Fond à Davos

11 décembre 2011 16:40; Act: 11.12.2011 17:28 Print

Van der Graaff fait mieux que Cologna

La Grisonne Laurien van der Graaff a brillé lors de l'épreuve Coupe du monde de sprint chez elle à Davos, tandis que Dario Cologna a été éliminé en demi-finales.

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Une 5e place reste un excellent résultat pour Laurien van der Graaff. (Photo: Keystone)

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Contre toute attente, le meilleur résultat suisse de l'étape de Coupe du monde de fond à Davos ce week-end n'est pas venu du clan masculin autour de Dario Cologna, mais de la Grisonne Laurien Van der Graaff. Cette spécialiste des courtes distances, qui éclate à l'âge de 24 ans, a pris la 5e place du sprint en skating une semaine après son podium historique à Düsseldorf.

Van der Graaff fait une irruption soudaine parmi le gratin du sprint mondial. Personne ne l'attendait aussi bien classée à Davos, pas même elle-même. «Davos ne m'avait jamais bien convenu jusqu'à présent. Mon but était simplement de franchir les qualifications (top 30). J'ai montré aujourd'hui que je pouvais également rivaliser sur les parcours exigeants comme celui-ci.»

Très tonique et véloce, supportant parfaitement les violentes montées d'acide lactique qu'occasionne la répétition des efforts sur le sprint (4 x 1,5 km du prologue à la finale), Van der Graaff a conquis sa place en finale au prix d'une remarquable dernière ligne droite qui lui a permis d'évincer au temps la Norvégienne Marit Björgen (7e). Celle-ci, victorieuse samedi du 15 km, devra donc attendre un peu avant de fêter un 50e succès en Coupe du monde. En finale, Van der Graaff n'a pas pu se mêler à la lutte pour le podium - victoire de l'Américaine Kikkan Randall - mais elle quittait le stade avec la reconnaissance du public.

Fille de parents néerlandais qui se sont établis à Davos alors qu'elle avait quatre ans, Laurien Van der Graaff représente l'avenir du fond féminin helvétique, anémique ces dernières années. La Suisse n'avait plus eu de fondeuse à son niveau en Coupe du monde depuis... Evi Kratzer il y a 25 ans. Ironie de l'histoire, Van der Graaff avait été évincée des cadres de Swiss-Ski en 2006, son potentiel étant jugé insuffisant. Elle s'entraîne désormais dans une structure privée sous la conduite de Christoph Schmid, un Grison venu de l'athlétisme qui fut le coach du champion du monde du 800 m André Bucher.

Cologna se rebiffe

Dario Cologna s'est bien repris sur le sprint dominical remporté par le Russe Alexey Petukhov, 24 heures après sa déconvenue sur 30 km (23e) pour lequel le Grison n'avait pas chaussé les bons skis. Il s'est classé 7e, manquant la finale d'un souffle. «J'ai prouvé que la forme est là. Ce résultat obtenu au lendemain de mes efforts du 30 km me donne confiance à l'approche du Tour de Ski». En effet, Cologna n'a été devancé que par de purs sprinters... hormis l'incroyable et polyvalent Petter Northug.

Grand homme du week-end, le Norvégien, à l'énergie et mu par l'orgueil du champion, a arraché sa place en finale (5e), après avoir remporté haut la main la veille le 30 km. Northug a désormais fait le trou par rapport à Cologna au général de la Coupe du monde et se profile comme le grand favori du Tour de Ski, épreuve qu'il n'a jamais gagnée.

Pour les Helvètes, et en dépit de la performance de Van der Graaff, le bilan des quatre courses du week-end est nettement inférieur aux attentes. La faute à de mauvais choix de matériel lors du 30 km (Cologna 23e à 2'41, Toni Livers 24e, Curdin Perl 37e et Remo Fischer 38e), ajoutés à une forme du jour incertaine.

Cologna s'est refusé à incriminer qui que ce soit mais on le sentait assez remonté: «Le matériel prend une importance croissante. Et quand on voit que les Norvégiens peuvent s'appuyer sur une trentaine de techniciens, et nous seulement cinq ou six... Le fait que tous les Suisses soyons à ce point largués montre que quelque chose ne jouait pas à ce niveau-là. J'étais peut-être aussi encore un peu affaibli après mon refroidissement.»

(ats)