Ski alpin - Finales

17 mars 2011 16:07; Act: 17.03.2011 16:54 Print

Ansermoz «En Suisse, on a peur de mal faire»

par J.-Ph. Pressl-Wenger, Lenzerheide - Hugues Ansermoz a repris les rênes de l'équipe canadienne au début de cette saison. Il s'est prêté au jeu de l'interview.

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Hugues Ansermoz a répondu aux questions de «20 minutes». (Photo: Keystone)

Une faute?

Hugues Ansermoz, comment vivez-vous votre retour au Canada?

Le point positif, c'est que j'ai été beaucoup plus tranquille cette année que lorsque j'étais à Swiss-Ski! J'apprécie d'avoir moins de pression. Par contre, il y a moins de sécurité. On ne sait pas encore avec quels moyens on va débuter la saison prochaine.

Être à la tête d'un groupe à reconstruire vous motive-t-il?

Avec les jeunes, il y a beaucoup moins de problèmes. En Suisse, j'avais beaucoup aimé passer les semaines d'entraînement avec les équipes C où il n'y a pas de caprices de stars.

Qu'est-ce qui fait la différence au niveau de l'état d'esprit entre les athlètes des deux pays?

Les filles se posent beaucoup moins de questions au Canada. La peur de mal faire en Suisse est beaucoup plus grande qu'ici.

Grand, Bonjour, Camastral, vos anciennes skieuses ont arrêté leur carrière en critiquant la Fédération dans la presse...

Personne n'a tout juste ou tout faux. Ces filles ont eu leur chance, elles ne l'ont pas saisie. Finalement c'est peut-être une bonne chose pour l'équipe de Suisse que cette génération arrête.

Ce règlement de comptes dans les médias vous a-t-il choqué?

Oui. Le problème de beaucoup d'athlètes reste de se concentrer d'abord sur sa propre performance avant de mettre la faute sur l'encadrement.

Et comment voyez-vous la suite pour l’équipe de Suisse?

Disons que la perte de Sandra Gini sera difficile à compenser. Elle était capable de toujours skier de manière constante, de façon à offrir une possibilité de comparaison à ses coéquipières. Cela va manquer car ni Denise Feierabend, ni la prometteuse Wendy Holdener n’ont encore les épaules pour cela.

«La culture du sport au Canada me plaît»

Quelles raisons vous ont poussé à accepter le challenge canadien?

La culture du sport au Canada me plaît. Par exemple, au niveau physique, les filles qui se présentent aux portes de l’équipe nationale sont déjà plus en avance que ce que j’ai pu vivre en Suisse. Le système est différent, le sport fait vraiment partie du quotidien pour tout le monde. Les écoles proposent des bourses aux sportifs, le sport est institutionnalisé. Ce que j’avais vécu quand j’avais entraîné de 1997 à 2006 m’a aussi convaincu

Êtes-vous devenu un peu canadien vous-même?

Même si la Suisse reste mon pays, de reprendre du service pour l’équipe à la feuille d’érable représentait presque un retour à la maison! La décontraction des gens en général et des athlètes en particulier me plaît aussi.

Y a-t-il, à l’image de la Suisse, un clivage linguistique problématique au Canada?

C’est vrai que la majorité des filles de l’équipe sont québécoises alors que le centre d’entraînement et les meilleures conditions d’enneigement se trouvent dans la région de Calgary, dans les Rocheuses. Mais même si j’apprécie de pouvoir communiquer en français, mener une discussion en anglais ne me dérange pas.