Ski alpin - Finales

19 mars 2011 17:38; Act: 19.03.2011 18:00 Print

La fin de parcours d’un chef en or massif

par Jean-Philippe Pressl-Wenger, Lenzerheide - Après sept ans au service de Swiss-Ski, Martin Rufener quitte la Fédération au terme de la saison. L’entraîneur en chef des messieurs revient sur son travail et ses accomplissements.

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Après sept ans au service de Swiss-Ski, Martin Rufener quitte la Fédération au terme de la saison. (Photo: Keystone)

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A mi-saison, ne sentant plus soutenu par ses dirigeants, le Bernois de 52 ans avait décidé de quitter son poste au bout de l’hiver. Il dirigera dès ce printemps l’entreprise d’aviation Swiss Jet.

«Durant mes années à Swiss-Ski, j’ai vécu beaucoup de bons moments et je m’en vais avec un sentiment positif, a rappelé l’entraîneur oberlandais. Je suis content d’avoir souvent pu bénéficier du soutien des médias. Et si je devais garder un moment spécial, ce serait celui des Jeux de Vancouver et des médailles d’or de Didier Défago en descente et de Carlo Janka en géant.»

Un palmarès exceptionnel

Le palmarès du technicien bernois est en tout point impressionnant. Après la débâcle des Mondiaux de Bormio en 2005 (aucune médaille), ses choix ont commencé à payer. Au final, les athlètes suisses ont raflé 12 médailles en trois Championnats du monde (dont 3 titres) et sept globes de cristal (dont 6 pour Cuche). Rufener a notamment été un des artisans de l’éclosion de Daniel Albrecht, Marc Berthod ou encore Carlo Janka. Perfectionniste, il a confessé un sel regret. «Beaucoup d’athlètes avaient le talent pour percer et n’y sont pas parvenu. Ils n’ont pas atteint les objectifs que je leur avais fixé. Avec cela, je ne peux pas être satisfait, mais ça fait partie du métier.»

Sur les trois dernières saisons, Rufener a œuvré pour construire une base solide en vue des Jeux de Sotchi en 2014, principalement avec les jeunes en Coupe d’Europe (Schmidiger, Murisier). D’autre part, les très jeunes skieurs, encore en formation, possèdent déjà un très bon niveau technique.

Inglin prend la relève

Toujours disponible et rarement avare d’un bon mot, Martin Rufener va forcément laisser un vide dans le petit monde du ski de compétition. «J’ai essayé d’atteindre la perfection, même si je sais que la possibilité de faire mieux existe toujours, a humblement résumé le Bernois. J’ai beaucoup appris, notamment en ce qui concerne le management de crise, la gestion des situations délicates.»

Il s’agira pour son successeur, le Schwytzois Osi Inglin, de continuer à faire fructifier l’héritage en or massif laissé par Rufener. Sur la défensive, le prochain chef alpin des messieurs, présent lors de ces finales de Lenzerheide, a refusé de s’exprimer…

(jpw)