Coupe du monde de snowboard

18 décembre 2008 11:26; Act: 18.12.2008 11:49 Print

«J'ai l'habitude d'avoir ma maison dans ma voiture»

Ce week-end, la Coupe du monde fait son retour à Arosa pour des slaloms parallèles et des boardercross. L'occasion de rencontrer Gilles Jaquet, désormais entraîneur des Slovènes.

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Après 15 ans à courir le monde dans la peau d'un coureur, le Neuchâtelois Gilles Jaquet profite de l'occasion pour revenir en Suisse mais cette fois en tant qu'entraîneur et sous les couleurs de l'équipe slovène.

-Gilles Jaquet, vous avez repris les rênes de l'équipe nationale de Slovénie d'alpin en août. Comment se sont passés ces premiers mois dans votre nouvelle fonction?
- C'est plutôt positif. Comme j'ai toujours eu un intérêt pour le coaching, même lorsque j'étais coureur, je prends du plaisir à pouvoir transmettre ce que j'ai appris et aussi ce que j'aurais voulu recevoir en tant qu'athlète durant mes années de compétition.

-Comment êtes-vous devenu entraîneur de l'équipe slovène?
-J'ai l'avantage d'avoir toujours entretenu des bons contacts sur et hors des pistes avec tout le monde. En plus, le leader de l'équipe Rok Flander est un de mes amis. J'ai offert mes services à la fédération, Rok a un peu travaillé à l'interne et voilà! Mes résultats en Coupe du monde me confèrent aussi une crédibilité à laquelle les dirigeants ont sûrement été sensibles (réd. champion du monde FIS et ISF, 15 victoires et 36 podiums, 3 participations aux Jeux olympiques).

-Les moyens de la fédération slovène diffèrent sûrement de ce que vous avez connu en Suisse, non?
-Disons que les infrastructures ne sont pas les mêmes du tout. La saison passée, c'était pas mal. Mais il y a eu des problèmes avec le budget et les comptes de la fédération. Aujourd'hui la situation financière est très instable. Je ne suis pas sûr de recevoir mon salaire à la fin du mois. J'essaye de réduire les coûts des déplacements et j'espère qu'un sponsor se manifestera rapidement.

-N'y avait-il pas la possibilité de faire partager votre expérience au sein de Swiss-Ski ?
-Non, il n'y avait pas de place. On verra après les JO de Vancouver en 2010, ça me laisse aussi le temps de passer tout mes diplômes d'entraîneur et d'instructeur. Lorsque j'ai eu l'occasion de pouvoir tout de suite coacher au niveau de la Coupe du monde, je n'ai pas hésité longtemps. Même si j'aurais aussi eu du plaisir à transmettre ma passion dans un cadre régional, à des jeunes.

-Quelles sont les grands principes de l'entraîneur Gilles Jaquet ?
-En tant qu'athlète, j'ai toujours apprécié de pouvoir bosser avec un chrono... un qui marche! Et également avec des images. Donc on travaille pas mal avec de la vidéo. En ce qui concerne la technique, j'ai pris ce que je trouvais de bien chez mes différents entraîneurs. J'ai également intégré des idées venant d'Autriche et celles de plusieurs Valaisans avec qui j'ai eu l'occasion de travailler.

-Le slovène est une langue qui n'a pas grand chose à voir avec le français. Vous prenez des cours pour faire passer votre message ?
-Non, pas vraiment. Tous les membres de l'équipe maîtrisent très bien l'anglais, donc tout se passe dans cette langue. J'ai bien un CD pour apprendre le slovène, cela me permet de glisser un mot ici ou là à l'attention de mes coureurs, ils trouvent ça sympa.

-Cette jeune équipe est plutôt prometteuse ?
-Oui, tout à fait. Nous avons notamment dans nos rangs le champion du monde junior Jure Hafner (19 ans). Bien sûr Rok Flander a déjà prouvé depuis plusieurs saison qu'il était le leader de ce team, même s'il est actuellement encore diminué par une pneumonie contractée en début de saison.

-Rok Flander est votre pote. Est-ce plus compliqué de coacher un ami?
- Oui et non. D'une part on se connaît bien, donc je sais exactement ce que je peux lui dire pour qu'il soit au top au moment de la course. D'autre part je dois faire attention à ne pas trop le privilégier, à donner autant d'attention aux autres coureurs. J'aurai besoin de plus de temps pour gagner leur confiance, même si les feedbacks actuels sont encourageants.

-Vous avez voyagé à travers le monde comme coureur durant presque 15 ans. Le fait d'être toujours en route ne vous pèse pas?
-Non, j'ai pris l'habitude d'avoir ma maison dans ma voiture (rires)! J'aime bien être tout le temps en route et je m'adapte très vite aux nouvelles destinations. En plus, avec le temps, on devient très efficace. Je n'aime pas rester trop longtemps au même endroit, sauf à la maison parfois.

(ats)