Slalom géant

21 décembre 2008 11:26; Act: 21.12.2008 17:13 Print

Daniel Albrecht vainqueur à Alta Badia

Daniel Albrecht a refait parler la poudre. Victime d'un méchant coup de barre depuis début décembre, le Valaisan a subitement repiqué du vif. Résultat: victoire en géant à Alta Badia (It).

Une faute?

C'est plus que jamais un Daniel Albrecht en version «Dr Jekyll Mr Hyde» qui sévit sur le Cirque blanc cet hiver. Côté lumineux, cela avait donné une victoire en géant à Sölden en ouverture de saison et des résultats très prometteurs en vitesse à Lake Louise. S'en était suivi un chapitre sombre avec notamment trois éliminations de suite entre Beaver Creek et Val d'Isère.

«Je sors de semaines difficiles. Après mon début de saison, tout le monde s'attendait à ce que je continue sur ce rythme. Mais cela ne s'est pas passé comme prévu», a reconnu le Valaisan. «Malgré tout, je n'ai jamais paniqué. J'ai essayé de me refocaliser sur mon ski. C'est pour ça que j'ai renoncé samedi à la descente de Val Gardena. J'ai repris confiance à coup de manches d'entraînement, et cela a payé puisque me revoici au top.»


Dix ans après MvG

Pour renouer avec le succès (le 4e de sa carrière), Albrecht pouvait difficilement mieux choisir. A l'instar d'Adelboden, le site d'Alta Badia est estampillé «sanctuaire du géant». Le coureur de Fiesch s'en est ému: «J'ai énormément de respect pour cette piste. Elle est si difficile et si mythique. Une victoire ici signifie beaucoup pour moi.»

Non content de s'imposer et de s'emparer du dossard rouge de no 1 dans la discipline, Albrecht a joué les dépoussiéreurs de palmarès. Depuis Michael von Grünigen en 1998, plus aucun Suisse n'avait été sacré sur la «Gran Risa».


Cuche relativise

Didier Cuche aurait aussi voulu tenir ce rôle. Et d'autant plus après avoir signé le meilleur chrono de la première manche. Las pour lui, le Neuchâtelois a retrogradé au cinquième rang final. «La piste n'a pas tenu l'après-midi et je n'ai pas pu reproduire le même ski en deuxième manche», a-t-il expliqué. Avant d'ajouter: «Je ressens un petit goût amer. Je sais que je vais revenir seulement deux ou trois fois ici avant de prendre ma retraite. Cette année, c'était vraiment l'occasion de gagner.»

Comme de plus en plus souvent, le Neuchâtelois a finalement pris le parti de relativiser: «La chose la plus importante est de rester en santé. J'ai vu samedi Matthias Lanzinger (réd: le skieur autrichien amputé de la jambe gauche depuis une chute à Kvitfjell l'hiver dernier). Cela m'a fait une boule au ventre. Du coup, on oublie tous ses petits chagrins.»


Descente à oublier

La veille en descente à Val Gardena, Cuche avait dû aussi s'armer de sagesse après une décevante 12e place. «Les conditions étaient spéciales (réd: vent, neige fraîche sur la piste). Même si je n'explique pas comment j'ai perdu autant de temps, je n'ai qu'à accepter. J'avais déjà été pénalisé par la météo à Lake Louise. J'espère simplement que la chance va finir par tourner», avait-il alors commenté après avoir concédé près de deux secondes sur le vainqueur Michael Walchhofer.

Didier Défago encore plus largué (27e) lors de cette descente, c'est Ambrosi Hoffmann qui a vaguement sauvé les apparences samedi. Pas de quoi toutefois satisfaire le Grison: «Etre le meilleur Suisse du jour ne change rien pour moi. Mon résultat me déçoit, et notamment parce que je n'arrive pas à trouver les bons réglages avec mon matériel.»


Walchhofer, un an après

Si cette descente est à oublier pour la Suisse, elle ne l'est pas pour l'Autriche. Le pays du ski roi attendait une victoire dans l'épreuve reine depuis pile une année et le succès de ce même Michael Walchhofer sur cette même Saslong.

«C'est assurément une de mes plus belles victoires. Car aujourd'hui, je ne courais pas que pour moi, mais aussi pour l'Autriche», a déclaré le coureur de 33 ans, qui avait hésité à prendre sa retraite ce printemps. «Au pays, tout le monde voulait savoir pourquoi nous ne gagnions plus en descente. J'espère avoir pu remettre notre équipe sur de bons rails.»

Slalom géant d'Alta Badia:

1. Daniel Albrecht (S) 2'32''71
2. Ivica Kostelic (Cro) à 0''12
3. Hannes Reichelt (Aut) à 0''33
4. Ted Ligety (EU) à 0''45
5. Didier Cuche (S) à 0''49
6. Jean- Baptiste Grange (Fr) à 0''52
7. Benjamin Raich (Aut) à 0''57
8. Aksel Lund Svindal (No) et Massimiliano Blardone (It) à 0''77
10. Thomas Fanara (Fr) à 0''97
11. Marcus Sandell (Fi) à 1''12
12. Marcel Hirscher (Aut) à 1''13
13. Cyprien Richard (Fr) à 1''22
14. Didier Défago (S) à 1''41
15. Carlo Janka (S) à 1''44
16. Peter Fill (It) à 1''54
17. Kjetil Jansrud (No) à 1''55
18. Manfred Mölgg (It) à 1''75
19. Romed Baumann (Aut) à 1''81
20. Joël Chenal (Fr) à 2''01
21. Thomas Mermillod Blondin (Fr) à 2''06
22. Marc Berthod (S) à 2''16
23. Philipp Schörghofer (Aut) à 2''60
24. Jake Zamansky (EU) à 2''64
25. Gauthier de Tessières (Fr) à 2''68
26. Jean-Philippe Roy (Can) à 2''92

(ats)