Géant de Val d'Isère

13 décembre 2008 11:30; Act: 13.12.2008 18:17 Print

Première victoire pour Carlo Janka

Quatrième après la première manche, le jeune skieur suisse a fêté la première victoire de sa carrière. Il devance l’Italien Massimiliano Blardone et le Français Gauthier De Tessière.

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Carlo Janka a donné un nouveau coup d'accélérateur à sa carrière. A 22 ans et pour ce qui était seulement sa 30e course de Coupe du monde, le Grison a enlevé le géant de Val d'Isère (Fr). Une grande première qui n'a pas ému plus que ça le placide Janka, surnommé «Ice Man» dans l'équipe de Suisse.

Ce flegme, ajouté à une technique irréprochable, s'est révélé être le meilleur des atouts lors d'une course chaotique: piste qui lâche en deuxième manche, visibilité en clair-obscur et tracé hyper sélectif (36 éliminations). Nombre de concurrents expérimentés et reconnus y ont perdu tous leurs moyens. Mais pas le calme Janka.

«Après mon quatrième temps du matin, j'aurais été content avec une place dans les 10. Je me suis donc élancé sans pression», a commenté le skieur d'Obersaxen. «Ensuite, c'est une combinaison d'éléments qui explique mon succès. Cela va d'un matériel performant à une pente qui convient à mon style.»

Brûleur d'étapes

Le taiseux Janka n'en dira pas beaucoup plus. Son terrain d'expression à lui, c'est les courses de ski. Un domaine dans lequel le Grison fait preuve d'une étonnante précocité: premier top 20 lors de sa troisième course de Coupe du monde, premier top 10 à la 16e, premier podium à la 24e (2e de la descente de Lake Louise fin novembre) et, finalement, premier succès pour sa 30e sortie.

Prochaine étape ? Assurément les Mondiaux en février, toujours à Val d'Isère. «Je me sens vraiment bien sur cette piste raide. C'est également ici que j'avais signé ma première grosse performance (réd: 8e du super-combiné en février dernier)», a rappelé Janka.

«C'est notre Ice Man»

Quoiqu'il en soit, même une médaille d'or autour du cou, il n'est pas sûr que Janka ne se défasse de son impassibilité. Avec son petit sourire en coin pendant l'hymne suisse, le Grison n'aura fait ni dans les bras au ciel, ni dans les larmes de bonheur après son premier triomphe.

«C'est notre Ice Man», a lâché Didier Cuche. «Aujourd'hui, il lève à peine un doigt quand il finit 4e de la première manche malgré son dossard 22. Et ensuite, sur le podium, on a presque l'impression qu'il s'excuse d'avoir gagné. Au moins, on ne peut pas dire qu'il se la pète!»

Cuche en rouge

Cuche n'a pas non plus fait de fanfaronnades après son géant. Le Neuchâtelois aurait pourtant eu de quoi. Grâce à sa cinquième place, il s'empare de la tête du classement de la discipline. «C'est une surprise pour moi, car ce n'est pas le classement dans lequel je pensais le mieux figurer», a commenté le double détenteur du globe de descente. «Je vais maintenant essayer d'être digne de ce dossard rouge pour le conserver le plus longtemps possible.»

Au classement général, tant Cuche (5e à 154 points) que Janka (3e à 104) restent au contact du leader Aksel Lund Svindal, quatrième du géant samedi. «Ce n'est vraiment pas mon objectif principal», a toutefois modéré Janka. «Si je me sens fort en géant, les disciplines de vitesse ne sont pas encore au point. Quant au slalom, il reste un gros travail à faire.»

A propos de ce classement général, on peut souligner que le Grison avait écrit sur son blog en début de saison qu'il espérait passer la barre des 150 points au printemps. Objectif explosé à la mi-décembre, Janka ayant déjà accumulé 291 unités.

Deux heureux, trois déçus

Dans la «Dream Team» des géantistes suisses, on attendait encore Didier Défago, Marc Berthod et Daniel Albrecht. Les deux premiers ont réussi leur manche initiale (11e et 6e), avant de flancher comme beaucoup d'autres l'après-midi (22e rang final et élimination). Quant à Albrecht, vainqueur du géant inaugural de Sölden, il continue de traverser une période délicate. Le Valaisan a pris la 15e place, lui qui restait sur trois sorties de piste.

(ats)