Mondiaux à Garmisch

12 février 2011 15:10; Act: 12.02.2011 17:42 Print

«Je suis très content d'avoir obtenu l'argent»

par Marc Fragnière, Garmisch-Partenkirchen - Didier Cuche est allé au bout de lui-même pour obtenir l'argent de la descente des Championnats du monde 2011.

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Seul le Canadien Erik Gay, qui a tiré un avantage de son petit numéro de dossard, s'est montré plus rapide que le Neuchâtelois.

Didier, quel est votre sentiment après votre deuxième place ?

J'ai pensé même avant le départ que ce serait difficile d'aller chercher une médaille. Je suis satisfait de cette 2e place. Je suis plus allé chercher ce 2e rang que je n'ai manqué la victoire. Par ailleurs, une médaille n'est jamais gagnée d'avance.

Avec votre dossard n°18 était-il objectivement possible d'espérer mieux ?

Il faudrait que l'on se pose la question sur ces histoires de dossards. Durant toute la saison, on se bat pour être devant, et au final on se retrouve désavantagé. Sur la Coupe du monde où la régularité paie, ça passe encore. Mais aux championnats du monde ou aux Jeux olympiques, on devrait réfléchir à un autre mode de fonctionnement.

La victoire était donc impossible à aller chercher aujourd'hui ?

Non, ça aurait été difficile de gagner aujourd'hui, mais ça aurait pu se jouer au centième près. Si j'avais réussi à skier l'entrée du Tröglhang (n.d.l.r: un passage sis une vingtaine de secondes après le départ) aussi bien que je l'avais fait la veille à l'entraînement. Hier je l'avais parfaitement négocié et j'avais pris un bon dixième d'avance sur tout le monde. De plus, ce passage détermine la vitesse à l'entrée du plat. J'ai également perdu un peu de temps à l'Eishang avant le saut. Ma petite erreur juste avant l'arrivée a dû me coûter au maximum 4-5 centièmes.

Par ailleurs, un athlète se focalise toujours sur la gagne, même si les chances sont très petites. Je savais au vu des conditions que ça risquait d'être très difficile. C'est pour cela que je suis très content d'avoir obtenu une médaille.

Avez-vous été perturbé par le start-stop qui a eu lieu juste avant votre départ, en raison de la chute d'Aksel Svindal dans l'aire d'arrivée ?

Ce qui m'a le plus perturbé c'est que j'avais déjà besoin de faire pipi avant parce que je me suis un peu loupé dans mon timing. Et comme on ne savait pas si l'interruption de course allait longue ou pas, j'avais déjà enlevé mon dossard pour aller aux toilettes.

Vous avez connu d'autres péripéties en vue de cette descente...

Oui, et je souhaite aussi dire un grand merci à mon serviceman (n.d.l.r: Chris Krause) pour son travail. Vers 21h hier soir, il s'est rendu compte que le ski qu'il avait préparé durant toute la journée était cassé sous la fixation. Il a dû tout reprendre à zéro à partir de 22h. Il n'a pas dû dormir plus de 3 heures cette nuit.
On a pris le 2e choix de ski. On avait d'abord choisi la paire qui a gagné à Kvitfjell l'an dernier.

On s'est mis à table une demi-heure et potassant les papiers des différents tests que nous avons effectués ces 2-3 dernières années. On a hésité entre un ski avec lequel j'ai gagné en 2010 à Kitzbühel et un autre avec lequel je n'ai encore jamais gagné. On a finalement opté pour la 2e solution.

A l'arrivée, quel a été votre sentiment ?

Je savais que mon temps n'était pas mauvais. Mais bon, il n'y avait pas de chrono sur le tableau lumineux... C'est la gabegie.