Ski alpin

16 février 2019 17:51; Act: 16.02.2019 18:08 Print

Shiffrin: «Je suffoquais en permanence»

par Florian Muller, Are - Championne du monde de slalom pour la quatrième fois consécutive, l'Américaine a souffert mille maux pour arriver à ses fins.

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Mikaela Shiffrin a terminé son slalom complètement exténuée. (Photo: AFP)

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Écroulée dans l'aire d'arrivée, le souffle coupé, le visage prostré, les membres lessivés: à croire que Mikaela Shiffrin venait de se faire passer à tabac. Mais non, elle était championne du monde de slalom. Grippée, elle a dû aller chercher au plus profond de ses tripes pour survoler la deuxième manche, après un premier tracé loin de ses standards – seulement le troisième temps. Une réaction de championne, brillante dans l'adversité, exemplaire dans l'abnégation.

Mikaela Shiffrin, vous avez tout donné pour décrocher ce titre mondial?

J'ai vraiment dû y aller fort. Entre les deux manches, je ne savais pas si j'avais encore de l'énergie à donner. Je doutais de moi, je ne savais pas si j'arriverais. Heureusement mon entourage était là, il m'a redonné confiance en moi. Il fallait juste que je fasse le boulot pendant ces 60 secondes.

Vous semblez particulièrement éreintée après cette course.

C'est difficile de respirer, je tousse beaucoup. J'ai vraiment tout donné, je ne me souviens de rien de ma course, si ce n'est de pousser à chaque virage pour créer de l'énergie. En arrivant en bas, je n'arrivais plus du tout à respirer, j'essayais de me relever mais je n'y arrivais pas. Il y a beaucoup d'émotions, et je ne sais pas pourquoi je pleure autant. C'est un jour vraiment très spécial.

Votre voix est enrouée, de quoi souffrez-vous ?

J'ai une sorte d'infection pulmonaire. J'ai de la toux et de la peine à respirer. C'est difficile à expliquer, mais j'ai de la peine à faire rentrer de l'air dans mon corps, comme si je suffoquais en permanence.

Est-ce que ce mal a entravé votre performance?

Non, je ne dirais pas ça. Au contraire, c'est comme si ma maladie m'avait rendue moins nerveuse. Comme si elle m'avait divertie de l'enjeu. De toute façon la journée parfaite n'existe pas. Aujourd'hui, j'ai livré une des meilleures performances de ma carrière sur la deuxième manche, parce que je n'ai pensé qu'à attaquer chaque seconde.

Quel moment retiendrez-vous de ces Mondiaux?

On a ce petit appartement près du lac, très cosy. Tous les soirs, j'ai très bien dormi. Certains matins au petit déjeuner, le soleil se levait et il avait un sentiment de plénitude. Je n'avais jamais eu cette sensation lors de grandes compétitions jusque-là. J'étais juste heureuse d'être là, sans pression. C'est de ce sentiment dont je vais me souvenir.

Quelle est la suite de votre programme?

Je vais me dépêcher de faire mes bagages, parce qu'il y a le City Event de Stockholm mardi. Ça ne laisse pas beaucoup de temps pour me reposer.

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(nxp)