Agressions sexuelles

16 février 2020 12:16; Act: 16.02.2020 12:29 Print

Une ancienne skieuse pro brise le silence

par Patrick Oberli - La française Claudine Emonet raconte comment son entraîneur a abusé d'elle et de ses coéquipières il y a quarante ans.

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Claudine Emonet s'est libérée d'un fardeau qu'elle trimballe depuis 40 ans. (Photo: Facebook (Claudine Emonet))

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Les agressions sexuelles dans le sport sont un fléau dont on ne mesure pas encore l'ampleur réelle. Depuis que la patineuse Sarah Abitbol a brisé le silence, fin janvier, les témoignages accablants se succèdent et laissent sans voix. Dimanche, c'est l'ex-skieuse Claudine Emonet, 58 ans, qui a rassemblé son courage pour évoquer ce qu'elle a vécu à la fin des années septante. Un témoignage révoltant partagé sur sa page Facebook et avec «Le Parisien» et «Ski Chrono», pour «se libérer d'un fardeau que je me trimballe depuis près de 40 ans. () J'y pense depuis très longtemps, mais les sentiments de honte et de culpabilité sont si tenaces. Alors on vit avec, on essaie d'enfouir ces odieux souvenirs, mais régulièrement ils refont surface»

«Un droit de cuissage»

L'ancienne descendeuse – deux podiums de Coupe du monde – raconte qu'elle a été agressée sexuellement par son entraîneur, comme plusieurs de ses coéquipières de l'équipe de France, certaines mineures. Elle explique à «Ski Chrono» que l'homme – qu'elle ne veut pas nommer car les faits sont prescrits – se vantait «en plaisantant », d'avoir un «droit de cuissage», et se comportait en «gourou manipulateur», «brimant et maltraitant psychologiquement quand ses assauts étaient repoussés». Il parvenait à ses fins en «organisant les déplacements, et emmener sa victime seule dans son véhicule. C'est ainsi que les agressions commençaient Même en utilisant différents stratagèmes pour repousser les attouchements, la sidération, l'emprise, fait qu'on les subit, l'esprit d'un côté, le corps de l'autre Ni consentantes, ni amoureuses de cet individu, que personne ne s'y méprenne!»

«Le ski n'est pas épargné»

L'ex-championne réfute tout courage dans sa démarche, mais explique parler «pour libérer la parole des autres. Le ski n'est pas épargné et il n'y a pas de raison qu'il le soit. Peut-être que le monde du ski a peur d'être éclaboussé. Mais c'est un fléau, il faut le combattre. Il faut que cela serve pour les autres».

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(nxp)