des GCK Lions Phil Housley, qui a été congédié au terme d'une saison 2018-2019 ordinaire ponctuée par une exclusion des séries éliminatoires (82 matches, 76 points). Il hérite d'un club en reconstruction qui repose notamment sur deux jeunes vedettes: le défenseur suédois Rasmus Dahlin (1er choix du repêchage 2018) et le centre américain Jack Eichel (2e choix du repêchage 2015).

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(emf)