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08 février 2019 09:12; Act: 08.02.2019 09:12 Print

Le super-talent Scherrer peut-il encore s'élever?

par Oliver Dufour - Le snowboarder saint-gallois de 24 ans s'apprête à disputer vendredi les championnats du monde de half-pipe. Il estime avoir percé le plafond de ses limites.

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Pour Pepe Regazzi, entraîneur en chef des snowboarders suisses, Jan Scherrer est un véritable «super-talent sur le plan physique et athlétique. Peut-être même le meilleur de tous» ses coéquipiers. Talent précoce qui avait disputé sa première épreuve de Coupe du monde en 2009 à l'âge de 15 ans, le Saint-Gallois s'est établi depuis plusieurs saisons parmi les trois plus réguliers et plus performants spécialistes helvétiques du half-pipe, aux côtés d'Iouri Podladtchikov et de Pat Burgener.

Jusqu'ici, s'il parvenait le plus souvent à se qualifier pour les finales des épreuves de Coupe du monde, Scherrer avait plutôt l'habitude de se tenir en retrait, de se contenter des places d'honneur, sans exploiter l'intégralité de son exceptionnel potentiel. Et puis, juste avant Noël dernier, à Secret Garden, sur le site des futurs Jeux olympiques de Pékin en 2022, un gros déclic s'est produit. Le funambule du Toggenburg a remporté sa première victoire en Coupe du monde. Certes, les meilleurs riders du monde que sont l'Australien Scotty James et le Japonais Ayumu Hirano étaient absents et son compatriote «I-Pod» a chuté. Mais ce jour-là, Jan Scherrer a vécu une prise de conscience.

«Je n'ai pas de limites»

«Beaucoup de choses ont changé dans ma tête, affirme-t-il. Au printemps dernier, j'ai traversé une sorte de trou de motivation en sortant des Jeux olympiques (ndlr: où il avait fini 9e). J'avais besoin de rider pour moi. De me faire davantage plaisir. Et mon niveau en est sorti amélioré.» Le snowboarder saint-gallois a commencé a en ressentir les bénéfices à l'occasion de camps d'entraînement à Saas-Fee (VS) et en Autriche, avant que ceux-ci ne se matérialisent sous la forme de cette victoire en Chine.

«J'ai ainsi découvert que mes limites étaient beaucoup plus élevées que je ne le pensais.» Où se situent-elles, alors? «En fait je devrais plutôt dire que je n'ai pas de limites. Penser que tu en as, c'est le truc le plus bête que tu puisses penser. Je ne peux pas juste appuyer sur un bouton, mais je peux désormais atteindre beaucoup plus de choses. J'ai moins peur de certaines figures, aussi. Maintenant, je vise le podium lors de chaque compétition. Je ne suis pas encore à un niveau où j'y arrive à chaque fois, mais c'est un but à atteindre.»

Deux semaines pour travailler à fond

A Laax, voici près d'un mois, les choses n'avaient pas fonctionné comme prévu, malgré une qualification aisée pour la finale nocturne de l'étape grisonne de Coupe du monde. Déçu, Jan Scherrer avait dû se contenter d'une 7e place en adéquation avec ses habitudes. «Avec Pat (ndlr: Burgener) ont avait misé sur une plus grande créativité dans nos runs, mais le jury a plutôt été séduit par l'amplitude comme critère décisif de jugement. C'est dommage, parce qu'on avait vraiment envie d'être sur le podium "à la maison".»

Pas invité aux X-Games à la fin du mois de janvier, le rider saint-gallois en a profité pour s'entraîner intensément en vue de l'épreuve des championnats du monde à Park City (USA), ce vendredi. «Je n'aurais pas souhaité aller aux Games de toute façon. J'avais besoin de cette pause pour préparer les Mondiaux, qui sont un gros objectif. J'ai pris ces deux semaines pour travailler mon amplitude de saut et quelques figures que je n'ai pas encore placées dans mes runs. Pour être sur le podium, je dois au moins ajouter encore une très grosse figure dedans. Le plan est de pouvoir la montrer aux Mondiaux.»

Jan Scherrer parviendra-t-il à élever encore son niveau pour décrocher son premier podium mondial, lui qui reste sur deux 10es places lors des précédentes éditions? Réponse dès 19h, heure Suisse.

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