Mondiaux de Garmisch

20 février 2011 15:14; Act: 20.02.2011 15:21 Print

Swiss-Ski refuse de tout voir en noir

Même si la Fédération juge «très décevante» sa campagne de Garmisch (All), elle refuse de dramatiser.

Une faute?

Swiss-Ski fait contre mauvaise fortune bon coeur.

En matière de médailles, la situation est pourtant claire: l'échec est total. Les Suisses étaient montés à six reprises sur le podium à Are (Su) en 2007 et autant de fois à Val d'Isère (Fr) en 2009. En Bavière, seul Didier Cuche a connu cet honneur (argent en descente).

Derrière le fiasco des médailles se cache toutefois une réalité indéniable, le manque total de réussite des Suisses à Garmisch. «Rien que dans l'équipe féminine, nous aurions pu rentrer avec trois médailles de bronze», a relevé l'entraîneur des dames Mauro Pini. «La différence entre une 3e et une 4e place ne tient qu'à un fil», a-t-il continué, faisant référence aux médailles en chocolat de Lara Gut (2x) et Dominique Gisin.

Pas un nouveau Bormio

Chez les messieurs, Martin Rufener a rappelé que ses hommes n'avaient pas été épargnés par les pépins physiques. «Cela a commencé cet automne avec Didier Défago. Puis en arrivant à Garmisch, nous avons dû composer avec des athlètes qui n'étaient pas à 100% (Carlo Janka, Patrick Küng)», a-t-il relevé.

Ces aléas du ski alpin étant connus, on peut se demander pourquoi Swiss-Ski s'évertue encore à donner des objectifs en terme de médailles (6 en l'occurrence). «Nous sommes une nation de ski alpin. En Coupe du monde, nous figurons au 2e rang par pays. Nous devons nous fixer des objectifs élevés», s'est défendu Dierk Beisel, le chef du sport de compétition.

Le dirigeant allemand juge ces Mondiaux «très décevants». Mais il refuse de dramatiser et notamment de tirer un parallèle avec Bormio 2005, édition de triste mémoire pour la Suisse (0 médaille). «Cela n'a rien à voir. Cet hiver nous sommes dans le coup en Coupe du monde. Et à Garmisch, nous sommes très proches des podiums. Ce n'était pas le cas il y a six ans», a-t-il noté.

Trop tendres

Outre le manque de réussite, dirigeants et entraîneurs ont rappelé qu'ils avaient aligné à Garmisch plusieurs coureurs pas encore aguerris à des Mondiaux. «L'expérience a joué un grand rôle. A l'exception d'Anna Fenninger (titrée en super-combiné), tous les podiums se sont joués avec des skieuses qui bénéficient d'une expérience de plus de 10 ans en Coupe du monde», a remarqué Mauro Pini.

Si Lara Gut (19 ans) ne souffre pas de ce déficit d'expérience, des filles comme Wendy Holdener (17 ans) ou Denise Feierabend (21 ans) sont effectivement apparues bien trop tendres à Garmisch. «Je regarde l'avenir avec confiance. Nous sommes tout près des meilleures en vitesse. Et en technique, cela prend du temps à reconstruire. Notre grand objectif est d'être prêts pour les JO de Sotchi en 2014», a détaillé Pini.

Chez les messieurs, les résultats de la nouvelle garde ont aussi été soulignés. «Beat Feuz a terminé 9e de la descente malgré un dossard élevé et Justin Murisier a signé le 3e chrono de la seconde manche en géant (13e au final)», a rappelé Beisel. «Des gars comme Murisier ou Feuz vont monter en puissance pour les prochains Mondiaux. La qualité est là. J'ai confiance en l'avenir», a surenchéri Rufener.

Pini pas menacé

Selon Dierk Beisel, Swiss-Ski va maintenant «analyser pourquoi les objectifs n'ont pas été atteints». Une chose est d'ores et déjà certaine, les entraîneurs ne feront pas les frais du raté de Garmisch.

Martin Rufener avait déjà annoncé son départ pour la fin de la saison. Il sera remplacé par Osi Inglin. Quant à Mauro Pini, il ne subira pas le même sort que le Vaudois Hugues Ansermoz, remercié l'hiver dernier pour être notamment revenu bredouille des JO de Vancouver.

«Les deux cas sont complètement différents. Hugues Ansermoz arrivait à la fin d'un cycle. Avec Mauro, nous construisons une équipe en vue de Sotchi. Il n'est pas question de s'en séparer», a insisté Dierk Beisel.

(ats)