Hockey - NHL

10 janvier 2019 07:18; Act: 10.01.2019 07:18 Print

Roman Josi: «L’objectif, c’est la Coupe Stanley»

par Emmanuel Favre, Montréal - Le défenseur bernois des Nashville Predators a adoré jouer pour la Suisse aux Mondiaux 2018. Cette année, au mois de mai, il préférerait être engagé avec son équipe de NHL.

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Le Suisse ne cache pas ses ambitions. (Photo: Keystone/AP/Mark Humphrey)

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Roman Josi, vous êtes le deuxième meilleur compteur des Nashville Predators (30 points en 43 matches) et votre équipe figure dans le quatuor de tête de la Conférence Ouest (43 parties, 53 points). A part ça, ça va?

C’est vrai que, d’une manière générale, cela se passe plutôt bien. On a connu un petit passage à vide après une bonne entame de championnat. Mais rien de bien alarmant. Comme on a su rebondir, on a montré qu’on avait du caractère.

Vous jouez régulièrement plus de 25 minutes par match. C’est usant, non?

Non, c’est génial! Jouer autant, enchaîner les matches, j’adore ça. Le plus important, c’est de savoir gérer les plages de repos et de conserver toute son énergie pour le début de la prochaine partie.

Le plus éreintant, c’est...

... les voyages. Même si la majorité des vols sont courts, entre 90 minutes et deux heures, un déplacement prend toujours du temps. Et on arrive tard chez soi ou à l’hôtel. Il n’est pas question de m’en plaindre, mais il faut savoir composer avec ce paramètre pour ne pas gaspiller son énergie. Et puis, quand on a le privilège de faire le métier le plus fun du monde, on prend aussi les contraintes.

En tant que capitaine, avez-vous aussi des obligations qui grignotent cette énergie?

J’ai des obligations, oui, mais pas plus que tous les autres membres de l’équipe. A Nashville, nous sommes très impliqués dans la communauté pour promouvoir notre organisation. Et pour tout vous dire, c’est une fonction très plaisante.

Vous patinez dans la meilleure Ligue du monde depuis 2011. Il y a huit ans, vous n’étiez que cinq Suisses à y évoluer sur une base régulière; aujourd’hui, vous êtes onze, voire treize si on prend Luca Sbisa et Dean Kukan en considération...

Avant, il y avait une tradition avec les gardiens, Aujourd’hui, nous sommes des joueurs de champ et nous devons tous beaucoup à Mark Streit, qui a été un précurseur et qui nous a ouvert le chemin. En tout cas, je lui suis très reconnaissant d’avoir assumé ce rôle de pionnier. Cette évolution démontre que le programme de développement enseigné en Suisse est bon. Le parcours de l’équipe de Suisse M20 aux derniers Championnats du monde (ndlr: quatrième place finale) est une nouvelle démonstration de la qualité du travail opéré dans notre pays.

Longtemps, la Suisse a manqué d’attaquants de classe mondiale...

Mais cela n’est plus le cas, et cela souligne les progrès effectués dans tous les secteurs. Chez nous, à Nashville, nous avons Kevin (Fiala) et il est vachement bon. Timo (Meier) est en feu avec San Jose, Nico (Hischier) prouve chaque soir qu’il méritait la position de No 1 au repêchage de 2017 et Nino (Niederreiter) reste un gros buteur.

Si on vous dit «mai 2018» et «Copenhague»...

(Énorme sourire). Quelle belle aventure avec l’équipe de Suisse aux Mondiaux! C’est sûr, j’aurais espéré une meilleure fin que cette défaite aux tirs aux buts contre la Suède en finale. Mais l’épopée restera gravée dans la mémoire, comme celle de 2013 en Suède d’ailleurs.

On sait que vous adorez jouer pour la Suisse, mais on devine que vous souhaiteriez sécher les Mondiaux 2019 pour de bonnes raisons...

Ah c’est sûr que si on pouvait aller chercher la Coupe Stanley, je trouverais ça cool.

Vous avez l’équipe pour concrétiser l’objectif, non?

On a une très bonne équipe, plus mature qu’il y a deux ans lorsque nous avions perdu la finale contre Pittsburgh (ndlr: et Mark Streit). Mais, attention, le piège serait de penser que nous sommes déjà en play-off. La réalité est différente: nous ne sommes qu’à la mi-saison et nous devons d’abord tout mettre en place pour nous qualifier pour les séries. La Coupe, c’est clair, c’est l’objectif. Mais le chemin pour le réaliser est long, très long.

A la fin du mois de janvier, vous participerez à votre deuxième week-end du All Star. Fier?

Oui, très! C’est un honneur d’être retenu pour un tel événement. Mais je n’aurais jamais pu être sélectionné sans l’apport de mes coéquipiers chez les Predators.