Ski freeride

10 décembre 2019 19:58; Act: 10.12.2019 20:50 Print

Heitz: «Comme La Liste, mais en bien plus difficile»

par Oliver Dufour - Le Valaisan de 30 ans sort mardi la bande annonce de son prochain film, une suite de son époustouflant «La Liste».

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Après avoir donné sensations fortes et vertiges aux amateurs de ski extrême en dévalant à pleine vitesse quelques-unes des plus majestueuses faces de montagne en Suisse, dans «La Liste» (2016), puis en défiant dans un slalom géant vertigineux l’ancien champion alpin Daron Rahlves, dans «Race the Face» (2018), Jérémie Heitz est de retour pour évoquer son prochain projet. Avec son ami skieur freeride et guide de montagne, le Haut-Valaisan Sam Anthamatten, il dévoile mardi la bande annonce de «La Liste: everything or nothing», une suite évolutive de son premier opus.

Jérémie Heitz, ce nouveau film, de quoi s’agit-il?
C’est une suite logique du premier «La Liste». On avait skié des 4000m avec notre marque de fabrique, en ajoutant la fluidité sur des itinéraires d’alpinisme et on a voulu s’exporter ailleurs que dans les Alpes en allant un peu à l’Himalaya et à la Cordillère Blanche. C'est-à-dire ajouter 2000m d’altitude pour skier des 6000m. Une plongée dans l’inconnue, avec les aspects du voyage, de la haute altitude et des conditions d’enneigement. Il faut prendre beaucoup plus de temps pour gravir ces montagnes et s’acclimater.

Quels ont été les défis?
L’optimisation du temps. On n’était jamais sûrs d’avoir la bonne neige pour pratiquer le genre de ski qu’on espérait. Par exemple pour l’Himalaya, c’est seulement après une certaine période de mousson qu’on pouvait espérer y aller. Ensuite, on a eu affaire à des chaînes de montagnes gigantesques où il n’y a pas d’installations. Ça peut déjà ajouter plusieurs jours d’approche rien que pour accéder au pied de la montagne. Après, ça prend environ trois semaines pour s’acclimater et ne pas souffrir du mal des montagnes, puis on a deux semaines pour grimper jusqu’au sommet et le skier dans de bonnes conditions. Il faut un peu de chance aussi. Et il faut dire qu’on s’est bien entourés, avec Sherpa Cinema, une grosse production canadienne qui a l'habitude de ce genre de défis.

On imagine que pour avoir le bon matériel sur place, organiser les survols en hélicoptère, etc, c'est également plus compliqué...
La logistique pour ramener de belles images n’est en effet pas facile. Par exemple, au Pakistan, notre camp de base était à 4000m et toute l’équipe est logée à la même enseigne. Les cameramen et autres techniciens sont tout aussi importants que les skieurs, alors qu’ils n’ont pas le même niveau de préparation. C’est important de garder tout le monde en bonne forme, ce qui n’est pas simple, que ce soit avec la nourriture locale, les nuits sous tente en altitude, les gros sacs à porter, les caméras et plein de gros disques durs… C’est comme un petit village qui s'installe au pied de la montagne! On voulait encore plus emmener le spectateur avec nous, donc on a une deuxième cordée qui nous suit et qui filme le départ et l’arrivée, pour vraiment donner cette impression d’y être.

Dans «La Liste», Sam Anthamatten était un peu plus en retrait. Là il fait partie intégrante du projet…
Oui, c’est un ami que j’avais rencontré sur les compétitions du Freeride World Tour. Avec lui, l’alchimie est parfaite. Une telle entente ne court pas les rues. On a la même approche pour skier ces montagnes. Il a aussi les capacités physiques et techniques pour grimper, aussi. En venant de l’alpinisme, il m’apporte aussi quelque chose de plus, puisque moi je suis plutôt issu du ski alpin. Il y a un bon mélange qui fait de nous un binôme cohérent.

Au début, aviez-vous dressé une liste idéale de sommets à skier, comme pour le premier film, avant que ça se transforme en autre chose à l’étranger?
Dans ma tête, devant mon ordinateur, le projet était clairement une «Liste 2». On avait sélectionné de belles montagnes qu’on voulait gravir et skier avec Sam. On pensait pouvoir montrer du beau ski, tout en donnant un aperçu de la culture spécifique à chaque région. La liste était beaucoup moins longue que la première - on n'avait pas quinze 6000m - mais on s’est vite rendu compte, dès la première expédition au Pérou, que ça allait être complètement différent. Dans les Alpes, on peut plus ou moins sortir nos skis quand on veut. Là ce n’était pas possible. L’approche de base a été la même, mais en beaucoup plus difficile.

Quand sort ce film?
On s’était donné trois ans pour boucler ce projet et actuellement on a déjà tourné sur deux ans. On a prévu de le sortir dans moins d’un an, l’automne prochain. On ne pouvait de toute façon pas mener plus d’une ou deux expéditions par année.


Ci-dessous, découvrez la toute fraîche bande annone de «La Liste: everything or nothing», dévoilée en ce mardi soir, 10 décembre:


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