Ski alpin

04 février 2019 21:11; Act: 04.02.2019 21:11 Print

Kasper: «Tout est plus facile dans les dictatures»

Le Grison, président de la FIS, a donné une interview pour le moins polémique au «Tages Anzeiger». Morceaux choisis.

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A quelques heurs de l'ouverture des Monidaux d'Åre, Gian Franco Kasper a peut-être déjà donné l'interview la plus retentissante de la manifestation. Les Lara Gut-Behrami et autres Lindsey Vonn devront redoubler d'efforts pour faire plus polémique que celui qui est président de la FIS depuis 1998. A 75 ans, le Grison n'aime pas les environnementalistes et n'hésite pas à le faire savoir dans les colonnes du «Tages Anzeiger» de ce lundi. Croustillant... et un peu flippant à la fois.

«Soi-disant changement climatique»

Questionné sur l'impact écologique de la neige artificielle et donc du ski alpin, Gian Franco Kasper ne prend guère ces critiques au sérieux. «Pas du tout, même. Toutes ces discussions sur la neige artificielle ou le gaspillage d'eau ne s'arrêtent jamais bien qu'aucune goutte d'eau ne soit gaspillée. L'énergie que cela demande, c'est autre chose. Mais en terme de perte d'eau, c'est pareil lorsque vous arrosez le jardin. Et puis il y a ce soi-disant changement climatique... Il n'y a aucune preuve. Nous avons de la neige, parfois beaucoup.»

Le président de la FIS s'est souvenu des derniers Jeux olympiques à Pyeongchang lors desquels la température avoisinait les -30 degrés. Une preuve selon lui de la vacuité de ces discussions. «A toutes les personnes qui venaient vers mois en grelottant, je leur disais: bienvenu dans le réchauffement planétaire. Il y a toujours eu des hivers chauds et d'autres froids.»

«Bien d'autres bêtises»

Quant à savoir si le ski alpin ne représentait pas une aberration écologique, le natif de Saint-Moritz répond par une pirouette: «Les hommes font bien d'autres bêtises que de profiter de la nature en skiant.» Concernant l'attribution des prochains JO d'hiver en Chine, Gian Franco Kasper ne voit pas franchement de problèmes. «Les dictateurs peuvent en effet organiser de telles manifestations sans demander la permission au peuple. Pour nous, tout est plus facile dans les dictatures. D'un point de vue commercial, je ne me rendrais plus que dans des dictatures. Ainsi je n'aurais pas à me bagarrer avec des défenseurs de l'environnement.»

Il place tout de même ligne à ne pas franchir. «Je ne ne veux pas me rendre dans un pays qui investit dans le ski tout en laissant son peuple mourir de faim. Si le Qatar demande les Jeux olympiques, je n'y serais pas favorable.» Quant à savoir s'il a donc plus de scrupules que les footballeurs, handballeurs et cyclistes qui vont tous y disputer des championnats du monde, Kasper ne répond que de manière lacunaire. «Je ne m'occuper pas de politique. Il y a trop de sable sur la neige.»

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(nxp)